Syrie
Malgré la trêve, le sang continue de couler
Mis à jour le 13.04.2012 3 Commentaires
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Depuis l'entrée en vigueur jeudi matin de la trêve, les bilans marquent pourtant une nette rupture avec ces derniers mois, au cours desquels les tués se totalisaient par dizaines chaque jour.
A la faveur de l'accalmie, la communauté internationale examine l'envoi d'observateurs pour surveiller l'application sur le terrain du plan de l'émissaire international Kofi Annan, qui a réclamé vendredi un «accès humanitaire» en Syrie.
Depuis le début des violences en mars 2011, les autorités imposent des restrictions draconiennes à l'accès des journalistes et des humanitaires.
Appel lancé
Les militants et l'opposition ont dit vouloir faire de cette journée placée sous le slogan de «la Révolution pour tous les Syriens» un test pour le régime, qui a pendant plus d'un an essayé d'écraser la contestation dans le sang.
Le plan en six point de Kofi Annan prévoit, outre la cessation des hostilités, le retrait de l'armée des villes et le «droit de manifester pacifiquement». Damas a toutefois rappelé que toute manifestation devait être autorisée au préalable.
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a appelé à poursuivre la mobilisation pour obtenir la chute du président Bachar al-Assad.
«Le peuple veut la chute du régime» et «Nous allons voir les promesses d'Assad de cessez-le-feu», ont scandé des manifestants, qualifiant l'armée syrienne de «traître», selon des vidéos mises en ligne par des militants.
Plusieurs tirs
Plusieurs courants de l'opposition refusent tout dialogue avec Damas avant le départ de Bachar al-Assad, ce qui fait craindre aux analystes que le plan Annan ne se limite à son volet militaire en l'absence de réel dialogue politique.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état du décès de quatre manifestants tués par les forces de sécurité à Hama (centre), théâtre de manifestations géantes à l'été 2011, ainsi que dans les régions d'Idleb (nord-ouest) et de Deraa (sud).
Un cinquième civil a été tué par une balle perdue des forces de sécurité à Daraya, dans la banlieue de Damas, selon l'OSDH, qui a évoqué des défilés «plus importants que les semaines précédentes» dans la quasi-totalité des provinces du pays, en dépit d'un déploiement sécuritaire massif.
Par ailleurs, des combats à l'arme lourde ont eu lieu le matin à la frontière avec la Turquie, selon l'OSDH. «Des combats à la mitrailleuse lourde se déroulent à Khirbet al-Joz, située à la frontière turque, entre soldats du régime et déserteurs», a affirmé à Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, précisant qu'il s'agissait des premiers affrontements directs entre soldats et déserteurs depuis le début du cessez-le-feu.
Demande par Sarkozy
Pour la journée de jeudi, l'OSDH a fait état de 10 tués, dont sept civils. Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Kofi Annan a estimé que Damas n'avait techniquement pas respecté son plan mais que le fragile cessez-le-feu était «une chance à saisir», tandis que le chef des Nations Unies, Ban Ki-moon, a dit vouloir «envoyer une équipe d'observateurs le plus rapidement possible».
La Syrie a un besoin pressant d'«aide humanitaire massive»», a dit le général norvégien Robert Mood, chargé de préparer la mission des observateurs, affirmant qu'un million de Syriens manquaient de nourriture, de couvertures, d'eau.
Le président français Nicolas Sarkozy, assurant ne pas croire à la «sincérité» de Bachar al-Assad ni au cessez-le-feu, a estimé qu'il fallait «absolument déployer des observateurs», un avis partagé par les ministres des Affaires étrangères du G8.
Plus de 10'000 tués
Depuis mars 2011, les violences ont fait plus de 10'000 tués, selon l'OSDH, et poussé des dizaines de milliers de Syriens à fuir vers les pays voisins.
Damas affirme de son côté que les «terroristes à la solde de l'étranger» ont tué plus de 2500 policiers et militaires.
La Turquie a commencé à recevoir de l'aide internationale pour les réfugiés sur son territoire et la France a annoncé qu'elle envisageait d'envoyer une aide humanitaire à ceux réfugiés en Jordanie.
Moscou, grand allié de Damas, va déployer «en permanence» des navires de sa flotte près des côtes syriennes, a indiqué l'agence d'Etat Ria Novosti.
(ats/afp/Reuters/Newsnet)
Créé: 13.04.2012, 19h02
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3 Commentaires
Je ne comprends pas très bien ! Le titre de l'article dit " L'armée syrienne exécute ses déserteurs" et dans le contenu de l'article, je lis que deux soldats ont été abattus par des déserteurs ?! Répondre





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