Le nouvel enquêteur qui agace Donald Trump

Etats-UnisRobert Mueller, un ex-patron du FBI, mènera l’enquête sur le Kremlingate. Le président évoque une «chasse aux sorcières».

Donald Trump a critiqué la nomination de Robert Mueller, un ancien directeur du FBI, au poste de procureur spécial chargé de l’enquête sur les liens potentiels de son entourage avec le Kremlin

Donald Trump a critiqué la nomination de Robert Mueller, un ancien directeur du FBI, au poste de procureur spécial chargé de l’enquête sur les liens potentiels de son entourage avec le Kremlin Image: AP

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Donald Trump tente de s’extirper de l’étreinte des scandales à répétition depuis qu’il a renvoyé James Comey, le patron du FBI, le 9 mai dernier. Le président des Etats-Unis a critiqué jeudi la nomination de Robert Mueller, un ancien directeur du FBI, au poste de procureur spécial chargé de l’enquête sur les liens potentiels de son entourage avec le Kremlin. «C’est la plus grande chasse aux sorcières d’un politicien de l’histoire américaine!» a-t-il écrit sur Twitter après s’être plaint dans un autre tweet qu’un procureur spécial n’avait jamais été nommé pour enquêter sur les «activités illégales» de la campagne de Hillary Clinton et de l’administration Obama.

Fausse sérénité

Cette nouvelle assertion sans preuves de Donald Trump témoigne de son agacement face à une nomination qui a pris la Maison-Blanche par surprise mercredi soir. Selon les médias américains, l’administration Trump n’avait pas été prévenue de la décision de Rod Rosenstein, le numéro 2 du Département de la justice, de confier à Robert Mueller l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine. La Maison-Blanche a tenté de projeter l’image d’un président serein et calme face à cette nouvelle. Peu après l’annonce, elle a publié un communiqué dans lequel le président disait se «réjouir» d’une conclusion rapide de l’enquête et affirmait que celle-ci ne trouverait aucune collusion entre son équipe de campagne et la Russie.

Robert Mueller, un ancien procureur âgé de 72 ans, a dirigé le FBI pendant douze ans. Il avait été nommé par George W. Bush pour un mandat de dix ans une semaine avant les attentats du 11-Septembre. Il avait été conservé à son poste deux ans de plus par Barack Obama, avant d’être remplacé en 2013 par James Comey. Robert Mueller est connu pour son indépendance et jouit d’une excellente réputation aussi bien auprès des républicains que des démocrates.

Sa nomination est une victoire pour l’opposition démocrate, qui la réclamait depuis longtemps. La semaine dernière, Rod Rosenstein avait rejeté les appels en faveur d’une nomination d’un procureur spécial, mais les événements se sont accélérés au fil des révélations des médias américains. Le Washington Post a d’abord écrit lundi que Donald Trump avait transmis des informations top secrètes à une délégation russe présente la semaine dernière à la Maison-Blanche. Le New York Times a emboîté le pas en révélant mardi que Donald Trump avait demandé à James Comey de classer l’enquête du FBI sur les liens de Michael Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale, avec la Russie.

Etrange conversation

Les révélations se sont poursuivies mercredi. Selon le New York Times, l’entourage de Donald Trump savait que Michael Flynn faisait l’objet d’une enquête avant sa nomination au poste de conseiller à la sécurité nationale. Mais cela n’avait pas empêché Donald Trump de plébisciter Michael Flynn. L’ancien général avait finalement été renvoyé le 13 février pour avoir menti sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis. Les sénateurs qui mènent l’enquête parlementaire sur la Russie ont révélé jeudi que Michael Flynn n’avait pas répondu à leurs demandes de coopération.

«Les remous ne nous aident pas à avancer, mais nous continuons à le faire», a assuré Paul Ryan jeudi matin lors d’une conférence de presse. L’entourage du président républicain de la Chambre des représentants a néanmoins été ébranlé par une autre révélation du Washington Post. Kevin McCarthy, le numéro 2 de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, avait été enregistré le 15 juin 2016 lors d’une conversation avec d’autres députés conservateurs, dont Paul Ryan. «Je pense que Poutine paie deux personnes», avait-il affirmé ce jour-là à propos du président russe. «Rohrabacher (ndlr: un élu conservateur qui défend avec ferveur la Russie) et Trump». Kevin McCarthy s’est défendu mercredi soir en assurant qu’il s’agissait d’une «mauvaise plaisanterie».

(24 heures)

Créé: 18.05.2017, 22h56

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