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Intervention française au Mali

«Les Français nous ont vraiment sauvés!»

Mis à jour le 12.01.2013 4 Commentaires

Les habitants de Bamako saluent l'«initiative salutaire» de Paris. L'intervention militaire française a en effet permis à l'armée malienne de stopper l'avancée des jihadistes vers le sud du Mali.

Briefing des soldats français à N'Djamena, au Tchad.

Briefing des soldats français à N'Djamena, au Tchad.
Image: AFP

Mesures antiterroristes renforcées en France

Le président François Hollande a annoncé samedi avoir ordonné un renforcement, «dans les meilleurs délais» des mesures antiterroristes en France. Cette décision a été prise après l'intervention de l'armée française au Mali contre des groupes islamistes armés.

Il faut «prendre toutes les précautions nécessaires ici» face à la menace terroriste, et faire «procéder à la surveillance de nos bâtiments publics et de nos infrastructures de transport», a déclaré le président français lors d'une allocution à l'Elysée après une réunion du conseil de défense.

«J'ai donc demandé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault de renforcer le plan Vigipirate pour procéder à la surveillance de nos bâtiments publics et de nos infrastructures de transport. Il fera en sorte que ces instructions puissent être exécutées dans les meilleurs délais», a ajouté M. Hollande.

Ce plan compte quatre niveaux d'alerte. Le niveau rouge implique de «prendre des mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré de plusieurs attentats graves». Quand il passe à «écarlate», il vise à «prévenir le risque d'attentats majeurs, simultanés ou non».

Vigipirate est au niveau rouge sans discontinuer depuis le 7 juillet 2005. Près de 1200 militaires sont à ce titre déployés en permanence sur le territoire français pour sécuriser le territoire aux côtés de la gendarmerie, la police et la douane.

Auparavant, le groupe rebelle islamiste Ansar Dine avait menacé Paris des «conséquences» de son intervention à Konna pour les huit otages français retenus dans la zone du Sahel, mais aussi pour «tous ses ressortissants à travers le monde musulman».

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«Les Français nous ont vraiment sauvés!», affirme Moussa Touré, un habitant de Bamako, après l'intervention militaire française ayant permis à l'armée malienne de stopper l'avancée des jihadistes vers le sud du Mali. «Je remercie très sincèrement la France de cette initiative salutaire», renchérit Aliou Daou, un autre Bamakois.

«Les islamistes allaient progresser rapidement vers nous sans l'intervention de l'armée française», explique Moussa, la trentaine, discutant avec des jeunes autour d'un thé, à l'ombre d'un mur, dans le quartier de Ntomikorobougou.

Pour M. Daou, l'implication militaire de la France vient «à un moment crucial» pour le Mali, dont le Nord est en 2012 un sanctuaire pour les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda, qui l'occupent depuis neuf mois en y appliquant la charia (loi islamique).

Après avoir pris jeudi à l'armée malienne la ville de Konna (centre), ils ont déclaré vouloir progresser et installer leur emprise sur le Sud, sous contrôle gouvernemental, mais ont été stoppés par l'armée malienne avec l'appui, aérien notamment, de la France. Konna était samedi sous contrôle des forces maliennes, selon des militaires maliens et des témoins.

Preuve de «bonne foi»

«Certains hommes politiques avaient (fait) un mauvais jugement sur la France, qui prouve sa bonne foi en envoyant des troupes aux côtés de l'armée malienne», commente Abdoulaye Coulibaly, 42 ans, comptable dans une société de commerce.

Sur le Boulevard de l'Indépendance, point névralgique des manifestations politiques dans le centre de la capitale, un jeune vendeur de cartes de recharge de téléphone s'exclame: «Merci (François) Hollande!», le président français.

Dans la circulation, quelques drapeaux français sont visibles, accrochés à des voitures. Dans les rues, des passants ont l'oreille collée à la radio pour suivre les dernières informations.

Décidée suite à la demande des autorités de Bamako, l'intervention militaire aérienne française à Konna a permis de stopper vendredi la progression vers le Sud des islamistes armés.

Plusieurs Maliens, des militaires notamment, s'étaient déclarés hostiles à la participation de troupes étrangères dans la reconquête du nord du Mali, malgré l'état de déliquescence de l'armée malienne. Intervenus seuls en milieu de semaine à Konna, les militaires maliens ont été contraints au repli par les jihadistes, selon des sources concordantes.

L'intervention française est «conforme à la légalité internationale et dans la ligne de l'amitié entre la France et le Mali. M. Hollande a fait ce que les Maliens attendaient» de lui, a estimé l'opposant et ex-Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta sur l'antenne de Radio France Internationale (RFI).

Conséquences de la guerre en Libye

Un autre Bamakois, tenant à garder son anonymat, soutient que les islamistes ont pu s'emparer de villes et localités du Mali par la faute des «Occidentaux», en allusion à la guerre de Libye en 2011 à l'issue de laquelle des islamistes ayant combattu aux côtés des troupes libyennes sont revenus du front avec des armes.

Celles-ci ont été plus tard utilisées contre l'armée malienne dans le nord du pays. «Ce sont les Occidentaux qui nous ont plongé dans cette situation», accuse-t-il, trouvant normale l'intervention de la France.

Au Mali, «la France n'a pas à assurer elle seule le service après-vente de la guerre en Libye, les Etats-Unis et l'OTAN doivent aussi se salir les mains» en se joignant à l'intervention, s'emporte un internaute malien.

Pour Aïssata Cissé, une restauratrice au Quartier du Fleuve, l'heure est à l'union autour de l'armée. «Tous les Maliens doivent oublier leur ego pour encourager nos soldats à libérer le Nord», déclare-t-elle.

Le calme régnait samedi dans la capitale, où l'état d'urgence est en vigueur depuis la veille, et où des agents de police étaient visibles à certains carrefours. (ats/Newsnet)

Créé: 12.01.2013, 19h55

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4 Commentaires

Fabienne Guinnard

13.01.2013, 10:28 Heures
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"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. Voltaire" ...il semble, au vu de la censure de certains lecteurs, ou du modérateur, qu'on ait peur de lire certaines choses... Répondre


Jean Lukas

13.01.2013, 09:58 Heures
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Le titre de l'article est "les Français nous ont vraiment sauvés" mais pour beaucoup de lecteurs du Matin, ce sont quand même les Français qui ont le mauvais rôle et il aurait mieux valu laisser les sud Maliens se débrouiller avec les islamistes. Répondre



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