Egypte
Appels au soulèvement après le verdict du procès Moubarak
Mis à jour le 03.06.2012 1 Commentaire
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La place Tahrir au Caire était toujours occupée dimanche par des centaines de manifestants protestant contre la clémence de la justice dans le procès d'Hosni Moubarak et d'anciens responsables de son régime.
Ils ont lancé des appels à un nouveau soulèvement.
Le Parquet avait requis la peine capitale contre Hosni Moubarak, son ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et six anciens hauts responsables du ministère de l'Intérieur pour leur responsabilité dans la mort de près de 850 manifestants lors de la «Révolution du Nil» début 2011. L'ex-raïs et l'ex-ministre ont été condamnés à la prison à vie samedi et leurs coaccusés ont été acquittés.
Les deux fils d'Hosni Moubarak, Alaa et Gamal, ont pour leur part vu les accusations de corruption qui pesaient sur eux déclarées prescrites par la cour, et n'ont pas été condamnés. Ils restent toutefois en détention en attendant un autre procès pour malversations financières.
Le procureur général égyptien décidé de faire appel, a-t-on appris dimanche auprès du Parquet. Cette source n'a toutefois pas précisé si cet appel visait toutes les décisions de justice rendues samedi, ou seulement les acquittements.
Rejet «massif»
Les manifestants ont envahi les rues du Caire, d'Alexandrie et de plusieurs villes du canal de Suez (Suez, Port-Saïd, Ismaïliya) dès le prononcé du verdict.
Les manifestations se sont poursuivies dans la nuit de samedi à dimanche par des rassemblements sur la place Tahrir du Caire, lieu emblématique du soulèvement qui a conduit à l'éviction de d'Hosni Moubarak le 11 février 2011.
«Ce n'était pas un verdict équitable. Le rejet de la décision du juge est massif», résume un manifestant, Amr Magdi. «Tahrir va à nouveau se remplir de manifestants. En Egypte, la seule façon d'obtenir justice est de manifester parce que toutes les institutions sont toujours contrôlées par des gens à Moubarak.»
Climat tendu
L'issue de ce procès alourdit encore le climat à l'approche du second tour de l'élection présidentielle, les 16 et 17 juin. Le scrutin se jouera entre le Frère musulman Mohammed Morsi et le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.
Mohammed Morsi a qualifié samedi le procès de «farce» et les Frères musulmans ont appelé à des manifestations de masse. Ahmad Chafiq a pour sa part appelé à respecter les décisions de la justice. Se posant en garant de la démocratie et des droits de l'homme, il a vivement attaqué la puissante confrérie islamiste, en affirmant qu'elle allait ramener l'Egypte «vers le Moyen Age».
Dans la nuit de samedi à dimanche, des locaux de M. Chafiq ont été attaqués par des inconnus dans deux villes de province, Fayyoum (au sud du Caire) et Hourghada (sur la mer Rouge), selon des sources de sécurité. Le QG de campagne de M. Chafiq au Caire avait déjà été mis à sac lundi.
Le clan Moubarak aux commandes
Beaucoup ont vu dans le verdict de samedi la preuve que le clan Moubarak est encore aux commandes du pays. Ils estiment notamment que l'armée, dirigée par un ex-ministre d'Hosni Moubarak, conservera une grande influence après la prise de fonction du nouveau chef de l'Etat.
Le succès électoral d'Ahmed Chafiq, ancien commandant de l'armée de l'air, a accru ce soupçon. L'Egypte est gouvernée par des militaires depuis 1952.
Dimanche matin, plusieurs centaines de personnes étaient encore réunies dans le calme sur la place Tahrir, après avoir dormi sur ce site emblématique de la révolte du début 2011. La veille, quelque 20'000 manifestants s'y étaient rassemblés.
Les manifestants disent vouloir rester jusqu'à ce que justice soit faite. «Hier, les gens étaient unis comme aux premiers jours de la révolution. J'ai le sentiment que la révolution va reprendre», a déclaré Oussama Aouad, un ingénieur de 46 ans.
Pour lui, Hosni Moubarak doit être rejugé parce que des preuves importantes ont été écartées. Il faut aussi, dit-il, s'unir contre Ahmed Chafiq. «Si Morsi gagne, on pourra rejuger Moubarak et l'ancien régime», estime-t-il. (ats/Newsnet)
Créé: 03.06.2012, 19h20
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La rédaction
1 Commentaire
Il y a 60 ans que l'Egypte est gouvernée par des militaires et cela m'étonnerai beaucoup que cela change. Le discours de l'ancien 1er ministre à l'égard du peuple Egyptien va exactement dans ce sens, en mentionnant qu'il n'y aura aucune arrestation s'il est élu! Par-contre voter pour son rival, serait un grand retour en arrière pour l'Egypte.Elle mérite mieux que cela et cet appel va être entendu! Répondre
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