caricature de Mahomet
Le site internet de Charlie Hebdo piraté
Les tribunaux pourront être saisis
Le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a souligné que ceux que heurtent les caricatures de Mahomet publiées mercredi par Charlie Hebdo ont la possibilité de saisir les tribunaux, dans l’"Etat de droit" qu’est la France où est "garantie la liberté de caricature".
Interrogé par RTL sur cette publication, le Premier ministre a observé: "Nous sommes dans un pays où la liberté d’expression est garantie, la liberté de caricature aussi". "Si vraiment des personnes se sentent heurtées dans leurs convictions et pensent qu’il y a eu dépassement du droit - nous sommes dans un Etat de droit qui doit être totalement respecté -, elles peuvent saisir les tribunaux".
Consternation partout
Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, a appris avec «une profonde consternation» la publication mercredi par l'hebdomadaire Charlie Hebdo «de dessins insultants à l'égard du prophète de l'islam». Dans un communiqué, le CFCM condamne «avec la plus grande vigueur ce nouvel acte islamophobe» et «lance un appel pressant aux musulmans de France à ne pas céder à la provocation».
Par ailleurs, Le président du Crif Richard Prasquier "désapprouve" les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo qui, dans le contexte de tension actuel, relèvent d’"une forme de panache irresponsable", écrit-il dans une tribune transmise mercredi matin à l’AFP.
Evoquant les personnes tuées dans les manifestations contre le film islamophobe "Innocence of Muslims", le président du Conseil représentatif des institutions juives de France écrit: "C’est en considération de ces morts que nous désapprouvons l’initiative prise par Charlie Hebdo". "Publier ces jours-ci, au nom de la liberté, des caricatures sur Mahomet est une forme de panache irresponsable."
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«Le site est bloqué car il a été piraté. Apparemment, c'est une attaque encore plus massive qu'en 2011» quand Charlie Hebdo avait déjà publié des caricatures du prophète, a déclaré Charb à des journalistes au siège de l'hebdomadaire.
L'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo a publié mercredi des caricatures du prophète Mahomet. Ce qui lui a également valu une rapide mise en garde du gouvernement qui craint que ses dessins n'attisent des violences en France et dans le monde musulman.
Charlie Hebdo, dont les locaux parisiens avaient été brûlés par un cocktail molotov en novembre 2011 après la publication en Une d'une caricature du prophète Mahomet, récidive en connaissance de cause.
Ces dessins «choqueraient ceux qui vont vouloir être choqués en lisant un journal qu'il ne lisent jamais», a estimé son directeur, Charb, interrogé par la chaîne de télévision iTélé.
Le dessinateur a estimé que les dessins publiés en pages intérieures ne sont pas plus provocants que d'habitude. «La liberté de la presse est-elle une provocation?» a-t-il demandé. «Je n'appelle pas les musulmans rigoristes à lire Charlie Hebdo, comme je n'irais pas dans une mosquée pour écouter des discours qui contreviennent à ce que je crois», a encore dit le dessinateur.
La Une de Charlie Hebdo ne représente pas le prophète, mais «un musulman lambda avec un juif lambda», a-t-il souligné expliquant que les «services français craignaient dans le contexte (actuel) que Charlie fasse sa couverture avec une caricature de Mahomet».
Liberté de la presse défendue
Dans une interview diffusée mercredi matin sur les ondes d'Europe 1, Charb précise encore que son journal ne fait que représenter Mahomet« comme on le fait toujours depuis 20 ans maintenant». Il ajoute: «Eux, ils craignent la loi de Dieu. Nous, on craint éventuellement la loi de la République». Le directeur de Charlie Hebdo estime enfin que «si on commence à se dire "on ne peut pas dessiner Mahomet, ensuite il ne faudra pas dessiner des musulmans tout court. Ensuite, il ne faudra pas dessiner quoi? Des cochons, des chiens? Des humains? Après on vendra 16 pages blanches de Charlie Hebdo. »
Débordements pas tolérés
Avant même la publication du numéro, le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a indiqué dans un communiqué qu'il désapprouvait «tout excès» et appelé à la «responsabilité».
Mercredi matin, il a également averti sur les ondes de RTL qu'il ne tolérerait pas de débordements. Après les échauffourées à Paris samedi, « il y a un renforcement de l'organisation policière (...) Une déclaration de manifester a été déposée. Cette déclaration sera suivie d'une interdiction», a affirmé le Premier ministre. «La République ne se laissera pas faire».
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, interrogé alors qu'il se trouvait au Caire sur l'opportunité de publier des dessins représentant Mahomet, s'est aussi prononcé «contre toute provocation». «Ces manifestations ne seront pas autorisées», a-t-il prévenu sur RTL.
"Il n'y a pas de raison qu'on laisse dans notre pays venir des conflits qui ne concernent pas la France. Nous sommes dans une République qui n'a pas du tout l'intention de se laisser intimider par qui que ce soit", a-t-il poursuivi.
De son côté, le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a lancé un «appel au calme» et demandé «à ne pas verser de l'huile sur le feu». Dalil Boubakeur a déclaré «apprendre avec beaucoup d'étonnement, de tristesse et d'inquiétude une publication qui risque d'exacerber l'indignation générale du monde musulman».
Le Conseil du culte musulman «consterné
Le Conseil français du culte musulman (CFCM), organe représentatif de la communauté musulmane de France, s'est dit «consterné» par la publication de «dessins insultants» pour Mahomet.
Avant l'incendie de 2011, Charlie Hebdo avait déjà été menacé en 2006 lorsqu'il avait publié des caricatures de Mahomet parues dans la presse danoise qui avaient déclenché de violentes protestations dans nombre de pays musulmans.
Samedi, entre 200 et 250 personnes avaient pris part en France à une manifestation non autorisée près de l'ambassade des Etats-Unis, de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur, un des quartiers les plus sécurisés de Paris.
Y avaient pris part quelques femmes intégralement voilées, des hommes affichant jusque dans leur tenue leurs convictions islamistes radicales, mais aussi des jeunes habillés de manière classique. La justice enquête pour identifier les organisateurs de cette action. (afp/Newsnet)
Créé: 19.09.2012, 13h02
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