Pékin ne veut pas voir de Taïwanais à Genève

OMSLa Chine a fait pression pour que les représentants de Taipei ne participent pas aux travaux l’Assemblée mondiale de la santé.

Image: Keystone

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Les représentants de Taïwan vont-ils pouvoir participer aux travaux de l’Assemblée mondiale de la santé qui s’ouvrent lundi à Genève? Des manœuvres diplomatiques de dernière minute sont en cours pour convaincre Pékin de lever son veto. Depuis, 2009, un compromis avait été trouvé (1). Les représentants de Taïwan étaient admis en tant qu’observateurs. Mais un nouveau raidissement dans les relations entre Pékin et Taipei a eu raison de ce fragile accord.

Contrairement aux années précédentes, l’OMS n’a pas invité Taïwan à participer aux travaux de l’Assemblée mondiale de la santé qui réunit tous les pays. Lors de son passage à Genève en janvier dernier et de son entrevue avec Margaret Chan, la directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le président chinois XI Jinping aurait fait pression pour que Taïwan soit tenu à l’écart de cette session. Une demande encore plus pressante depuis l’élection en mai 2016, de Tsai Ying-wen à la présidence taïwanaise. Cette avocate, membre du Parti démocrate progressiste, est sur une ligne moins conciliante que son prédécesseur. Elle s’oppose à l’idée défendue par Pékin qu’il n’existerait qu’«une seule Chine». Sa posture hérisse le poil du pouvoir chinois.

Les soutiens de Taïwan, parmi lesquels les Etats-Unis, le Japon, l’Australie, l’Allemagne, la France et le Canada, tentent bien de renverser la vapeur mais à trois jours de l’ouverture de l’Assemblée mondiale de la santé les tractations pour l’élection du successeur de Margaret Chan l’emportent sur tout le reste. Irriter Pékin est d’autant plus compliqué que le pouvoir chinois est bien décidé à peser de tout son poids dans cette élection pour y conforter son influence.

La mise à l’écart de Taïwan et de ses 23 millions d’habitants pourrait relever de l’anecdote si elle n’avait pas des conséquences sur le plan de la sécurité sanitaire. Les pandémies n’en ont cure des frontières. Malgré l’obstruction chinoise, le pouvoir taïwanais a annoncé qu’il allait tout faire, jusqu’à la dernière minute pour pouvoir assister, «même sans invitation» aux travaux de l’Assemblée mondiale de la santé.

(1) Depuis 1997, Taïwan, exclue de l’ONU et donc de l’OMS en 1971, tente, sous le nom de «République de Chine», d’être invitée en tant qu’observateur.

(24 heures)

Créé: 19.05.2017, 13h28

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