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La France et l'Angleterre veulent examiner les données
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Les autorités françaises et britanniques ont demandé à Google (GOOG 699.97 -0.09%) de lui fournir «pour examen» des données collectées par son très controversé service Street View, que le géant technologique américain affirme avoir récemment redécouvertes mais qu’il s’était engagé à détruire.
Collectes accidentelles
Lancé en 2007, Street View fournit des vues panoramiques en trois dimensions des rues, permettant aux usagers de s’y déplacer virtuellement, mais ce service a déclenché en 2009 et 2010 une série de polémiques dans plusieurs pays.
Google avait reconnu en 2010 que les voitures sillonnant pour son compte les rues avaient, en sus des photos prises, collecté par inadvertance des données personnelles transmises par wi-fi. Des procédures avaient été engagées dans plusieurs pays pour que le groupe détruise ces données.
Vendredi dernier, Google a écrit à une dizaine de pays, principalement européens, pour les prévenir que lors d’une «inspection» de disques durs du service Street View, il s’était aperçu être encore en possession «d’une petite partie des données» collectées, selon le courrier adressé à l’autorité de protection des données britanniques (ICO), et rendu public par cette dernière.
Examiner les données
«Google a l’intention d’effacer le contenu des disques que nous avons localisés. Si vous souhaitez que Google procède autrement, nous vous remercions de nous en informer avant le 3 septembre prochain», a précisé le géant américain dans sa lettre à l’autorité française, la Cnil.
Dans une déclaration à l’AFP mardi, un porte-parole de Google a indiqué que le groupe «présentait toutes ses excuses pour cette erreur» et qu’il «souhaiterait à présent effacer les données restantes.»
Mais la Commission française de l’informatique et des libertés tout comme son homologue britannique ont demandé à «examiner» ces données avant leur éventuelle destruction.
La Cnil demande également au géant américain de «mettre à sa disposition les données en question et de les conserver de manière sécurisée le temps de pouvoir mener toutes les investigations nécessaires.» Elle précise vouloir «investiguer le périmètre exact des données concernées, avant d’en tirer d’éventuelles conséquences.»
Données à scandale
«Ces données étaient censées avoir été détruites en décembre 2010. Le fait qu’une partie de ces informations existent encore semble enfreindre l’engagement signé auprès de l’ICO par Google en novembre 2010», souligne de son côté l’autorité britannique dans un communiqué publié sur son site. «Google doit fournir immédiatement ces données, afin que nous puissions les soumettre à une examen légal avant de décider des suites à donner», renchérit-elle.
Google n’a pas souhaité détailler la liste des pays contactés pour les informer qu’il détenait encore ces données. Selon des sources proches du dossier, France, Grande-Bretagne, Irlande, Belgique, Pays-Bas, Norvège, Suède, Finlande, Suisse, Autriche et Australie seraient concernés.
La Cnil rappelle que des contrôles opérés en 2009 et 2010 avaient permis de constater que les «Google Cars» collectaient des données (identifiants, mots de passe, échanges de courriels...) sur les réseaux wi-fi à l’insu des personnes concernées.
Ces «manquements» avaient conduit l’autorité française à infliger en mars 2011 à Google une amende record de 100'000 euros. A la suite de cette décision, et ayant reconnu avoir collecté des données «par erreur», le groupe avait fait savoir en juin 2011 à la Cnil qu’elle «procédait à la destruction des données collectées illégalement», rappelle la commission. (afp/Newsnet)
Créé: 31.07.2012, 19h53
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