Polémique
Les intempéries tuent 16 personnes en Italie
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La vague de froid a fait six nouvelles victimes dimanche: deux femmes sans-abri ont été retrouvées mortes, dont une dans la gare principale de Rome, et une femme âgée est décédée après avoir fait une chute sur le chemin de la messe en raison des vents violents à Trieste, dans le nord de l'Italie.
A Florence, trois hommes sont morts en déblayant de la neige et un quatrième, âgé de 19 ans, est mort noyé dans son véhicule qui a basculé dans une rivière après avoir dérapé sur une route verglacée.
Les chutes de neige se sont poursuivies à Milan et dans le nord de l'Italie, mais aussi dans le sud, en Calabre, tandis qu'à Rome, où le grand soleil est revenu, 400 militaires et carabiniers aidaient les habitants à nettoyer rues et trottoirs pour éviter le verglas, après les chutes de neige de vendredi, les plus importantes depuis 27 ans.
«Rien trouvé à manger»
D'importantes coupures d'eau et d'électricité ont affecté les régions du centre (Lazio et Ombrie), tandis que les supermarchés étaient à cours d'approvisionnement.
«Je n'ai rien pu trouver à manger, les gens se mettent à faire des provisions comme pour le pain en 1943», explique Salvatore Merlo sur Twitter. «Rome a une infrastructure digne du Tiers-monde», proteste-t-il.Même écho chez un habitant de Frosinone (centre): «On est abandonnés à nous-mêmes, isolés du monde. On n'a pas eu d'eau et d'électricité pendant 24 heures. On se réchauffe auprès du four et on mange des conserves», a-t-il expliqué au quotidien La Repubblica.
La neige a provoqué le chaos à Rome: certains habitants des quartiers nord ont dû s'organiser eux-même pour scier les troncs d'arbres tombés en travers de la route. «C'est affreux. J'ai dû marcher deux heures dans le froid glacial pour atteindre le métro. Il y a beaucoup d'arbres tombés sur des voitures et personnes ne vient nous aider à déblayer», a déclaré un Romain, Federico Maneski.
La polémique des autorités
Cette situation a généré une vive polémique entre les autorités locales et gouvernementales.Le maire de Rome, Gianni Alemanno (PDL, le parti de Silvio Berlusconi), a été vivement critiqué pour ne pas avoir activé un plan d'urgence. Le directeur de la protection civile, Franco Gabrielli, a affirmé l'avoir prévenu à l'avance et même lui avoir proposé une assistance que le maire aurait refusée.
«Alemanno m'a téléphoné à deux reprises: à 20h00 (vendredi soir) parce qu'il cherchait un chasse-neige, et à minuit il cherchait du sel. On l'avait prévenu dès jeudi que ce serait la pagaille...», a protesté M. Gabrielli.«Il veut une commission d'enquête? On est prêts», a-t-il martelé.Alors que la capitale était paralysée, l'invitation du maire aux Romains de balayer devant leur porte a été particulièrement peu appréciée.
Le faux tweet qui fait un tabac
«Alerte à la neige, abandonnez la ville, je suis déjà à Milan!!»: un faux tweet attribué au maire, qui n'a pourtant pas quitté sa ville, faisait un tabac sur le Net, tandis que le maire a promis une enquête et des poursuites judiciaires.Depuis Munich, où il se trouvait samedi, le chef du gouvernement Mario Monti a reconnu qu'on pouvait «faire plus, beaucoup plus» en la matière.La compagnie nationale des chemins de fer, Trenitalia, est sous le feu des critiques pour avoir abandonné ses voyageurs dans le froid et le noir pendant des heures.
Deux associations de consommateurs, Federconsumatori et Adusbef, ont menacé de lancer une plainte collective contre Trenitalia et appelé le maire de la capitale à «démissionner, pour essayer de calmer la rage ressentie par de nombreux citoyens romains». (afp/Newsnet)
Créé: 05.02.2012, 18h57
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