Libye: le gouvernement gagne du terrain à Tripoli

GuerreLes forces du gouvernement soutenu par l'ONU ont chassé mercredi des groupes rivaux de leurs fiefs dans la capitale.

Des forces de sécurité loyales au gouvernement libyen vont le V de la victoire dans le centre de Tripoli après des échanges à l'arme lourde contre des milices rivales. (Mercredi 15 mars 2017)

Des forces de sécurité loyales au gouvernement libyen vont le V de la victoire dans le centre de Tripoli après des échanges à l'arme lourde contre des milices rivales. (Mercredi 15 mars 2017) Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les forces loyales au gouvernement d'union nationale libyen (GNA) ont gagné du terrain à Tripoli en chassant mercredi des groupes rivaux de leurs fiefs, au prix de violents combats qui ont paralysé la ville.

La capitale libyenne, en proie à une insécurité chronique depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, est sous la coupe de dizaines de milices.

Le GNA, soutenu par les Nations unies, a obtenu le ralliement de certaines d'entre elles depuis son entrée en fonction en mars 2016, mais plusieurs secteurs de Tripoli sont toujours hors de son contrôle.

Violents combats

Mercredi, des forces loyales au gouvernement d'union ont pu chasser des groupes armés de leur quartier général, au sud du centre-ville, après des heures de violents combats, notamment à l'arme lourde, selon un témoin et une source de sécurité.

Mardi elles avaient lancé l'assaut sur un complexe d'une dizaine de villas luxueuses servant de siège à des milices fidèles à l'ancien chef d'un gouvernement non reconnu, Khalifa Ghweil, écarté du pouvoir à Tripoli après la formation du GNA.

«Les forces de Ghweil sont parties et les forces du GNA ont pris le contrôle du secteur», a indiqué mercredi à l'AFP un témoin sur place, faisant état d'«importants dégâts sur les bâtiments».

Une source de sécurité à Tripoli a confirmé l'information, sans être en mesure de donner le bilan d'éventuelles victimes.

Milices de Misrata

Selon des sources proches de Khalifa Ghweil, ce dernier a été blessé dans l'attaque, mais ses jours ne seraient pas en danger.

Khalifa Ghweil, qui a multiplié les gestes de défiance à l'encontre du GNA, est appuyé par des milices de sa ville natale de Misrata (ouest) ainsi que par d'autres groupes à Tripoli, basés notamment dans le sud de la capitale.

L'hôpital al-Khadhra, situé non loin des combats, a été touché par une roquette, sans faire de victime, selon un infirmier.

Le siège de la télévision privée al-Nabaa, connue pour ses orientations islamistes, a par ailleurs été attaqué par des inconnus dans la nuit, provoquant un début d'incendie et la suspension de la diffusion, selon des témoins. Ses programmes étaient toujours interrompus mercredi.

Offensive du maréchal Haftar dans l'Est

Mercredi Tripoli était toujours paralysée par les violences, pour le troisième jour consécutif. Les combats avaient commencé lundi soir dans les quartiers résidentiels et commerciaux de Hay al-Andalous et Gargaresh, dans l'ouest de la capitale, et d'autres affrontements avaient également eu lieu mardi dans ce secteur.

La direction de la police de Tripoli, dépendante du GNA, a précisé mercredi dans un communiqué que «les opérations sécuritaires et militaires qui se déroulent à Tripoli» visent «des groupes hors-la-loi qui déstabilisaient la sécurité et incitaient au chaos». «Il était (de notre) devoir de les éradiquer et de les combattre pour stabiliser la capitale», a ajouté la police.

Ce coup de force du GNA coïncide avec une offensive menée mardi, à plus de 700 km à l'est de Tripoli, par les forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort des autorités parallèles basées dans l'est libyen et qui conteste la légitimité du gouvernement d'union.

Les forces pro-Haftar ont réussi à reprendre rapidement le contrôle de deux sites pétroliers tombés début mars aux mains de groupes armés rivaux, les Brigades de Défense de Benghazi (BDB).

Echec lamentable

Le maréchal Haftar et le Parlement élu qui l'appuie accusent le GNA d'appuyer les BDB, composées notamment de combattants islamistes. Mais le gouvernement d'union nationale nie tout lien avec les violences dans le Croissant pétrolier.

Selon Mohamed Eljareh, chercheur à l'Atlantic Council, «ce qui se passe à Tripoli est dû à l'échec lamentable des arrangements de sécurité de l'Accord politique libyen négocié par l'ONU» en 2015 et qui a donné naissance le GNA.

«Aucune des dispositions prévues dans cet accord n'a été mise en oeuvre sur le terrain, dans la capitale. (...) L'escalade militaire est ainsi devenue la seule option viable pour résoudre le problème des milices et de l'insécurité» à Tripoli, dit-il. Mais une telle option «ne peut pas être considérée comme un succès en raison de l'impact sur les civils et les infrastructures», ajoute-t-il. (afp/nxp)

Créé: 16.03.2017, 01h00

Articles en relation

Des passeurs tuent une vingtaine de migrants

Libye Des migrants d'Afrique sub-saharienne ont été tués par des passeurs sur une plage en Libye après avoir refusé d'embarquer à bord d'un bateau. Plus...

Le procès du régime Kadhafi n'a pas été équitable

Libye Selon un rapport de l'ONU, publié mardi à Genève, un dossier d'accusation complet aurait pu clarifier les circonstances du soulèvement qui a abouti au décès de Muammar Kadhafi. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

«Roger Moore nous a fait faux bond», paru le 27 mai 2017.
(Image: Valott) Plus...