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Interpellation au Conseil fédéral

Vous reprendrez bien un peu de cake aux vers?

Par Isabelle Chevalley. Mis à jour le 27.01.2014

Notre chroniqueuse Isabelle Chevalley s'étonne de ce que l'Europe figure parmi les rares continents à interdire la consommation d'insectes et vante le mérite de ce qui pourrait être une alternative écologique à la pénurie de viande qui nous guette d'ici 2050.

En Asie, consommer des insectes est courant.

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Image: AFP

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Au niveau mondial, tout le monde consomme des insectes. Sauf l'Europe. La viande est de moins en moins disponible. Or, nous avons besoin de protéines.

Sur le plan écologique, l'argument est incontestable aussi. On peut produire bien plus de protéines d'insectes à l'hectare que de protéines animales. Dix kilos de nourriture donnent 9 kg d'insectes contre seulement 1 kg de boeuf. Ce type d'élevage génère également moins de gaz à effet de serre et consomme moins d'eau. Dès lors, la consommation d'insectes peut devenir une excellente alternative écologique à la nécessaire augmentation de production de protéines.

Préconisé par la FAO

Plusieurs entreprises en Suisse sont intéressées à cette production mais elles sont actuellement bloquées par notre législation. En effet, on peut, dans notre pays, commercialiser des huîtres, des cuisses de grenouilles, des escargots mais pas des insectes. Une ordonnance nous l’empêche.

Voilà une drôlerie administrative alors que la FAO (l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) dit clairement : «l'utilisation d'insectes dans l'alimentation humaine et animale comporte non seulement de nombreux avantages pour la santé mais aussi pour l’environnement, au niveau social et de la subsistance».

De plus, «d'ici à 2030, plus de 9 milliards de personnes devront être nourries, tout comme les milliards d'animaux élevés chaque année», au moment où «la pollution des sols et de l'eau due à la production animale intensive et le surpâturage conduisent à la dégradation des forêts». Du coup, les insectes représentent une vraie alternative, ce d'autant plus que 2 milliards de personnes en consomment déjà régulièrement.

Pas moins ragoûtant qu'une moule

La Suisse n'est pas la seule à interdire cette commercialisation, l'Europe a le même problème. La Belgique a cependant ouvert une brèche en décembre en autorisant la commercialisation de 10 espèces d'insectes. On pourra ainsi commander une assiette d'insectes-frites en lieu et place des traditionnelles moules-frites. En terme d'apparence, permettez-moi de vous dire que l'aspect d'une moule est pour moi moins ragoûtant qu'un petit ver de farine bien grillé.

Le Conseil fédéral doit répondre, d'ici à fin mars, à une interpellation que j'ai déposée pour demander la levée de cette interdiction. Je me réjouis de voir sa réponse car si je peux comprendre que l'on n'ait pas envie de manger des insectes. Moins que l'on interdise leur commercialisation injustifiée du point de vue scientifique.

Verte et libérale, Isabelle Chevalley est aujourd’hui l’une des figures de proue romandes du parti. Conseillère nationale vaudoise, elle préside également Suisse Eole, l’Association suisse pour la promotion de l’énergie éolienne. Députée au Grand Conseil vaudois depuis 2008. Cette femme aux convictions fortes est membre de nombreux comités associatifs et Fondation: StopOGM, Terre et Faune, Ecologie libérale, e-covoiturage, Ecoparc, Protection Suisse des Animaux, Sécurité énergétique. Outre ses nombreux liens avec le monde politique et associatif, Isabelle Chevalley est membre du Conseil d'administration de Crémo.

(Newsnet)

Créé: 27.01.2014, 10h27

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