Election présidentielle
Sous tension, l'Egypte a voté
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Les bureaux de vote pour le dernier tour de la première présidentielle depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 ont fermé dimanche à 22h00 locales (20h00 GMT), soit deux heures plus tard que prévu, selon la télévision d'Etat.
Les premiers résultats officiels sont attendus jeudi 21 juin. «L'affluence est inférieure de beaucoup à celle enregistrée au premier tour», où elle avait été de 46%, a déclaré Hatem Bagato, le secrétaire général de la commission électorale lors d'une conférence de presse, peu avant la fermeture des bureaux de vote.
«Nous ne savons pas comment l'expliquer. Nous aurions préféré que le taux de participation soit plus élevé», a-t-il reconnu. L'ouverture du scrutin a pourtant été prolongée dimanche soir pour permettre aux électeurs incommodés par les grandes chaleurs d'aller voter.
M. Bagato a fait état de quelques infractions durant le vote. «Des délégués des deux candidats essayant d'influencer des électeurs ont été arrêtés», a-t-il dit. Il a aussi fait état de la découverte de carnets de bulletins de vote déjà cochés et de l'arrestation de trois responsables électoraux qui cochaient des bulletins.
Les quelque 50 millions d'électeurs égyptiens étaient appelés à choisir entre le Frère musulman Mohammed Morsi et le dernier Premier ministre du président déchu Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, arrivés en tête lors du premier tour les 23 et 24 mai dernier.
Conférence de presse lundi
La télévision égyptienne n'a pas précisé la teneur de la «Déclaration constitutionnelle complémentaire» promulguée par l'armée, qui, selon des sources militaires, prévoit notamment que le conseil militaire qui dirige le pays assure le pouvoir législatif et budgétaire après la dissolution de l'Assemblée officialisée samedi.
Toujours selon la télévision d'Etat, une conférence de presse est prévue à ce sujet lundi matin. Le président de l'Assemblée égyptienne, Saad al-Katatni, issu des Frères musulmans, avait auparavant rejeté toute idée que l'armée puisse reprendre le pouvoir législatif.
«Nous avons informé le Conseil suprême des forces armées (CSFA) de notre rejet catégorique de la déclaration constitutionnelle complémentaire car cela porte atteinte au droit de la Chambre élue à légiférer», a expliqué M. al-Katatni dans un communiqué.
Confiscation du pouvoir législatif
Le CSFA, qui dirige le pays depuis le départ d'Hosni Moubarak en février 2011, a annoncé samedi la dissolution de l'Assemblée, après une décision de justice déclarant illégale la loi ayant régi l'élection des députés.
Selon des sources militaires, cette Déclaration constitutionnelle complémentaire devrait permettre au CSFA de s'attribuer de facto «le pouvoir législatif et le contrôle des budgets de l'Etat» tant que de nouveaux députés n'auront pas été élus.
Ces prérogatives législatives, assumées par le CSFA depuis février 2011, avaient été transférées une année plus tard au Parlement issu des législatives qui avaient vu un raz-de-marée islamiste. (ats/Newsnet)
Créé: 17.06.2012, 23h26
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