Syrie
Pas de massacre à Treimsa selon Damas
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Le Comité international de la Croix-Rouge a confirmé dimanche qu'il considérait le conflit en Syrie comme une guerre civile, une classification permettant selon le CICR de faire valoir le droit international humanitaire dans tout le pays.
"Nous parlons désormais d'un conflit armé non international" intérieur à la Syrie, a expliqué le porte-parole du CICR, Hicham Hassan. Jusqu'à présent, ajoute-t-il, le CICR estimait que cette définition concernait trois zones de combats en Syrie, Idlib (nord), Homs et Hama (centre).
Mais "les hostilités se sont étendues à d'autres zones du pays" et le "droit international humanitaire s'applique à toutes les zones où ont lieu des hostilités", a précisé M. Hassan.
Les Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels pourraient donc à ses yeux s'appliquer à la situation en Syrie, où les affrontements entre le régime alaouite et les insurgés ont fait selon l'opposition plus de 17.000 morts depuis le début du soulèvement en mars 2011.
Les lois internationales en vigueur n'empêchent pas les parties à un conflit armé intérieur de recourir à la force pour atteindre leurs objectifs, mais toute attaque sur des civils (meurtre, torture, viol) ou des prisonniers pourra être poursuivie comme un crime de guerre.
Le droit international humanitaire (DIH), explique le CICR, est un ensemble de règles qui cherchent à limiter les effets des conflits armés. Il protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux combats et restreint les moyens et méthodes de guerre.
Le DIH, également appelé "droit de la guerre" et "droit des conflits armés", ne détermine pas si un Etat a ou non le droit de recourir à la force. Cette question est régie par une partie distincte du droit international, contenue dans la Charte des Nations unies.
En Russie, en Iran
Dans l'espoir de redonner un élan diplomatique à son plan de paix, qui n'a jamais eu d'effet sur le terrain, Kofi Annan est attendu lundi à Moscou, où il doit rencontrer mardi le président russe Vladimir Poutine, selon le Kremlin.
La Russie résiste fermement à toute forme d'intervention extérieure en Syrie et a bloqué jusqu'à présent tour projet de résolution condamnant la répression.Une visite de Ban Ki-moon est prévue aussi la semaine prochaine en Chine, autre soutien de Damas auquel le secrétaire général de l'ONU a demandé «d'user de son influence» pour faire appliquer le plan Annan.
L'Iran, principal allié de Damas dans la région, s'est dit prêt à organiser à Téhéran une rencontre entre le gouvernement syrien et l'opposition pour tenter de dénouer le crise.
A New York, le blocage reste total entre les pays occidentaux et la Russie, principal soutien du régime, les deux parties s'opposant sur deux projets de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, l'un menaçant Damas de sanction et l'autre non.
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Accusé par l'émissaire international Kofi Annan d'avoir utilisé l'artillerie lourde à Treimsa, sur la base des conclusions des observateurs de l'ONU, Damas a nié tout recours aux hélicoptères ou aux chars dans son opération contre des «terroristes» dans cette localité sunnite du centre du pays.
L'armée a «utilisé des transports de troupes de type BMB, des armes légères dont des RPG (...) Parler de recours à l'artillerie lourde est totalement infondé», a affirmé Jihad Makdessi, parole-parole du ministère des Affaires étrangères.
Estimant que M. Annan s'était «précipité» et ne s'était pas «basé sur les faits», le parole-parole a assuré qu'il n'y avait «pas eu de massacre» à Treimsa et que seuls cinq bâtiments avaient été attaqués.
«Ce n'était pas une attaque de l'armée contre des civils, mais des combats entre l'armée régulière et des groupes armés», a-t-il insisté, faisant état d'un total de 39 morts, dont deux civils.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les bombardements et les combats jeudi à Treimsa avaient fait plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles. Certains ont aussi été «exécutés sommairement» ou tué en tentant de fuir, et une trentaine de cadavres ont été brûlés.
Pour les observateurs de l'ONU, le bilan est «toujours incertain».L'opposition syrienne et une partie de la communauté internationale avaient qualifié de «massacre» l'opération de Treimsa.
Selon M. Makdessi, «des groupes terroristes ont envahi le village, y ont installé des sièges de commandement et y ont terrorisé et torturé les habitants». De plus, une grande quantité d'armes ont été saisies.
Nombreux types d'armes
Samedi soir, après une première journée d'enquête à Treimsa, les observateurs de l'ONU avaient affirmé que «de nombreux types d'armes» avaient été utilisés à Treimsa, en particulier «de l'artillerie, des obus de mortiers et des armes légères».
Selon eux, l'opération a visé des maisons de militants et de déserteurs. «Il y avait des mares de sang et des taches de sang dans les pièces de plusieurs maisons, de même que des douilles», a expliqué Sausan Ghosheh, porte-parole de la mission.
«L'équipe de l'ONU a pu voir une école brûlée et des maisons endommagées, avec des traces d'incendie dans cinq d'entre elles», a-t-elle ajouté.
Depuis le début il y a 16 mois de la révolte populaire qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression sanglante, le régime dit combattre des «groupes terroristes armés» financés par l'étranger. La répression et les combats ont fait 17.000 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.
Au moins 15 morts dimanche
Dimanche matin, les violences ont fait au moins 15 morts, au lendemain d'une journée durant laquelle 115 personnes avaient péri, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants, dont des médecins et des avocats.
Parmi les victimes de dimanche figurent quatre civils tués par un obus qui s'est abattus sur leur maison dans le fief rebelle de Rastane, selon l'OSDH.
Les militants ont diffusé des images de gens évacuant avec difficulté des décombres le corps inerte d'une fillette, le visage en sang. «Regardez, celui-là est encore vivant, mon Dieu, aidez-nous», crie quelqu'un en montrant d'autres corps recouverts de poussière.
Le bilan comprend également deux rebelles tués dans des combats près du champ pétrolier de Bou Omar, dans la région de Deir Ezzor (est).
A Alep (nord), la Commission générale de la révolution syrienne, un réseau de militants, a rapporté que des obus avaient fait quatre morts près d'une école, dont deux tués par un obus alors qu'ils secouraient les blessés d'une premier raid. (afp/Newsnet)
Créé: 15.07.2012, 15h14
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