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Admirer les vieilles pierres de Sion, verre à la main

BALADE | Une balade lève le voile sur les trésors intimes de la «belle endormie», ponctuée d’étapes vineuses et gastronomiques.

© DR | Une manière conviviale de découvrir la capitale valaisanne.

ESTELLE TRISCONI | 06.02.2010 | 00:01

Et si on oubliait Sion le bureaucratique pour le Sion patrimonial? Les pavés piétons qui s’étalent avec générosité au pied de Valère nous y invitent presque inévitablement.

Ne reste plus qu’à choisir entre les flâneries, libres ou guidées, proposées par l’Office du tourisme (OT). La dernière en date est aussi la plus, disons, enivrante. On visite la ville un verre à la main. Au programme de cette «Balade des Divins», mise sur pied en collaboration avec l’Association des encaveurs de Sion: dix crus du terroir local et une série d’anecdotes historiques contées par deux animatrices. A déguster, elles, sans modération.

Amateurs de tirades encyclopédiques, passez votre chemin. «L’idée est d’organiser une visite faisant appel aux cinq sens», explique Jean-Marc Jacquod, directeur de l’OT.

Lever son verre face aux vestiges de thermes romains mis au jour en 1964, la magie opère. Surtout lorsque le nectar en question est issu d’une fabrication à la romaine, et que s’élève au-dessus des têtes l’église Saint-Théodule (V-VIe siècle), le patron des vignerons valaisans…

Visiter et déguster…

D’autres surprises gustatives attendent le visiteur, qui se verra servir au total une entrée, un plat et un dessert. «Rien à voir avec une assiette valaisanne préparée par l’Office du tourisme», sourit Jean-Marc Jacquod. Le menu, qui porte la signature de restaurateurs de la place, se veut aussi fidèle au caractère insolite, sinon historique, de la balade. Petite mise au parfum avec ce hachis parmentier au confit de canard, servi lors d’une des quelques éditions mises sur pied depuis le lancement du concept, en octobre. Mais rien n’est coulé dans le bronze: les saveurs et leur mise en scène varieront au gré des saisons, du nombre d’inscrits, voire de leurs propres envies.

Parenthèse polissonne

Faute de temps, la balade ignore les très emblématiques châteaux de Valère et Tourbillon, situés à vingt et quarante minutes du centre, pour se concentrer sur l’intimité de cette «belle endormie», expression chère à l’architecte cantonal retraité, Bernard Attinger, pour qualifier la ville.

A quelques ruelles des thermes, l’intérieur de la Maison Supersaxo (1505) offre au visiteur une parenthèse polissonne. Avec, en guise d’accueil, des figurines narguant l’ordre religieux. On gardera en mémoire le plafond sculpté de la salle Malacrida, surprenant, dont on raconte qu’il aurait suscité la convoitise d’un acheteur américain.

Détour frissonnant par la Tour des Sorciers

Après les grivoiseries, les frissons. Le rallye a la bonne idée d’emmener les curieux à l’intérieur de la Tour des Sorciers (XIVe siècle), ultime vestige des fortifications qui ne s’est ouvert au public que récemment. L’intérêt de cette coquille presque vide, ancien lieu de torture des sorcières, réside dans sa situation dominante. Et, pour peu qu’on s’abandonne au passé, dans l’atmosphère aussitôt glaçante qui y règne. Trêve de rêverie macabre, place au plaisir avec un détour au Caveau des encaveurs, point final d’une virée de trois heures. Grâce aux panneaux explicatifs sis devant chacune des curiosités de la ville, une quinzaine au total, la capitale valaisanne se laisse tout aussi bien découvrir au gré d’une promenade libre.

Réaménagé en faveur des piétons, agrémenté de boutiques avenantes, d’une pittoresque Grenette et d’un Hôtel de Ville impérial, le cœur intra muros a tout pour reconquérir l’estime égarée de ceux qui lui préféraient Sierre. Parole de touristes flamands, «c’est romantique!»

Balade des Divins, 69 francs par personne, tous les 1ers samedis du mois (inscription obligatoire au min. trois jours à l’avance) ou sur demande (027 327 77 27).




Quatre incontournables pour mieux déguster la capitale du Valais

 

L’autre Bovier

Si ce n’est pas Edgard Bovier, c’est donc son frère. Jacques, le cadet du prestigieux chef du Palace lausannois, est passé par le Buffet de la Gare, à Saint-Léonard, avant d’investir les bords de la Sionne. Une vingtaine de couverts où toute la capitale se précipite. Il est vrai que le rapport qualité-prix de cette belle et élégante table gastronomique défie presque toute concurrence. Service adorable et une belle carte des vins. (caz)

Combien? Deux menus dès 65 fr.

La Sitterie, Route du Rawyl 41, à Sion. Tél. 027 203 22 12. Fermé le dimanche et le lundi (www.lasitterie.ch).

Un mont gourmand

Le Mont-d’Orge et son petit lac tout mignon. Le Mont-d’Orge et la Fondation Albert Chavaz. Les personnages sans regard du peintre valaisan encadrent une adresse gourmande dans un décor tout blanc. Bernard Ricou aime faire des trilogies de ses plats et a une tendresse particulière pour les produits régionaux et ceux de la mer. En saison, son homard bleu de Bretagne est un délice. Et le service tout en dentelles de Madame ajoute au charme de l’adresse. (caz)

Combien? Menu dès 53 fr.

? Relais du Mont-d’Orge, La Muraz. Tél. 027 395 33 46. Fermé le dimanche soir et le lundi.

Dormir historique

Dans un patrimoine hôtelier sédunois sinistré, il y a une glorieuse exception. Sur les hauteurs de Savièse, Pascal Siggen et Alain Praz ont rénové, en 2007, une demeure historique datant de 1802. Sept chambres pleines de goût, de bois, de raffinement et de vieilles pierres. Avec, en sus, un jacuzzi dans la grange attenante. Avec vue sur la plaine. Quant au petit-déjeuner, il est gargantuesque et les confitures de la tante Praz valent à elles seules le détour. Incontournable, mais déjà pris d’assaut. (caz)

Combien? De 130 fr. à 210 fr. la nuit.

? La Grande Maison, Route du Sanetsch, Chandolin, 1965 Savièse. Tél. 027 395 35 70.

Un guide… un seul

Il n’a pas la diffusion qu’il mérite. Né l’an dernier après sept ans de travaux, traduit en allemand et en anglais, le guide culturel et touristique du Valais est pourtant un indispensable.
Il commence par une introduction historique, culturelle et sociétale. Puis propose des circuits à thème, part à la découverte poussée de toutes ses régions et se termine par une somme d’informations pratiques. Le tout sous la direction de Marie-Claude Morand, directrice des Musées cantonaux du Valais. Les trésors sédunois y figurent en bonne place. (caz)

Combien? 32 fr.

Comment? Guide culturel et touristique du Valais, édité par Rotten Verlag.




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