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Printemps arabe

L'Egypte vit une élection historique

Mis à jour le 23.05.2012 3 Commentaires

Les Egyptiens élisaient mercredi un successeur au président déchu Hosni Moubarak, dans un scrutin historique âprement disputé par douze candidats après des décennies d'élections acquises à l'ancien régime.

Les Egyptiens se sont bousculés au bureau de vote après le coucher du soleil.

Les Egyptiens se sont bousculés au bureau de vote après le coucher du soleil.
Image: AFP

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L'issue du vote de l'élection présidentielle est cruciale pour l'orientation que prendra le pays le plus peuplé du monde arabe, avec quelque 82 millions d'habitants, partagé entre la tentation islamiste et celle d'une normalisation incarnée paradoxalement par des personnalités de l'ère Moubarak.

Les principaux prétendants sont le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, l'islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak Ahmad Chafiq, l'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

La participation, qui semblait moins importante qu'attendu pendant la journée, était en forte hausse après le coucher du soleil et la baisse de la température, selon des correspondants.

«Revenir demain»

La fermeture des bureaux de vote a été repoussée d'une heure à 21h au lieu de 20h, a annoncé la télévision d'Etat. Et le vote s'étale sur deux jours.

Dans le quartier populaire de Sayyeda Zeinab, des policiers assurant la sécurité d'un des bureaux de vote ont demandé aux électeurs qui y ont afflué dans la soirée de «revenir demain».

A l'aube, des files d'attente s'étaient formées dans une ambiance bon enfant avant même l'ouverture des 13'000 bureaux de vote à 8h, placés sous la protection d'un important dispositif militaire et policier.

«C'est un jour merveilleux pour l'Egypte. Aujourd'hui, je sens que mon pays et ma dignité m'ont été rendus», a affirmé avec émotion Nehmedo Abdel Hadi, une femme de 46 ans portant le niqab (voile intégral), devant un bureau de vote du quartier populaire de Chobra, au Caire.

«S'il n'y avait pas eu la révolution, nous serions en train de féliciter Gamal Moubarak sur sa victoire électorale aujourd'hui», a dit une autre électrice, Dalia Gamal, en allusion au fils et probable héritier de l'ancien président.

12 candidats

Plus de 50 millions d'électeurs sont appelés à choisir entre 12 candidats: islamistes, laïcs, de gauche ou libéraux, partisans de la «révolution» ou anciens responsables du régime Moubarak.

Les résultats du premier tour doivent être annoncés en principe le 27 mai. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue, un second tour est prévu les 16 et 17 juin.

«Deux types de vote sont en concurrence: le vote islamiste et le vote pour la stabilité», a affirmé Hicham Kassem, un commentateur politique. «Toutes les combinaisons sont possibles pour le second tour».

Moussa et Chafiq pourraient compter sur le vote de ceux qui «veulent un retour à la normale» après 15 mois d'une transition mouvementée, estime Hicham Kassem.

A Chobra, un quartier populaire du Caire, de nombreux chrétiens disaient voter pour Ahmad Chafiq. «Que Dieu nous protège si les islamistes arrivent au pouvoir et contrôlent à la fois le Parlement et la présidence», confiait l'un d'eux, Nassim Ghaly.

«Silence électoral»

Mais Ahmad Chafiq, ancien général abhorré par les partisans de la «révolution», a été la cible de jets de chaussures à la sortie d'un bureau de vote, où une foule criait «A bas les fouloul», terme péjoratif utilisé par les Egyptiens pour évoquer les restes de l'ancien régime.

Malgré l'obligation de respecter le «silence électoral», des candidats ont continué à donner des interviews pour appeler leurs partisans à voter pour eux et dénoncer leurs rivaux.

Farouk Soltane, le chef de la commission électorale, a déclaré lors d'une conférence de presse avoir renvoyé les violations devant le Parquet général.

Le Conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Moubarak, très critiqué pour sa gestion de la transition, émaillée de violences, s'est engagé à remettre le pouvoir au nouveau président avant la fin juin.

De nombreux analystes estiment toutefois que l'armée, épine dorsale du système depuis la chute de la monarchie en 1952 et qui détient un patrimoine économique considérable, restera un acteur important de la vie politique.

Les pouvoirs du prochain président sont pour l'instant très imprécis, la Constitution en vigueur sous Hosni Moubarak ayant été suspendue et la rédaction de la nouvelle étant au point mort.

S'il n'est pas islamiste, le président devra également composer avec un Parlement dominé par les Frères musulmans et les fondamentalistes salafistes.

Il devra aussi faire face à une situation économique préoccupante, combinant les inégalités sociales extrêmes héritées de l'ancien régime et le fort ralentissement de l'activité, notamment dans le secteur touristique, depuis la révolte. (ats/Newsnet)

Créé: 23.05.2012, 19h02

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3 Commentaires

J.C. Simonin

23.05.2012, 10:42 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Le retour à la Charia est pratiquement impossible en Egypte, car le tourisme y joue un role bien trop important. pour le reste, il n'existe aucun reproche que l'on pourrait adresser à un Musulman, qu'il ne pourrait nous retourner séance tenante, si l'on considère l'état de notre société il y a seulement 50 ans en arrière. Ces gens passeront par la même évolution que nous, bon gré, mal gré Répondre


Jean-François Chappuis

23.05.2012, 07:26 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

Ces élections risque de basculer l'Egypte dans le passé! Ce que j'ai pu constater sur place c'est vraiment un grand retour en arrière avec l'islamisation pure et dure menée par les Frères Musulmans, dont leur candidat a promis le retour à la charia! Les militaires sont très présents et ont repris le pays en main après le printemps Egyptien du 25 janvier 2011, déclenché par mobiles par les jeunes! Répondre



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