Imprimer Imprimez    E-mail Envoyez    Commenter Login    Partager Twitter Facebook flux rss

La Rochelle, l’autre plat pays de l'auteur belge

CHARENTES | Ville d’histoire, elle est le théâtre de 34 récits de Simenon, qui vécut dans la région. Nul besoin d’être un inconditionnel de l’écrivain belge pour comprendre son coup de foudre pour La Rochelle et ses environs. Une région qu’il va habiter et dont il va s’inspirer pour nombre de ses romans.

© Yseult Théraulaz | La cathédrale de La Rochelle

YSEULT THÉRAULAZ | 28.08.2009 | 14:35

Il suffit de se faufiler sous les arcades de ses rues pavées, de humer l’air du large en sirotant un cidre sur une terrasse ou de marcher les pieds dans l’herbe de ses 350 hectares d’espaces verts pour tomber sous le charme de cette ville de Charente-Maritime. Pas moins de trois millions de visiteurs succombent chaque année à ses atours.

Par la grande porte

C’est par hasard que Georges Simenon découvre la ville pour la première fois en 1927. «Il était hébergé chez un ami à l’île d’Aix, explique Jean-Luc Labour, président de l’Office du tourisme de La Rochelle. Il avait fui Paris pour s’éloigner de sa maîtresse, Joséphine Baker.» Un matin, l’écrivain prend le large avec un ami pêcheur et entre dans la ville «par la grande porte», précise Jean-Luc Labour. A savoir, par la mer, entre les deux tours du Vieux-Port. A quelques mètres de la porte de la Grosse Horloge, datant du XIIIe. Le sésame marquant l’entrée du secteur piétonnier.

Avant de l’emprunter, une petite promenade du côté de la Cours des Dames (1) et de ses nombreux cafés s’impose. Là où aujourd’hui les stands de breloques se côtoient dans un brouhaha typique des coins touristiques. Et où Simenon a certainement laissé traîner ses oreilles de curieux. «Il était aussi à l’aise à boire un coup de rouge dans un bistrot qu’à brasser le thé le doigt en l’air dans un salon», s’amuse Jean-Luc Labour.

Un thé guindé qu’il sirote avec la bourgeoisie rochelaise, notamment la famille Dahl dont il s’inspire pour écrire le Testament Donadieu. Roman qui nous emmène rue Réaumur (4), dans le quartier des armateurs. Là où les hôtels particuliers aux immenses jardins se succèdent. Et où, par endroits, nous marchons encore sur des pierres de lest ramenées de la Nouvelle-France.

Ce quartier calme s’arrête au niveau de la rue Chaudrier (5). Artère qui parcourt le centre-ville du nord au sud. «A l’ouest de cette rue, il y a le quartier résidentiel, celui des armateurs, et de l’autre celui commerçant», précise notre interlocuteur.

Regorgeant d’enseignes si typiques de l’Hexagone (Etam, Esprit, Galerie Lafayette, etc.), la rue Chaudrier – qui devient celle du Palais – attire les fashion victims sous ses arcades. Dans les années 1930, c’est le magasin du photographe Morillon qui séduit l’écrivain (il y fait développer ses clichés pris avec un Leica), tout comme la chapellerie Butscher (Les fantômes du chapelier). Sur la rue du Palais (3) Simenon observe les bagnards en partance pour la Guyane sortir du Palais de Justice (L’évadé).

Individualiste généreux

Le Café de la Paix, sur la place de Verdun (2), à deux pas de la cathédrale inachevée, est l’un des bistrots où Simenon avait ses habitudes. Une photo de lui trône fièrement sur le mobilier de cette brasserie du XVIIIe, classée monument historique. «C’est ici que Simenon apprend que la guerre est déclarée et qu’il commande le meilleur champagne! Il aurait dit: «C’est maintenant qu’il faut le boire, après on ne sait pas si ce sera encore possible». C’est aussi dans ce café qu’il se met en quatre pour aider les réfugiés belges à trouver un hébergement en 1940», explique Jean-Luc Labour. Un anneau à cheval replacé sur le mur du bâtiment rend hommage au Rochelais belge devenu altruiste pendant trois mois! «Simenon aimait les animaux et il se baladait souvent sur le dos de Zouzou, son canasson».

Nul besoin d’une monture pour continuer à vagabonder dans les rues blanches du centre. Pour découvrir l’Hôtel de Ville et son enceinte gothique ou apercevoir ici et là des maisons à colombage. Pour traîner du côté du marché ou simplement laisser le regard se perdre dans le bleu de l’océan au moment où la brise thermique de fin de journée vient rafraîchir les promeneurs.

Les pied-à-terre de Simenon

De 1932 à 1935, Simenon loue La Richardière, une demeure à Marsilly, charmant village à 8 km au nord de La Rochelle. Dans le parc entourant la maison, il fait installer un enclos pour ses loups (il existe toujours et le chien des propriétaires actuels y a sa niche). Dans ce cadre campagnard, Simenon va écrire 18 romans.

En 1938, il achète sa toute première propriété, située à Nieul-sur-Mer, pas loin de Marsilly. Sa femme, Tigy, y attend un heureux événement. Dans la cour, le papa plante un platane pour célébrer la naissance de son fils, Marc.

«Dans les années 1970, Tigy louait des chambres de la maison de Nieul aux touristes», explique Jean-Luc Labour. Aujourd’hui, la propriété n’est p et l’odeur de varech offre un agréable dépaysement.

En pratique

Y aller En voiture, compter 9 h pour couvrir les 800 km entre Lausanne et La Rochelle. En avion, Easyjet propose un Genève-Nantes (dès 37 fr. 95). Ensuite, prendre le train de la gare de Nantes (7 euros pour s’y rendre depuis l’aéroport) à celle de La Rochelle. Env. 2 h de trajet et 25 euros (aller simple en 2e cl.).

Y loger Ville au riche patrimoine historique très prisée des touristes, elle ne manque pas d’hôtels des plus chics ou plus modestes. www.larochelle-tourisme.com.

Y manger Crêpes et fruits de mer y sont servis en terrasse au Vieux-Port. Le Café de la Paix, situé à l’autre extrémité de la ville, propose des mets de brasserie dans un cadre 1900. Café de la Paix, rue Chaudrier 54.

A voir La Rochelle abrite l’un des plus grands aquariums européens. Compter 2 h pour le découvrir. En septembre, ouvert tous les jours de 9 h à 20 h. 13 euros (8,50 euros pour les enfants). Quai Louis Prunier, www.aquarium-larochelle.com.




Vos commentaires sont les bienvenus. Soyez concis, courtois et pertinents. Les commentaires injurieux et hors sujet seront effacés. En cas de non respect de ces instructions, le compte d'un utilisateur pourra être bloqué sans préavis.
Devises
 

La question du jour

  • Pensez-vous que l’augmentation du taux de chômage est inévitable?

    Oui

    Non

    Sans avis

  •  
Tous les sondages

Scoop Mobile


 

annuaire

par ex. Hôtel, Taxi, Café
Lausanne, Ale 13, 1001
Powered by local.ch

LE PHOTOBUZZ

 

Le débat de la semaine

Faut-il tester les conducteurs au-dessus de 50 ans?

Berne veut limiter la durée de validité du "bleu". Les quinquas devront passer un examen pour vérifier leur aptitude à conduire.

Participez au sondage et au débat sur www.lesquotidiennes.com

Santé

La webradio

 

 

Abonnez-vous