Conflit syrien
Mort du journaliste français en Syrie: nos confrères suisses y étaient, ils racontent
Par Marion Moussadek . Mis à jour le 14.01.2012 1 Commentaire
«Un crime d'Etat». C'est par ce terme sans équivoque que Sid Ahmed Hammouche, journaliste au quotidien fribourgeois La Liberté, définit la mort du journaliste de France 2 survenue jeudi à Homs, en Syrie. Notre confère faisait partie du convoi, avec un autre journaliste suisse, de L'Hebdo, Patrick Vallélian. Ces deux habitués des terrains difficiles peinent à croire à la mort accidentelle du Français. Le Romand d'origine algérienne se confie dans les colonnes de son propre journal, ce jour.
«Dès l'arrivée à l'hôtel, j'ai senti une bizarre atmosphère chez les militaires qui nous attendaient», raconte Sid Ahmed Hammouche. Le convoi de journalistes francophones (français, belges et suisses) avait un visa officiel. Ce qui présuppose qu'ils étaient sous bonne escorte. Or, contrairement aux usages qui prévalent d'autant dans les régimes autoritaires, ils n'ont pas été accueillis par un responsable de la communication.
«En mission commandée»
Sur la route qui les mène à Homs, bastion rebelle, le convoi s'arrête. Des villageois témoignent ce que les rebelles leur font «endurer». Commentaire de Sid Ahmed Hammouche: «Ils semblaient en mission commandée. Je me suis dit: j'ai déjà vu pareille scène lorsque j'étais en Algérie».
A la première explosion, un militaire l'enjoint de se diriger vers l'impact. Il refuse. «Je me demandais pourquoi un type m'incite à aller dans cette direction». Au deuxième obus, «au lieu de nous entourer, les militaires se retirent et nous laissent seuls![...] Le chauffeur veut fuir. Je le lui interdis».
«Où sont les militaires censés nous protéger?»
La circulation routière est rapidement rétablie. «Je sens quelque chose de malsain. Après 4 obus seulement, pourquoi tout à coup rétablir le trafic? Où sont les militaires censés nous protéger?».
France Télévision a porté plainte pour homicide volontaire. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour homicide volontaire.
Si l'hypothèse d'un acte délibéré de Damas se confirme, l'Etat a réussi son coup: à peine arrivée jeudi, tous les journalistes francophones sont repartis de Syrie par un avion affrété par France Televisions. Qui ramenait également la dépouille de Gilles Jacquier. (Newsnet)
Créé: 14.01.2012, 09h24
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1 Commentaire
Assad avec l'aide de Poutine se détruit lui même. C' est ça la dictature. Répondre


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