Un Vaudois s’engage dans la tourmente de Fukushima

JaponInstallé au Japon, Robin Schleiber, un jeune ingénieur, participe à des mesures citoyennes de radioactivité. Portrait.

Robin Schleiber, ingénieur lausannois de <nobr>27 ans</nobr>, et ses collègues prennent des mesures de radioactivité aux quatre coins du Japon.

Robin Schleiber, ingénieur lausannois de 27 ans, et ses collègues prennent des mesures de radioactivité aux quatre coins du Japon. Image: MARIE LINTON

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Tout commence au Tokyo Hacker Space, une maison associative dissimulée dans le sud de Tokyo. C’est là que Robin Scheibler, un Vaudois installé au Japon peu après la catastrophe de Fukushima, retrouve des dizaines d’autres bricoleurs et inventeurs un peu fous chaque mardi soir.

Des expatriés mais aussi des Japonais qui veulent utiliser la technologie à des fins citoyennes. Après le séisme du 11 mars, suivi de l’accident nucléaire de Fukushima, la bande du Tokyo Hacker Space retrousse ses manches. «On voulait faire quelque chose pour le nord-est du Japon en utilisant nos compétences», se souvient Robin Scheibler, 27?ans. Alors que les habitants de la région sinistrée du Tohoku sont privés d’électricité, les compagnons du Tokyo Hacker Space commencent par fabriquer une soixantaine de lanternes solaires pour leur permettre de s’éclairer le soir. En parallèle, ils s’associent aux membres du Safecast, une association globale fondée aux Etats-Unis peu après l’accident de Fukushima, pour prendre des mesures indépendantes de radioactivité.

Vieux compteurs Geiger
Ensemble, ils commencent par remettre des appareils de mesure de radioactivité à une trentaine d’habitants de Fukushima. Certains appareils sont de vieux compteurs Geiger récupérés de Russie. «On voulait montrer que les mesures de radioactivité n’étaient pas réservées aux spécialistes, et qu’elles pouvaient très bien être menées par des citoyens, explique cet ingénieur formé à Lausanne. Globalement, nos mesures corroborent celles du gouvernement et leur donnent du crédit.»

Mais les membres des deux associations comprennent vite que des mesures à la main n’allaient pas permettre de couvrir la plupart du nord-est du Japon en un temps raisonnable. Ils décident donc de fabriquer des appareils de mesure mobiles et de les embarquer dans une voiture. Les membres du Hacker Space et de Safecast se relaient pour prendre des mesures de radioactivité aux quatre coins du Japon. Robin Scheibler prend ainsi la route de Yamagata, dans le nord du Japon, et à Yokohama, en banlieue de Tokyo.

Pas froid aux yeux
Il profite aussi de ses escapades à vélo dans la capitale – son mode de déplacement privilégié - pour embarquer l’appareil avec lui. «Nous ne sommes ni pro, ni antinucléaire, mais prodonnées, explique-t-il. Le problème avec la radioactivité, c’est le manque d’information. C’est surtout cela qui fait que les gens ont peur. Les mesures permettent d’évaluer les risques.»

Comment un citoyen suisse s’est-il retrouvé au cœur de la tourmente nippone? A la base, Robin Scheibler n’était pourtant pas un passionné du Japon. Plutôt un fan de montagne et de telemark. Il profite toutefois des six mois de stage à l’étranger proposés par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne pour travailler dans une entreprise nippone et découvrir le Japon. Le pays lui plaît. Une jeune japonaise aussi.

Robin retourne donc travailler chez NEC, un géant japonais de l’informatique et de la télécommunication, à la fin 2010. Soit quelques mois avant la catastrophe. Ses piercings et ses cheveux longs qui détonnent avec le style austère qui prévaut dans les entreprises japonaises sont bien acceptés. «Dans mon labo de recherche, les gens sont plutôt cool», rassure-t-il.

Le garçon n’a pas froid aux yeux. Après la catastrophe qui a fait fuir une grande majorité des étrangers, Robin Scheibler n’est rentré que dix jours en Suisse. Et encore, le voyage était prévu de longue date. «J’ai simplement avancé mon départ de deux jours parce que mes parents étaient inquiets. Mais je n’ai jamais pensé annuler mon billet de retour pour revenir au Japon.» (24 heures)

Créé: 05.01.2012, 07h07

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