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Youssou N'Dour: « Je suis prêt à mourir pour mon pays »
Interview: Lemine OULD M. SALEM. Mis à jour le 22.02.2012 2 Commentaires
Bien que la candidature de Youssou N'Dour a été rejetée, l’artiste est bien décidé à poursuivre le combat pour obtenir le départ du chef de l’Etat sortant. Le scrutin est prévue dimanche prochain.
Vous être aujourd’hui l’une des principales figures du front de l’opposition contre la candidature controversée du président Abdoulaye Wade. Pourquoi avoir décidé de vous engager en politique ?
Le Sénégal était jusqu’ici un exemple de démocratie en Afrique. Or depuis quelques années, le pays glisse sur une pente dangereuse. La constitution qui sert de contrat entre l’Etat et les citoyens est bafouée. L’affairisme, la corruption et l’enrichissement illicite se généralisent. Des individus, n’ayant jamais fait le moindre effort pour gagner dignement leur vie deviennent du jour au lendemain des milliardaires, tandis que d’autres ayant passé leur vie à travailler durement arrivent à peine à se nourrir. Devant ce constat, en tant que leader d’opinion, j’avais le choix entre deux alternatives : soit le silence soit l’engagement. J’ai choisi le second, parce que ma conscience m’interdisait de faire autrement,
Pourquoi avoir voulu vous présenter vous-même à la présidence, alors que vous auriez pu soutenir un des nombreux opposants, surtout que vous manquez d’expérience politique ?
A ce que je sache, personne n’a jamais subi une formation pour être chef d’Etat. J’ai suffisamment d’expérience de la vie et des hommes pour penser que j’ai les aptitudes de diriger le Sénégal. Je côtoie, observe et discute avec les hommes de pouvoir depuis plus de trente ans. Pas seulement au Sénégal, mais partout dans le monde. Cela dit, j’aurais bien pu ne pas me présenter et soutenir quelqu’un d’autre, mais deux raisons ont rendu cette hypothèse impossible : d’abord le refus de la classe politique sénégalaise d’écouter les différents messages que je n’ai cessé de lui envoyer ces dernières années. Ensuite, la forte demande d’une très grande partie des mes concitoyens, issus de tous les milieux sociaux, qui m’ont supplié de me présenter moi-même. Hélas, le pouvoir en a décidé autrement, en suscitant le rejet de ma candidature, parce qu’il savait que j’étais le mieux placé pour remporter cette élection.
Le recours que vous avez introduit contre le rejet de votre candidature a été rejeté par le Conseil constitutionnel. Que comptez-vous faire maintenant ?
Comme je le fais tous les jours en descendant dans la rue avec mes partisans et les autres militants de l’opposition, je continuerai à me battre pour obtenir le départ du président Abdoulaye Wade, quitte à ce que cela me coûte la vie. Je tiens tellement à ce pays que je suis prêt à me sacrifier pour le préserver tel que je l’ai toujours connu : un pays démocratique, stable et ouvert sur le monde. Et croyez-moi, on y arrivera. Les Sénégalais ne se laisseront jamais faire, comme ils sont en train de le prouver tous les jours. Malgré la répression qui a déjà fait plusieurs morts, nous continuerons à nous battre pour empêcher un troisième mandat illégal du président Wade et préserver la seule richesse qui nous avons toujours eue : la démocratie, qui, à mes yeux, plus que toute autre richesse vaut tous les combats. Raison pour laquelle, j’appelle d’ailleurs la communauté internationale à venir au secours du Sénégal.
Vous demandez donc une intervention de la communauté internationale dans la crise actuelle que vit le Sénégal ?
Je suis très soucieux du principe de souveraineté des Etats, surtout le mien. J’ai vu ce que ce que les ingérences étrangères peuvent produire comme dégâts dans certains pays, et je n’en veux pas pour le Sénégal. J’ai vu aussi ce que l’indifférence de la communauté internationale peut provoquer comme situation. Ce que je veux est simple : que nos partenaires étrangers de prennent une position très claire sur ce qui se passe au Sénégal. Je souhaite qu’ils disent sans détour au président Abdoulaye Wade qu’il doit se retirer du pouvoir et laisser les Sénégalais se choisir librement celui qu’ils veulent les diriger. Il ne faut pas qu’un jour, ils soient obligés de dire qu’ils n’avaient pas pris la mesure de la gravité de la crise que traverse aujourd’hui le Sénégal. C’est l’un des rares pays africains où, en dépit des difficultés, la démocratie a toujours fonctionné. Laisser le modèle sénégalais sombrer serait participer au meurtre de l’idéal démocratique en Afrique.
Vos adversaires affirme que votre mouvement politique est financé par un opérateur de téléphonie suisse qui lorgne sur une licence au Sénégal. Est-ce vrai ?
Ce n’est pas la première fois que je suis victime de ce genre d’accusations. Lorsque je lançais ma chaine de télévision, on m’a accusé d’être financé par l’homme d’affaires français Vincent Bolloré et aujourd’hui on parle de Suisses. Je défie quiconque qui peut prouver la présence du moindre sou étranger dans mes différentes activités. Mon mouvement est une initiative, citoyenne qui est financé exclusivement par des Sénégalais.
Lemine OULD M. SALEM (24 heures)
Créé: 23.02.2012, 07h23
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2 Commentaires
Êtes vous sur de votre photo??? Youssou principale figure de l'opposition ?? Relisez vos dossiers, cher ami, ces erreurs décrédibilisent l'ensemble de votre article. Répondre
Russie, US, France, Coré du Nord, Sénégal etc les mêmes stratégies pour "dynastiser" le pouvoir en empêchant des outsiders de bousculer la caste établie. Que ce soit par le bipartisme ou par les règles d'inscriptions des candidats le but visé est le même. Des pratiques fallacieuses qui risquent d'annoncer des grands évènements. Répondre


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