Syrie
L'armée continue de bombarder les villes rebelles
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Selon Sausan Ghosheh, une porte-parole de la Misnus, la mission de supervision de l'Onu en Syrie, des hélicoptères syriens ont ouvert le feu lundi sur les villes rebelles de Rastane et de Talbisseh, au nord de Homs. Les «bérets bleus» font également état de tirs de mortier et de mitrailleuse dans ces deux localités.
Les bombardements ont visé également la localité de Haffeh dans la province de Lattaquié (nord-ouest), pilonnée depuis six jours, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
La situation y est «terrible et les chars de l'armée sont aux portes de la ville», a dit un habitant joint via Skype. «Il n'y a qu'un seul médecin qui traite les blessés dans la ville».
Des observateurs à Haffeh?
La mission d'observation de l'ONU a exprimé par ailleurs son inquiétude concernant l'escalade de la violence dans la ville de Homs, soulignant qu'elle était en train de négocier l'évacuation des civils.
Kofi Annan «est particulièrement inquiet des récents bombardements à Homs (centre) ainsi que des informations faisant état de l'usage de mortiers, de chars et d'hélicoptères dans la localité de Haffé, dans la province de Lattaquié» (nord-ouest), a souligné M. Fawzi.
Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, demande l'envoi d'observateurs militaires des Nations unies à Haffeh. «L'émissaire spécial exige que les parties prennent toutes les mesures pour garantir que les civils ne seront pas touchés», a-t-il ajouté.
Washington inquiet
Les Etats-Unis se sont dits inquiets que le régime de Bachar al-Assad ne prépare un nouveau massacre en Syrie.
La porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland a souligné que «les Etats-Unis se joignent à Kofi Annan pour exprimer leur inquiétude par rapport aux informations venant de Syrie et évoquant la préparation par le régime d'un nouveau massacre» à Haffé.
«Nous tenons à rappeler aux gradés syriens une des leçons apprises en Bosnie: la communauté internationale peut découvrir quelles unités sont responsables de crimes contre l'humanité et vous serez tenus responsables de vos actions», a-t-elle ajouté.
Les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans plusieurs villes du pays et ont touché Damas, l'Armée syrienne libre (ASL), formée principalement de militaires dissidents, faisant subir des pertes de plus en plus lourdes aux troupes du régime.
Selon l'agence officielle Sana, qui a accusé «un groupuscule terroriste armé», un attentat a par ailleurs endommagé lundi un gazoduc dans l'est du pays provoquant la fuite de 400'000 m3 de gaz.
Proposition russe
Sur le plan diplomatique, Ankara étudie la proposition russe d'organiser une conférence internationale sur la Syrie pour tenter de sauver le plan Annan, a déclaré un responsable turc.
La Russie plaide pour la tenue d'une conférence internationale incluant l'Iran, mais les pays occidentaux ont exprimé de profondes réserves à ce sujet.
A Paris, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que la France aurait «cette semaine de nouveaux contacts avec la Russie» sur cette conférence et qu'elle se concertait avec ses partenaires» sur l'application du plan Annan «dans la perspective d'une transition démocratique» en Syrie.
«Sans implication de l'Iran, il sera plus malaisé d'exercer des pressions constructives sur la Syrie», a rétorqué le ministère russe des Affaires étrangères lundi.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov se rend mercredi en Iran pour discuter notamment du dossier syrien. Téhéran est le principal allié de Damas dans la région et a été accusé de lui fournir armes et expertise pour la répression.
Entretemps, Washington, Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité incluant une menace de sanctions, ont indiqué des diplomates le 8 juin. Des discussions sur ce projet doivent avoir lieu cette semaine mais il n'y aura pas de vote avant le G20 du Mexique les 18 et 19 juin. (afp/Newsnet)
Créé: 11.06.2012, 19h01
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