Présidentielle 2012
Corinne Lepage: « Le débat est confisqué par une petite oligarchie politico-médiatique »
Interview: Olivier Bot. Mis à jour le 19.01.2012 1 Commentaire
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Vous vous adressez à La Tribune de Genève pour faire passer un message que vous n’arrivez pas à passer dans la presse française. Qu’est-ce que vous ne pouvez pas dire à Paris ?
- Je pourrais le dire mais ce ne serait probablement pas publié. Je suis candidate à l’élection présidentielle et je ne peux pas présenter mon projet au Français dans les grands médias. Cette situation est en totalement contradiction avec l’esprit de la Ve République qui a fait de cette élection au suffrage universel direct la rencontre entre une personne et les Français. La réalité aujourd’hui, c’est que le débat démocratique est confisqué par les grands partis. La démocratie est verrouillée. Certains candidats comme moi se retrouvent prisonniers d’un cercle vicieux. Ayant un faible écho médiatique, ils ne recueillent que de faibles intentions de vote. Et vice et versa. Une petite oligarchie de la presse parisienne, en connivence totale avec les partis politiques, choisi cinq ou six messieurs qui auront l’honneur de concourir et d’être interviewé durant la campagne. Les autres sont traités par le mépris. Or, depuis la « mélanchonisation » de la candidate des Verts, Eva Joly, je suis la seule à porter les idées de l’écologie, un courant fort de l’opinion française et un projet économique de développement durable qui peuvent sortir la France de la crise.
Les télévisions et la presse nationale vous censurent?
- J’ai eu quelques minutes sur TF1 lorsque j’ai annoncé ma candidature et un quart d’heure vers 1h du matin, dans l’émission de Laurent Ruquier sur France 2. Aucune des grandes émissions de débat politique ne prévoit d’ m’inviter. Ces refus sont exprimés avec une suffisance et une arrogance incroyables. Sous prétexte d’équité entre les quatre ou cinq candidats choisis par le système, on m’impose le bâillon. La presse régionale et quelques médias indépendants comme BFM ou Canal plus font leur travail mais ailleurs, c’est le black out total. L’UMP et le PS, les deux grands partis de droite et de gauche, choisissent ou font choisir ceux qui peuvent exister dans ce système. Marine Le Pen est la caution du caractère démocratique de l’élection. Puisqu’ une extrémiste peut s’exprimer, c’est que la démocratie fonctionne. Or, ce n’est pas le cas.
Vous avez déjà été candidate à cette élection par le passé. Est-ce que c’est vraiment pire aujourd’hui ?
La marge d’expression s’est réduite. Le président Nicolas Sarkozy - dont la campagne de président-candidat non déclaré est actuellement financée par les contribuables – fait tout pour dissuader des candidatures qui peuvent le gêner. Je ne fais pas partie de sa majorité mais je n’ai pour autant pris ma carte au PS. En tant qu’écologiste réaliste, très attachée aux valeurs de la République, candidate indépendante issue de la société civile, créateur d’une PME d’une centaine de salariés, j’ai une liberté de ton qui dérange. Notamment tous ceux qui vivent de la politique. Je me suis attaqué à de puissants lobbys industriels qui ont leurs relais dans le monde politique, dans le domaine de l’environnement. Comme à la corruption. Cela ne plaît pas.
La mise en examen du procureur Courroye, qu’on dit proche du président Sarkozy, dans une affaire d’espionnage de journalistes est-elle symptomatique à vos yeux d’une tentative de museler la presse ?
La France souffre en effet d’une asphyxie démocratique. Heureusement, il y a des juges courageux qui ont relevé la tête. Personnellement, j’ai demandé en août 2010 au procureur général Nadal qu’il s’autosaisisse du dossier Woerth-Bettencourt. Je ne supportais plus le blocage qu’opérait le procureur Courroye à Nanterre. Après les révélations des sites d’information indépendante Mediapart et de Rue 89, cette action a relancé l’instruction de l’affaire.
Vous pensez que l’on vous fait payer cela ?
Depuis cette initiative, j’ai évidemment mauvaise presse dans l’entourage du président de la République. Je me suis mêlé de ce qui ne me regarde pas. Comme par hasard, c’est juste après cet épisode que j’ai été sortie du baromètre d’opinion de Paris-Match où j’avais plus de 50% de bonnes opinions, 10 points devant Eva Joly. J'ai demandé pourquoi je ne figure plus dans ce baromètre. Je n’ai pas eu d’explications. Dans ce domaine aussi, il n’y a pas de critères. Je ne fais pas de victimisation, je demande juste qu’il y ait des règles, les mêmes pour tous et qu’elles soient respectées.
Votre critère du système et de la connivence des éditorialistes avec l’UMP et le PS est la même que celle de Marine Le Pen . Cela ne vous gêne pas ?
Marine Le Pen est agressée par les medias . Moi, je suis traitée par le mépris. Ce sont deux manières d’exclure. Elle a su exploiter la montée du populisme, le mal-être évident des Français. Mais ses réponses sont inopérantes et ne sont pas recevables selon la conception que je me fais de la République.
(24 heures)
Créé: 19.01.2012, 18h53
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1 Commentaire
et oui amis suisse la france n'est plus une démocratie digne de ce non elle a raison cette dame tout est pipé d'avance.l'oligargie médiatico/politique écrase tout Répondre


Veuilliez attendre s'il vous plaît 




