La Une | Jeudi 18 septembre 2014 | Dernière mise à jour 12:52
Crise à l'UMP

Alain Juppé jouera les médiateurs

Mis à jour le 22.11.2012 1 Commentaire

Les camps Copé et Fillon semblaient irréconciliables jeudi et le psychodrame à l'UMP a tourné au grand déballage de «turpitudes», une crise aiguë que tentera d'apaiser en quinze jours Alain Juppé.

Alain Juppé va tenter de ramener le calme dans les camps Copé et Fillon.

Alain Juppé va tenter de ramener le calme dans les camps Copé et Fillon.
Image: AFP

Articles en relation

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Pendant que la saga, qui risque d'entacher durablement l'image du parti, se poursuivait, l'ancien chef de la famille, Nicolas Sarkozy, était entendu par les magistrats à Bordeaux dans le dossier Bettencourt. Il risque une mise en examen dans cette affaire présumée de financement politique illégal.

Signe de l'extrême tension entre les deux camps, le directeur de cabinet de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux, a déballé les «turpitudes délibérées de l'entourage zélé de François Fillon», lors d'une déclaration au siège de l'UMP.

Principaux visés par cette charge froide et violente, les soutiens niçois de François Fillon, Christian Estrosi et Eric Ciotti.

Evoquant des «irrégularités grossières» à Nice, comme un bureau de vote fermé «puis réouvert 45 minutes plus tard pour permettre» à «des adhérents triés sur le volet de voter», Jérôme Lavrilleux a soutenu sa démonstration en faisant projeter des photos de procès-verbaux sur un écran.

Oubli

Et d'ajouter, dans une ambiance de roman noir: «Pourquoi (ces photos) ? On n'est jamais trop prudents, il vaut mieux éviter que ça disparaisse». Eric Ciotti a aussitôt déclaré qu'il allait porter plainte pour «diffamation» contre Jérôme Lavrilleux.

La énième contre-attaque des copéistes semblait clairement destinée à atténuer le point marqué par François Fillon un peu plus tôt. La commission de contrôle de l'UMP (Cocoe) a en effet confirmé que les résultats de trois fédérations (Mayotte, Wallis et Futuna, Nouvelle-Calédonie) n'avaient pas été pris en compte dans le bilan final permettant de proclamer la victoire (avec 98 voix d'avance) de Jean-François Copé lundi soir. Or, cet oubli a été soulevé mercredi par le camp Fillon.

«L'addition de ces résultats à ceux de la veille aboutirait vraisemblablement à une inversion des résultats d'une vingtaine de voix», a ajouté la Cocoe, présidée par le sénateur Patrice Gélard.

«Instance collégiale»

Sur France2, ce dernier a estimé dans la soirée qu'il n'était pas possible actuellement «de savoir qui va gagner» et qu'il fallait recompter dans «4 ou 5 fédérations».

Dans ce climat, l'ex Premier ministre et fondateur de l'UMP Alain Juppé, sollicité pour ramener le calme, s'est dit prêt à diriger une «instance collégiale» pour «réexaminer l'ensemble des résultats». L'offre a été acceptée par les deux camps, avec des réserves pointilleuses de chaque côté.

«Ce qui est désormais en cause, ce n'est plus la présidence de l'UMP, c'est l'existence même de l'UMP», s'est alarmé Alain Juppé. «Au bénéfice de qui ? C'est très clair, d'un côté du Front national, de l'autre côté du Parti socialiste», a-t-il averti, évoquant un risque de «scission» pour sa famille politique.

«Sous 15 jours»

La commission Juppé, déjà plébiscitée par les sympathisants UMP (à 84%, selon un sondage HarrisInteractive/20 minutes), se réunira «dès le début de la semaine prochaine» et devra rendre ses conclusions «sous 15 jours», a précisé l'ancien Premier ministre.

Par ailleurs, la commission nationale des recours de l'UMP, instance interne chargée de trancher les litiges électoraux et saisie jeudi par Jean-François Copé, se réunira dimanche à 11h au siège du parti, selon plusieurs de ses membres.

La tâche d'Alain Juppé ne sera pas simple, au vu de la capacité qu'ont les deux camps à s'accuser mutuellement de magouilles.

Jeudi matin sur Europe 1, Jean-François Copé a qualifié François Fillon de «mauvais perdant qui vient donner des leçons de morale sans jamais se les appliquer à lui-même».

François Fillon avait menacé mercredi de saisir la justice pour contester les résultats du vote des adhérents dimanche, si sa demande de médiation Juppé n'était pas entendue.

L'ex-Premier ministre avait semblé accepter la défaite lundi soir, en prenant acte des résultats. Mais c'était avant que ses soutiens ne s'aperçoivent de la non-prise en compte des résultats des trois fédérations ultramarines.

«Spectacle pathétique»

«Le spectacle que nous offrons est juste pathétique», s'est désolé le député UMP Benoist Apparu. «Je pense aux militants qui ont voté, aux électeurs, à ceux qui ont entendu les reportages sur ce qui se passe à Gaza, sur ce qui se passe en Syrie, sur le chômage, la crise, ils doivent se dire : +ils sont complètement fous+», a-t-il constaté.

Dans ce contexte, et à quatre ans et demi de la prochaine présidentielle, un sondage CSA pour BFM-TV a placé Nicolas Sarkozy en tête des candidats préférés des sympathisants UMP en 2017, avec 52%, devant Fillon (24%) et Copé (15%).

Mais s'il avait cette ambition, l'ancien chef de l'Etat pourrait voir sa route barrée par une éventuelle mise en examen. Le juge Jean-Michel Gentil et ses collègues veulent des explications de Nicolas Sarkozy, après avoir recueilli des éléments leur permettant de soupçonner un financement illicite de sa campagne de 2007 grâce à de l'argent de Liliane Bettencourt. (ats/Newsnet)

Créé: 22.11.2012, 19h04

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

1 Commentaire

Michèle Jeanmonod

23.11.2012, 10:02 Heures
Signaler un abus

Mais quelle image déplorable. Comment le gagnant pourra-t-il diriger ce parti avec autant d'avis partagés? et un total manque de confiance. Il semble clair que seul M. Sarkozy soit à même de pouvoir mettre tout le monde d'accord. Répondre



Sondage

Vous offrez-vous des croisières sur les bateaux Belle Époque du Léman?