
De l’extérieur, rien ne distingue le Nevaï d’un hôtel classique de station. Ce haut chalet solidement planté à l’entrée de Verbier promet au citadin son lot de dépaysement rustique. Surprise, une fois la porte passée: le hall s’ouvre sur de grands fauteuils ronds et rouges, des canapés modernes et un bar branché. Pour un peu, on se croirait à Zurich. Mais, très vite, les détails alpins rappellent qu’on côtoie les cimes. Le bar est vêtu de blanc, une cheminée longue et plate réchauffe le salon, et la réception flotte au fond de la pièce, telle un morceau de banquise. Sur ses flancs, des motifs évoquent les arbres givrés. La déclinaison cristalline reprend au premier étage, où est installé un autre bar. Au Nevaï – qui signifie neige en patois local – même les clés des chambres ont l’allure de gros flocons.
Alpin et contemporain
Le quatre étoiles a fait peau neuve il y a deux ans, sous l’impulsion de Marcus Bratter, également directeur du King’s Hotel voisin. Le Nevaï s’adresse davantage aux jeunes branchés. La preuve, dans les chambres trône une station prête à accueillir un Ipod. L’audace a payé: le Nevaï a été sélectionné fin 2009 par Design Hotels. Ce club comprend quelque 180 membres dans le monde, dont six en Suisse. Les membres sont référencés dans un volumineux ouvrage et sur un site internet. «Beaucoup de clients cherchent une ambiance contemporaine, même à la montagne», estime Marcus Bratter.
Confirmation de Yasmine Mahmoudieh, qui a conçu l’architecture intérieure des lieux: «Les gens en ont marre du vieux bois foncé.» Mais pas question pour cette Germano-Iranienne installée à Londres de faire du copier-coller des établissements citadins: «Les aménagements intérieurs doivent refléter le milieu naturel.» Une démarche auréolée de succès, puisque l’architecte a obtenu le World Travel Award pour l’Hôtel Intercontinental de Berchtesgaden, en Allemagne.
Pas que le bois
Mais tout ne se résume pas au bois: «Ce n’est pas le seul élément en montagne. J’ai cherché à refléter les flocons irisés par la lumière, notamment.» L’important? «Que ce soit chaleureux. On peut arriver au sentiment de bien-être qu’on associe traditionnellement au classique avec du contemporain.» Dans les chambres, on a privilégié le confort. Les parties boisées s’allient à un éclairage et à des salles de bains très design. La literie incite à la grasse matinée malgré l’appel des pistes.
Plus que de «design», l’architecte valaisan Grégoire Comina parle d’«architecture contemporaine de montagne». «A la montagne, il y a du potentiel pour du très moderne chez 10 à 15% de la clientèle. Par contre, la grande tendance va vers l’utilisation de matériaux nobles et bruts: du vieux bois taillé à la hache, des sanitaires en pierres naturelles, le fer brut, et des crépis minéraux, à l’ancienne.» Un virage qu’ont déjà pris l’Autriche et les Grisons, et qui gagne gentiment le reste des Alpes.
Infos pratiques
Où? A l’entrée de la station.
L’établissement quatre étoiles propose 33 chambres, deux suites avec jacuzzi sur le balcon, un spa, un restaurant et un bar.
Il abrite aussi une institution: la discothèque Farm Club (isolée phoniquement) accueille depuis trente-cinq ans aussi bien les jet-setteurs que les fêtards locaux.
Combien? En hiver, chambre double dès 375 francs, et junior suite dès 815 francs.
Tél. 027 775 40 00.
www.nevai.ch
Plus près du Cervin
Impossible de parler de design alpin sans évoquer Zermatt et Heinz Julen. Sous son impulsion, la station offre une belle brochette d’établissements design. Parmi ses dernières créations, le Mattherhorn Focus. Tenu par Sonja et Christian Noti, il offre des vues imprenables sur le Cervin. On y retrouve la patte de l’artiste: une combinaison de bois, verre et métal, larges baies vitrées et cheminées contemporaines.
Hotel Matterhorn Focus, Winkelmattenweg 32, à Zermatt. Tél. 027 966 24 24,www.matterhornfocus.ch.Combien En hiver, de 230 fr. la chambre double sans balcon à 1000 fr. la suite sous les toits.
«Ski» en chambre
Avec ses huit chambres toutes différentes, le River House est le premier hotel design, de surcroît écologique, d’Andermatt et de la région d’Uri. Kevin Obschlager et Sarah Keller ont racheté, puis rénové, une bâtisse vieille de deux cent cinquante ans au centre du village, pour en faire un cocon à leur image. Toutes les chambres sont uniques, et celle qui se prénomme «ski» a beaucoup de succès auprès des voyageurs.
River house, Gottardstrasse 58, à Andermatt. Tél. 041 887 00 25, www.theriverhouse.ch.Combien Comme ailleurs, ça varie selon la saison. Dès 200 francs pour les chambres les plus petites, et dès 280 francs pour les autres.
Chic contemporain
Très en vogue en Autriche et dans les Grisons, le design commence à essaimer en Savoie. A Val d’Isère, l’Avenue Lodge a joué les pionniers. «On a voulu garder l’esprit alpin: le bois, la pierre, l’ardoise, en y ajoutant des éléments plus modernes», note la directrice Valérie Boulenger. Tabourets en peau de vache au bar et couvertures en imitation fourrure dans les chambres mettent tout de suite dans l’ambiance.
Avenue Lodge, avenue Olympique, Val d’Isère, tél. 0033 4 79 00 67 67, www.hotelavenuelodge.com.Combien De 330 à 695 euros (env. 490 à 1000 fr.) la double, selon la chambre et la saison.
Un cube tout schuss
Avec notamment le Tschuggen Grand Hôtel d’Arosa, dont le spa a été réalisé par Mario Botta et Carlo Rampazzi, ou les thermes de Vals, conçus par Peter Zumthor, les Grisons sont à la pointe du design alpin de luxe. Des hôtels «cheap and chic» offrent une alternative plus abordable. Le concept autrichien du Cube s’est implanté à Savognin. Il offre un hébergement branché, mais confortable, au pied des pistes.
Cube Savognin, Veia Sandeilas 12, Talstation Bergbahnen à Savognin, tél. 081 659 14 14, www.cube-savognin.ch.Combien Dès 304 fr. la double avec déjeuner et abonnements de ski (valeur: 100 francs).
En vacances deux semaines, nous vous proposons de (re)découvrir une partie des rencontres mises en ligne durant ce premier trimestre 2010:
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