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«Les Suisses ont aussi droit à l’oubli numérique»
Par Simon Koch. Mis à jour le 16.03.2012
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Contrôler l’image que l’on donne de soi sur internet est devenu un enjeu de taille, notamment au moment de décrocher un travail. En France, 51% des employeurs affirment déjà jeter un œil aux profils des candidats sur les réseaux sociaux.
«Les internautes laissent des traces sur internet, parfois à leur insu. Ces données peuvent rester en ligne indéfiniment et constituer une atteinte à la personnalité, en particulier lorsqu’elles sont sensibles, obsolètes, incomplètes ou présentées hors-contexte», explique Jean Christophe Schwaab. Pour lui, une personne doit pouvoir rester maître de ses données, mais aussi des informations émanant de tiers qui circulent à son propos.
L'UE en avance
L’Union européenne (UE) a pris les devants en la matière, et souhaite instaurer un «droit à l’oubli numérique». Concrètement, les réseaux sociaux seraient obligés de supprimer définitivement les données personnelles, photographies ou autres, des utilisateurs qui le demanderont. Par exemple, lorsqu’une photographie prise au cours d'une fête privée est postée sur Facebook sans le consentement des personnes présentes sur le cliché, et qu’elle pourrait nuire à leur réputation.
«La Suisse ne doit pas rester en retard», explique Jean Christophe Schwaab (PS/VD). Dans son postulat, il demandant aux autorités fédérales de se pencher sur le droit à l’oubli numérique. Pour lui, le Conseil fédéral devrait ancrer ou au moins préciser ce concept dans la législation. «Les Suisses ont aussi droit à l’oubli numérique, et il faut éviter que notre pays ne devienne un paradis pour les réseaux sociaux ou les services internet qui exploitent abusivement les données personnelles.»
Dans le pipeline fédéral
Il faudra s’armer de patience avant de voir bouger les choses en Suisse. Pour l’heure, le Département fédéral de justice et police (DFJP) doit faire des propositions en vue de réviser en 2014 la Loi sur la protection des données. «Le droit à l’oubli numérique est dans le pipeline, mais il n’y a pas de proposition concrète pour l’instant», explique Jean-Philippe Walter, préposé fédéral suppléant à la protection des données et à la transparence «Nous suivons évidemment les évolutions européennes avec grande attention».
Pour lui, si la mise à jour de l’arsenal juridique face aux nouvelles technologies est une priorité, l’introduction d’un droit à l’oubli numérique l’est moins. «Les citoyens sont protégés comme ailleurs par le droit en vigueur, transposé dans le monde virtuel, note le préposé suppléant. Il est plus urgent de développer les mécanismes d’application de ces lois et de renforcer les moyens d’action. En particulier la coopération entre autorités, afin d'amener les fournisseurs de service sur internet à respecter les exigences de protection des données». (Newsnet)
Créé: 16.03.2012, 11h55
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