Pros des p’tits jobs

ADOS | Baby-sitting, ménage, coups de main divers, les jeunes sont nombreux à dédier une partie de leur temps libre à un job. Pour les aider dans leurs démarches, le site romand AdosJob lance aujourd’hui un projet de coaching.


YSEULT THÉRAULAZ | 06.04.2009 | 00:01

Après deux mois de rodage, l’association AdosJob lance, aujourd’hui, en grande pompe, un projet de coaching à échelle romande. Il est destiné aux adolescents en quête d’un petit boulot.

«Chaque année, nous constatons un volume croissant d’offres et de demandes», se réjouit Camille-Angelo Aglione, fondateur de l’association AdosJob, destinée aux 15-22 ans. En six ans d’existence, le site internet a enregistré 30 000 inscriptions d’adolescents en quête d’un job. Et les filles constituent 62% de cet effectif.

«Les adolescentes sont effectivement plus nombreuses à postuler chez nous que les adolescents», constate Elle Steinbrecher, porte-parole de Manor. L’entreprise est réputée pour employer un grand nombre de jeunes dès 16 ans. «Ils sont engagés pour des emplois tels que l’aide à la vente ou aux inventaires, le remplissage des rayons, les paquets cadeaux.»

En cette période de crise, la quête du job idéal serait-elle plus ardue? «Cette année, il faudra faire preuve de patience, confirme Camille-Angelo Aglione. Mais il y aura peut-être plus d’opportunité à la dernière minute. Dans ce domaine, il faut de toute façon être très réactif. On peut postuler aujourd’hui et commencer tout de suite!»

Trouver sa vocation
La Boîte à boulots, association genevoise pour les 15-25 ans, est aussi victime de son succès: «Nous tournons avec 800 à 1000 jeunes inscrits pour une durée d’une année, explique Claudia Tufo Drammeh, secrétaire sociale de la Boîte à boulots. C’est en mars et avril que la plupart des adolescents s’inscrivent pour dégoter un job estival.»

Outil d’insertion
«J’ai commencé l’été de mes 16 ans, explique Maxime Vievard, 21 ans. Pendant une semaine, j’ai fait de l’archivage de données pour la boîte de mon père.» Le Genevois a ensuite enchaîné les petits jobs par choix, non par nécessité. «Je recevais 100 francs d’argent de poche par mois, mais j’avais envie d’avoir une certaine indépendance financière.»

Ces différentes expériences lui ont permis de trouver sa voie professionnelle. «Je voulais être policier, mais travailler dans une crèche m’a donné envie de faire une formation d’éducateur de la petite enfance.»

Ana Cojocaru, de Lausanne, a aussi profité pleinement de son expérience professionnelle dans une régie immobilière de la région: «Travailler à plein-temps dans cette grande boîte m’a vraiment motivée à faire le métier que j’ai choisi. Je veux faire des hautes études commerciales et travailler dans le marketing. Je ne regrette pas d’avoir passé tout mon été dans des bureaux, même si parfois j’enviais les copines qui allaient à la piscine!»

«Ces expériences de travail permettent aux jeunes d’endosser leurs premières responsabilités, d’être confrontés au monde du travail et des adultes, explique Tanguy Ausloos, délégué au Service de la jeunesse de la ville de Lausanne. Raison pour laquelle, la ville soutient le projet de coaching d’AdosJob. C’est un outil d’insertion intéressant.»

Et Camille-Angelo Aglione d’ajouter: «Aider les adolescents à trouver un petit boulot en cours d’études évite qu’ils se retrouvent en marge et confrontés au vide ou à l’échec.» Du haut de ses 16 ans, Emilie Le Labousse confirme: «Travailler m’a calmée, explique la demoiselle domiciliée à Lausanne. Ça m’occupe et du coup je n’ai plus le temps de faire des bêtises et d’aller traîner avec les mauvaises personnes.»

AdosJob, rue de la Borde 49 bis
www.adosjob.ch
(le site propose aussi des liens sur les autres associations du même type)
La Boîte à boulots, av. du Mail 29, Genève.
Site réservé aux Genevois.
www.boiteaboulots.ch

Ana Cojocaru (17 ans , Pully) a commencé à donner un coup de main dans le kiosque de ses parents, dès l’âge de 13 ans. L’été dernier, elle a travaillé à plein-temps dans une grande gérance immobilière. Les sous gagnés lui ont permis de s’acheter une batterie. Elle donne aussi des cours d’appui deux ou trois fois par semaine.

Virginie Rochat (14 ans, Lausanne) promène environ deux fois par semaine le chien d’une amie. Elle souhaite aussi faire du baby-sitting pour engranger un peu plus de sous. «J’utilise l’argent gagné pour m’acheter des accessoires, des habits et aussi des cadeaux pour mes amies ou ma famille.»

Emilie Le Labousse (16 ans, Lausanne) a enchaîné plusieurs petits boulots, dès l’âge de 14 ans. Baby-sitter, serveuse, aide en comptabilité, etc. Elle gère en ce moment un site web. «Je fais du rap, l’argent que je gagne me permet de m’acheter du matériel électronique et des cigarettes!»


 

En toute légalité

ÂGE La loi fédérale sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce interdit en principe aux employeurs d’engager des jeunes de moins de 15 ans. Mais dès 13 ans, les adolescents ont le droit d’effectuer des travaux légers. Les jeunes de moins de 16 ans ne peuvent pas travailler après 20 h le soir, 22 h pour ceux âgés entre 16 et 18 ans. Des exceptions existent, comme dans le cas d’un événement culturel, ou dans le cadre d’une formation professionnelle.

ASSURANCE ACCIDENTS L’employeur se doit d’assurer le jeune travailleur. «Si le taux d’occupation est de moins de 8 heures par semaine, l’assurance ne porte que sur les maladies et les accidents professionnels».

AVS/AI Un revenu annuel inférieur à 2200 francs n’est en principe pas soumis à l’AVS/AI. Toutefois, «les travailleurs gagnant moins de 2200 francs restent soumis à l’AVS/AI s’ils sont employés par un ménage privé». Valable pour les femmes de ménages, les baby-sitters, etc.

SALAIRE Aucun salaire minimum n’existe en Suisse. A titre indicatif, la Boîte à boulots de Genève donne un salaire horaire correspondant à 1 franc par année d’âge avec un plafond fixé à 23 fr./h. Un jeune de 16 ans gagne donc 16 fr./h.

Y. T.



Un coach pour trouver son premier boulot

Les jeunes intéressés au projet de coaching proposé par AdosJob peuvent s’inscrire dès maintenant sur le site de l’association. Le coaching se fait dans les nouveaux locaux lausannois de l’association, à la rue de la Borde. Il se compose de trois rencontres. «Lors du premier rendez-vous, nous établissons un bilan personnel de l’adolescent, explique Camille-Angelo Aglione, président et fondateur d’AdosJob. Lors du second entretien, qui a lieu environ deux semaines plus tard, le jeune doit être prêt pour la recherche d’emploi avec son dossier complet.» La dernière rencontre permet de faire une évaluation du travail trouvé ou de comprendre pourquoi aucun job n’a été décroché. «Les séances durent entre quarante-cinq minutes et une heure, c’est donc un processus assez long, continue le fondateur. Nous sommes dans une démarche de coaching et non pas d’assistanat. Nous cherchons à les conseiller et à les responsabiliser.»

Y. T.




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