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A l’Auberge de Sugnens, la continuité est assurée avec brio

LE COUP DE FOURCHETTE | Pas facile de succéder à un couple qui a été durant vingt-cinq ans l’âme du bistrot d’un village. Mais Jean-Philippe Magnenat a déjà gagné une partie de son pari, puisque les joueurs de jass installés dans la partie café de l’Auberge de Sugnens n’ont pas changé leurs habitudes. Le nouveau patron a aussi choisi de jouer la carte de la continuité. Ruth et Foudil Sidi-Ali lui ont même transmis la recette de leur foie gras cuit au porto blanc. Et le couscous qui accompagnait le plat principal était un clin d’œil assumé à ses prédécesseurs.

© ODILE MEYLAN | Jean-Philippe Magnenat a repris les grands classiques de Foudil Sidi-Ali.

VQ | 11.12.2009 | 00:01

En reprenant cette auberge, Jean-Philippe Magnenat réalise un vieux rêve. Car, durant les deux dernières décennies, il a vécu à une autre échelle: contrôleur qualité chez Air France Brésil à ses débuts, il a fini directeur d’hôtel à Puerto Rico. Cette habitude de travailler à grande échelle se ressent malheureusement un peu dans l’assiette. Si tous les plats étaient savoureux et de qualité, le tout manquait d’originalité et de finitions par rapport aux tarifs affichés. Mais le patron assume: «J’ai choisi de faire progresser les présentations au fil du repas pour finir en apothéose et rester sur la meilleure image.»

Si la forme est discutable, le fond ne souffre d’aucun commentaire. Le renommé foie gras et la cassolette de champignons (respectivement 27 et 25 fr.) constituaient des entrées savoureuses. Papilles ravies également avec l’excellent poulet au citron, à l’agrume bien présent (37 fr), et le fondant filet de bœuf au poivre vert (48 fr.). Enfin, le tiramisu et la mousse au chocolat (tous deux à 18 frs) ont effectivement achevé le repas en apothéose.

Mais une grande partie de l’attrait de cette adresse réside dans la carte des vins; résultat d’années de collecte attentive des anciens tenanciers. Notre budget n’étant pas illimité, nous avons laissé le patron nous conseiller sur des choix «raisonnables» et l’on s’en réjouit. Le passerillé de doral d’Yvorne d’Obrist (58 frs. la demi-bouteille) a été une véritable découverte, tandis que l’humagne rouge de Querroz, à Chamoson (46 fr. la demi-bouteille) a gardé la tête haute jusqu’au dessert, se mariant encore admirablement avec la mousse au chocolat.

Auberge de Sugnens, route de Poliez-le-Grand, 1043 Sugnens, tél. 021 881 45 75. Fermé dimanche et lundi.




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