Prévention
Lausanne lance une campagne anti-télé
Par Simon Koch. Mis à jour le 16.01.2012 1 Commentaire
Quelques conseils de la campagne lausannoise
Durant les 3 premières années, un enfant doit être préservé au maximum des écrans. Ça n’est pas parce qu’il regarde la télévision calmement et sans se plaindre qu’il aime cela.
L’enfant apprendre et se développe en jouant, en stimulant ses 5 sens. En regardant la télé, n’apprend ni à parler ni à communiquer.
Une consommation télévisée est considérée comme excessive si elle empiète sur le temps de jeu ou de bricolage, qui est crucial pour le développement des enfants. «C’est avec ses doigts que l’enfant apprend à penser».
Les parents doivent poser des limites qui définissent ce qui peut être regardé et quand. Les plus petits ne devraient pas regarder la télévision sans un adulte avec qui commenter les images.
Infos pratiques
L’exposition «Oup’s la télé», qui mêle travaux d’enfants et explications pour les adultes est visible du 17 janvier au 11 février aux Arches du Grand-Pont, route de Bel-Air, Lausanne.
Le spectacle «Le secret de la télécommande» par le théâtre RIKIKO aura lieu le 25 janvier à 15 h au collège d'Entrebois et le 11 février à 15 h à la maison de quartier sous-gare.
La conférence du psychiatre Serge Tisseron «Quelle cohabitation entre petits enfants et médias» se tiendra le 9 février à 20h à l'aula du collège de Béthusy.
«Appauvrissement du vocabulaire, troubles de l’attention, menace d’hyperactivité, désensibilisation émotionnelle…». Ces mots, Oscar Tosato, conseiller municipal lausannois en charge de l’Enfance, de la jeunesse et de la cohésion sociale ne les utilise pas pour parler des ravages d’une nouvelle drogue, mais des effets indésirables… de la télévision. «Ces risques sont augmentés de manière significative lorsque ce sont de très jeunes enfants, voir des bébés qui y sont exposés abondamment», poursuit le magistrat dans la brochure «Oup’s la télé».
Campagne de prévention
Le fascicule d’une dizaine de pages se propose de sensibiliser les familles lausannoises aux effets des écrans sur le développement des plus jeunes. Il sera distribué aux parents des plus de 4000 enfants de 3 mois à 7 ans accueillis dans les structures d’accueil de la ville. La brochure devrait aussi être mise en ligne cette semaine sur le site officiel de la ville.
Une exposition, des spectacles de marionnettes et une conférence psychiatre français Serge Tisseron viennent compléter cette campagne basée sur le conseil plutôt que sur la diabolisation de la télévision.
L’écran a remplacé la nounou
«Nous constatons que les parents se posent toujours plus de questions sur le sujet et en parlent à nos éducateurs», note Jean-Claude Seiler, chef du service d’accueil de jour de l’enfance à Lausanne. C’est pour les accompagner dans la réflexion que la campagne «Oup’s la télé» a vu le jour.
Dans les lieux d’accueil, il n’est pas rare de voir des enfants qui ont de la peine à se passer de leurs jeux vidéo, ou d’autres mimer des scènes dangereuses vues à la télé ou sur internet. Avec des conséquences parfois funestes. «Un jeune garçon s’est blessé en reproduisant une scène de catch, explique Jean-Claude Seiler. Ce genre de sport est diffusé tard le soir. On voit que les écrans ont remplacé la nounou».
Mais toutes familles ne sont pas conscientes des risques d’addiction liés aux écrans, comme la confusion entre réel et virtuel. «Certaines surexposent leur enfant à l’image, par exemple sur Facebook», poursuit chef de service lausannois. Elles participant de la sorte à la boulimie médiatique qui touche les plus jeunes.
Réfléchir au rôle de parent
Pour François Hentsch, médecin à la Consultation de guidance infantile aux HUG, l’initiative lausannoise fait sens. «Il est bien que les parents réfléchissent à leur rôle et fixent des limites». La consommation télévisuelle ou de jeux vidéo est très souvent abordée lorsqu’un enfant présente un trouble du comportement.
«Pour se construire, un enfant doit être en relation avec l’autre, interagir, souligne le spécialiste. Vous n’obtenez pas la même chose en le mettant devant un simple flux d’image et de son». Et de noter qu’à Genève, les sages-femmes qui prodiguent des soins à domicile après l’accouchement constatent que près de 8 nouveau-nés sur 10 sont tout bonnement parqués devant la télévision. (Newsnet)
Créé: 16.01.2012, 16h56
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1 Commentaire
Je suis d'accord avec cet article, et Oscar Tosato. En effet, l'inactivité et le réflexe machinal d'allumé la télévision, l'envie irrepréssible de chaque personne à vivre une belle histoire à moindre frais, à mon avis, est nuisible au mental de l'homme. Exposé déjà aux ondes et à la pression durant son travail, s'y exposer encore devant des programmes, parfois très stupide, est loin d'être bien. Répondre


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