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Syrie

Le président Assad s'accroche à la planche de salut russe

Mis à jour le 04.06.2012

Alors que les combats meurtriers se sont poursuivis lundi entre soldats et rebelles en Syrie, l'Union européenne a cherché à convaincre la Russie d'éviter toute guerre civile et un embrasement du conflit.

Vladimir Poutine est contre le départ de Bachar al-Assad.

Vladimir Poutine est contre le départ de Bachar al-Assad.
Image: AFP

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Le président Bachar al-Assad semble lui vouloir compter jusqu'au bout sur le soutien de Moscou.

Lors d'un sommet UE-Russie organisé à Saint-Pétersbourg, le président de l'UE Herman Van Rompuy a pressé le président russe Vladimir Poutine de surmonter les divergences afin d'éviter une guerre civile en Syrie. Il a dit qu'il fallait saisir l'opportunité représentée par le plan de sortie de crise de l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU Kofi Annan, resté jusqu'ici lettre morte.

«L'Union européenne et la Russie ont des approches différentes mais nous sommes pleinement d'accord pour considérer que le plan Annan offre la meilleure chance de stopper le cycle de la violence en Syrie, d'éviter la guerre civile et de trouver une solution pacifique et durable», a déclaré Herman Van Rompuy.

«Nous devons oeuvrer à l'arrêt immédiat de toute forme de violence en Syrie et à un processus de transition politique», a-t-il ajouté. Vladimir Poutine, qui écarte toute sanction de l'ONU contre le régime de Damas, de même que le départ de Bachar al-Assad, n'a pas réagi à l'évocation de cette «transition politique».

«Stratégie jusqu'au boutiste»

Fort de cet appui russe jusqu'à présent indéfectible, le président syrien Bachar al-Assad a réaffirmé dimanche dans son premier discours depuis janvier sa détermination à écraser la révolte populaire ayant éclaté dans la foulée du Printemps arabe en mars 2011.

Ne reconnaissant pas l'ampleur de la contestation, il a prévenu qu'»il n'y aurait pas de compromis dans la lutte contre le terrorisme», que la sécurité du pays était «une ligne rouge» et qu'il défendrait la Syrie «à n'importe quel prix».

«Il est dans une stratégie jusqu'au-boutiste depuis le départ, mais là, il n'a plus d'autre option que cette stratégie», estime Agnès Levallois, spécialiste du Moyen-Orient basée en France. Et «tant qu'il a le soutien russe, il a le sentiment qu'il va pouvoir s'en sortir».

Selon d'autres analystes, le discours de dimanche augure d'un cycle de violences encore plus meurtrier en Syrie dans les prochaines semaines, à l'heure où le monde entier met en garde contre une guerre civile. «La guerre civile, Assad n'en a rien à faire, c'est le dernier de ses soucis, il veut sauvegarder son clan», affirme encore Agnès Levallois.

Huitante soldats tués

Lundi, sur le terrain, les violences n'ont pas faibli, malgré la présence de près de 300 observateurs de l'ONU censés surveiller un cessez-le-feu proclamé le 12 avril en vertu du plan Annan, mais constamment violé. Elles ont encore fait huit morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). La veille, 46 personnes avaient péri.

Les rebelles ont annoncé de leur côté qu'ils n'étaient plus liés depuis vendredi par le cessez-le-feu théoriquement en vigueur, et qu'ils avaient lancé des offensives contre les forces du régime. Au moins 80 militaires auraient été tués au cours du week-end, ont d'ailleurs rapporté lundi des opposants.

Selon des diplomates et des experts, Kofi Annan qui commence à entrevoir l'échec de son plan, souhaite que la communauté internationale pèse de tout son poids pour faire respecter son plan ou qu'elle trouve un plan B pour résoudre la crise. Il s'adressera jeudi au Conseil de sécurité et à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le régime syrien «finira par tomber sous le poids de ses crimes», a pour sa part estimé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius lors de sa première visite à Berlin. L'Allemagne est favorable à augmenter la pression internationale sur le régime de Damas. «Personne ne doit étendre une main protectrice au-dessus du régime» de Bachar al-Assad, a déclaré son homologue Guido Westerwelle, semblant désigner la Russie, mais sans la nommer. (ats/afp/Newsnet)

Créé: 04.06.2012, 18h45

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