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«Les procès en lien avec l’amiante sont des serpents de mer»
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C’est un procès historique qui s’est ouvert lundi à Turin. Le Suisse Stephan Schmidheiny ancien propriétaire d’Eternit Suisse, et le Belge Jean-Louis de Cartier, à la tête de plusieurs entités du groupe, ont été condamnés à seize ans de prison dans le cadre du procès de l’amiante. Un verdict sévère qui soulage les familles des quelques 3000 victimes de cette substance.
Mais le Suisse Stephen Schmidheiny est encore bien loin des cellules, comme l’explique Cesla Amarelle, conseillère nationale socialiste, juriste et membre de la Commission des institutions politiques.
Stephen Schmidheiny va-t-il purger sa peine ?
Cesla Amarelle: C’est extrêmement difficile à dire, car plusieurs éléments entrent en ligne de compte. Premièrement, il ne peut être extradé avant que le procès ne se termine et que la décision définitive tombe, avec le recours des accusés cela peut durer encore des années.
Ensuite, à condition que Stephen Schmidheiny, citoyen helvétique, se trouve en Suisse, et non pas en Amérique latine où il réside, le pays peut se réserver de l’extrader. De même qu’elle peut demander à ce qu’il purge sa peine en Suisse et non pas en Italie.
Et en Suisse, la peine pourrait faire l’objet d’une prescription absolue. La prescription a déjà été confirmée avec des plaintes déposées en Suisse. De toute manière, tous les procès en lien avec l’amiante sont des serpents de mer.
Pour quelles raisons ?
Essentiellement car la responsabilité est difficile à déterminer. Les maladies se déclarent des décennies plus tard. Et le niveau d’information des personnes évolue, il y a également une évolution de la prise de conscience. En raison de ce rapport au temps, le niveau de responsabilité des accusés est très dur à évaluer.
Que pensez-vous de cette condamnation ?
La peine est très impressionnante. On le voit souvent au civil. Au niveau pénal c’est plus rare. Mais des procès comme celui-ci sont des affaires extrêmement émotionnelles dont on n’a peur qu’elles ne débouchent sur rien. Fondamentalement, il y a une volonté de rendre justice à ces familles italiennes. (Newsnet)
Créé: 13.02.2012, 19h35
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