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Controverse

Un internet sans pub est faisable en Suisse

Par Simon Koch. Mis à jour le 07.01.2013 7 Commentaires

Le blocage de la publicité est-il une bénédiction ou un autogoal pour les internautes? En France, il n’a duré que quatre jours. Un filtrage semblable serait réalisable en Suisse. Explications.

Pour les défenseurs des libertés numériques, bloquer une publicité équivaut à censurer un contenu. Ils redoutent que ce filtrage n'ouvre la porte à d'autres censures.

Pour les défenseurs des libertés numériques, bloquer une publicité équivaut à censurer un contenu. Ils redoutent que ce filtrage n'ouvre la porte à d'autres censures.
Image: archive/Keystone

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Qui n’a jamais pesté contre les publicités parfois intrusives qui mitent certaines pages internet? En France, l’opérateur Free vient de prouver que le Web sans pubs était possible. Loin d’être saluée comme une libération, cette initiative a créé le tollé sur la Toile.

Jeudi dernier Free a introduit par défaut le blocage des publicités à l’occasion de la mise à jour de sa Freebox. L’AdGate (scandale de la pub) était né. Seule une manipulation dans les réglages du routeur permettait d’afficher les annonces.

Face à la mobilisation des sites gratuits qui financent leurs contenus par la pub, et suite au rappel à l’ordre du gouvernement lundi, Free a rétabli lundi l’affichage de la pub. La ministre de l’Economie numérique, Fleur Pellerin, a déclaré que la manière de procéder de l'opérateur «n’était pas acceptable». Et de préciser que ce blocage n’était pas compatible avec sa vision d’un internet libre et ouvert où l’internaute reste maître à bord.

Faisable en Suisse

Swisscom le confirme: en Suisse aussi, un filtrage des publicités en amont est techniquement réalisable. «Mais la mise en œuvre de cette fonction serait coûteuse et la situation juridique est peu claire», précise Carsten Roetz, porte-parole de l’opérateur. En l’état, aucun plan n’est à l’étude pour offrir ce service aux clients.

Et chez Sunrise, on se dit opposé à tout filtrage. «Nous ne voulons pas interférer avec le contenu des informations que cherche le client, expliquer Roger Schaller, porte-parole. C’est à lui de choisir ce qu’il veut voir ou pas, y compris la publicité».

La fausse bonne idée?

Un Web expurgé de pubs est-il une libération ou un autogoal pour l’internaute? S’il est facile d’éviter les pop-ups, il est plus délicat de brider les annonces intégrées dans les pages. Alors si votre opérateur propose ce service, pourquoi s’en priver?

Pour la Fédération romande des consommateurs (FRC), ce débat tord le cou au mythe de la gratuité sur internet. «C’est la publicité qui finance les conditions de la gratuité», rappelle Mathieu Fleury, secrétaire général de la FRC. Et cette publicité est payée par le consommateur, vu que les frais de marketing sont répercutés sur les prix des produits.

La décision unilatérale de l’opérateur chiffonne toutefois la FRC, dans la mesure où elle risquait, à terme, de mettre en péril la création de contenu sur des sites ayant décidé de se financer par la publicité.

La porte ouverte aux dérives

Alexis Roussel, vice-président du Parti pirate suisse condamne sans condition le blocage exercé par Free: «On peut ne pas aimer la publicité, mais filtrer des annonces équivaut pour un opérateur à filtrer un contenu, avec l’établissement de listes noires, etc. C’est la porte ouverte à la censure d’autres contenus».

C’est carrément la neutralité d’internet qui est en jeu lorsqu’un internaute ne voit pas sur son écran ce que l’éditeur d’un site a voulu afficher. «Free a créé un grave précédent, estime Alexis Roussel. C’est à l’individu de choisir s’il veut filtrer des contenus ou de la publicité. En aucun cas cette décision ne devrait revenir à l’opérateur ou à un tiers».

Pour l’instant, la publicité est la source de revenus qui permet d’assurer l’accès gratuit à certains contenus numériques. Sans remise en question de ce modèle, elle est aussi la garantie que le flicage des internautes et la collecte de leurs informations personnelles se poursuivra, afin de pouvoir cibler toujours plus les annonces. «Le prix à payer», diront les uns. «Un chèque en blanc», répondront les autres, face à la perspective peu réjouissante que leurs informations tombent un jour dans de mauvaises mains. (Newsnet)

Créé: 07.01.2013, 16h40

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7 Commentaires

Eric Antonini

07.01.2013, 18:09 Heures
Signaler un abus 10 Recommandation 6

Le web doit rester gratuit et sans publicités. Lorsqu'une personne décide de créer un site web elle doit en assumer entièrement les responsabilités qui en découlent, par conséquent également le financement... Répondre


Françoise Dubied

25.01.2013, 17:52 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Je zappe toujours très rapidement sur les publicités et ne les regarde même pas. Répondre



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