Pakistan
Un an après la mort de Ben Laden, l'extrémisme prospère
Mis à jour le 30.04.2012 2 Commentaires
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Un an après, la mort d’Oussama Ben Laden n’a pas donné de coup d’arrêt à la montée de l’extrémisme au Pakistan, bien au contraire: profitant de la mansuétude des autorités, les "petits frères" locaux d’Al-Qaïda menacent de plus en plus l’équilibre précaire de la société.
Le commandement traditionnel d’Al-Qaïda dans la région, concentré notamment dans les zones tribales pakistanaises du nord-ouest, le long de la frontière afghane, a été selon nombre d’observateurs très affaibli par la campagne de tirs de drones américains, qui se sont multipliés à partir de 2008.
Mais l’idéologie du réseau, fondée sur le mythe de la résistance du peuple musulman face à l’impérialisme américain, et appelant à punir tous ceux soutiennent Washington, trouve toujours de l’écho dans un pays plombé par la crise économique et la faiblesse de son pouvoir politique.
Représailles sanglantes
Ces dernières années, elle a été relayée dans le pays par des groupes armés extrémistes sunnites tels que le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) ou le Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), alliés à Al-Qaïda et auteurs de multiples attaques sanglantes à travers le pays. Dans les jours qui avaient suivi la mort de Ben Laden, le TTP avait ainsi multiplié les attaques sanglantes en représailles.
Pour l’analyste et général à la retraite pakistanais Talat Masood, "cette nébuleuse de sous-groupes qui créent le chaos par des attaques sectaires ou ethniques et leurs mafias en lutte pour le contrôle de poches du territoire est la principale menace" qui pèse sur le pays.
L’universitaire française Mariam Abou Zahab, spécialiste de ces groupes extrémistes, souligne l’importance historique du raid sanglant mené en juillet 2007 par les autorités contre la Mosquée Rouge d’Islamabad, où étaient retranchés nombre de ces militants extrémistes.
Cette répression a notamment resserré les liens entre les talibans pachtounes du nord-ouest et les extrémistes issus des groupes armés du Pendjab comme le LeJ. Ces groupes se sont rapprochés d’Al-Qaïda et ont multiplié ensemble les attentats à travers tout le pays, affaiblissant, comme l’organisation de Ben Laden le veut, l’Etat pakistanais, allié clé des Etats-Unis dans la région.
Violences sectaires en hausse
Le nombre d’attentats talibans a largement baissé ces deux dernières années, notamment en raison des drones et de l’armée pakistanaise dans le nord-ouest. Mais les violences sectaires entre sunnites et chiites se multiplient avec, au premier rang des suspects d’attaques antichiites, le LeJ et ses alliés.
Pour Mme Abou Zahab, "ces groupes sectaires sont aujourd’hui un plus grand péril pour le pays que les talibans, car ils minent la société de l’intérieur".
La radicalisation des positions dues au conflit avec les Etats-Unis dans l’Afghanistan voisin, l’influence d’Al-Qaïda et l’activisme public des partis religieux conservateurs ont rendu ces dernières années la société pakistanaise plus conservatrice, note Talat Masood.
Selon lui, les libéraux et modérés ont été marginalisés, et la classe politique, faible, n’a pas su offrir d’alternative pour contrer cette montée de l’intolérance.
Il cite en exemple l’échec du gouvernement à réduire la pauvreté persistante dans les terres tribales du nord-ouest, qui a permis aux talibans et à leurs alliés d’Al-Qaïda d’y établir des bastions, de recruter et d’y sceller des alliances pour suivre ensemble les directives pan-islamistes d’Al-Qaïda.
Écoles coraniques
Nombre de ces groupes extrémistes, tels que le Lashkar-e-Taïba, groupe penjabi accusé d’avoir perpétré les sanglants attentats de Mumbai en 2008, possèdent par ailleurs des officines d’aide au plus démunis qui prennent dans certaines zones le relais de l’Etat défaillant, distillant au passage leur idéologie.
Enfin, "ils dirigent des centaines madrasas (écoles coraniques) qui accueillent les jeunes enfants, notamment pauvres", un secteur là aussi négligé par l’Etat, souligne l’analyste pakistanais Imtiaz Gul.
Plusieurs fois victime de spectaculaires attentats perpétré par ces groupes, l’armée pakistanaise, considérée comme l’institution la plus puissante du pays, semble reconnaître de plus en plus la dimension multiple du problème.
Son chef, le général Ashfaq Kayani, a ainsi récemment souligné que la sécurité du pays n’était pas liée qu’aux seules questions de défense, mais également au développement et à l’intégration de toutes les composantes de la société. (afp/Newsnet)
Créé: 30.04.2012, 07h04
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2 Commentaires
Je considère que l'on fait beaucoup trop de publicité à l'extrémisme et celui-ci progresse comme la vente d'un produit que vous voyez cent fois vanter les qualité à la télévision!Cette manière de faire est contraire à la morale qui voudrait que on parle moins des "exploits macabres" de ces groupes extrémistes, qui tuent sans compter n'importe où des innocents et souvent des civils et des enfants! Répondre
Question estrémisme, mon cher J.F., quelle est la différence entre la terreur guerrière maintenue par nos Amis, avec de l'uranium apprauvri et l'Agent orange, les drones qui tuent des milliers d'innocents, une CIA qui soutient activement les pires dictatures, et ces fana islamistes ? Du moins, ces derniers sont chez eux... Répondre
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