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élections en Grèce

L'inquiétude monte avant le saut vers l'inconnu

Mis à jour le 05.05.2012 2 Commentaires

L'inquiétude montait samedi en Grèce et en Europe, à la veille d'élections législatives qui pourraient voir un effondrement des deux grands partis traditionnels et une forte poussée des extrêmes.

A Marseille, des indignés supportent le peuple grec.

A Marseille, des indignés supportent le peuple grec.
Image: AFP

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Au dernier jour de la campagne électorale, le coup de semonce est venu d'Allemagne, sourcilleux gendarme du respect par Athènes de ses engagements, qui lui imposeront notamment de mettre en place dès le mois de juin de nouvelles mesures d'économies, pour un montant sur deux ans de 11,5 milliards d'euros.

"Si les électeurs grecs votent pour une majorité qui n'honore pas ces engagements, la Grèce devra en supporter les conséquences", a déclaré selon les médias grec le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans un discours à Cologne.

L'adhésion à l'UE est "un acte volontaire", a-t-il insisté, alors que près de la moitié des électeurs grecs pourraient selon les sondages voter pour les petites formations qui de l'extrême gauche à l'extrême droite rejettent les diktats de l'austérité.

L'UE et le FMI font pourtant dépendre de leur respect la poursuite du soutien au pays, confronté sans cela à une banqueroute qui ferait vaciller la monnaie unique.

A Bruxelles aussi, le journal Le Soir s'inquiétait: "le sort de l'euro se joue dans les urnes grecques", titrait-t-il vendredi, jugeant que ce scrutin pourrait "avoir un impact bien plus rapide sur l'Europe", que la présidentielle française.

Besoin de stabilité

L'organisation bancaire internationale IIF, partenaire d'Athènes pour la restructuration de la dette grecque a elle aussi mis en garde vendredi contre une domination du bloc du "non" à l'austérité, qu'elle estime à "60% des votes ou plus", "ce qui rendrait difficile un mandat populaire clair pour soutenir l'ajustement budgétaire et les réformes".

Ce désaveu des artisans locaux de la rigueur, le Pasok socialiste, qui devrait perdre plus de la moitié de ses 44% d'électeurs de 2009 et la Nouvelle-Démocratie conservatrice, à qui sa victoire annoncée autour de 25% ne donnera pas le pouvoir, se combine toutefois avec une forte europhilie. Au fil des sondages, le soutien de plus de trois-quart des Grecs à l'euro n'a encore jamais été démenti.

Reprenant le dilemme posé par le dirigeant socialiste Evangélos Vénizélos, qui a tenu vendredi soir son dernier meeting à Athènes, le quotidien Ethnos (populaire socialiste) titrait ainsi samedi sur "la grande décision" attendant les électeurs: "euro et stabilité ou cité à la dérive".

Porte-parole de la Nouvelle-Démocratie (ND), le journal Elefthéros Typos relevait aussi "le besoin de stabilité" pour le pays.

En rupture avec le dirigeant conservateur Antonis Samaras, qui a jusque là exclu toute coopération avec le Pasok, menaçant de renvoyer le pays aux urnes s'il n'avait pas un "mandat fort pour gouverner seul", le quotidien évoquait toutefois déjà ce scénario de coalition au vu de "la menace de Bruxelles, en l'absence d'un gouvernement fort et stable de couper les prêts" promis.

Le pays attend encore 160 milliards d'ici 2015, en sus de 98 milliards déjà versés depuis mai 2010.

Craintes

Il aura d'autant moins de temps à perdre pour se trouver un exécutif que le retour de la troïka, le trio de représentants de l'UE et du FMI surveillant son ajustement est prévu pour la mi-mai, moment où il devra aussi envoyer un représentant à une réunion de l'Eurogroupe.

Le FMI a rappelé cette semaine que "rien n'a changé" sur ce qui sera alors demandé au gouvernement, soit "la mise en œuvre des principaux objectifs" de redressement, avalisés par le Pasok et la ND depuis leur alliance dans un cabinet de crise en novembre.

Si Evangélos Vénizélos, 55 ans plaide désormais pour un délai supplémentaire d'un an, et M. Samaras, 61 ans, conteste le "dosage" des mesures en promettant des baisses d'impôts, c'est moins leur volonté que leur capacité à imposer les nouveaux sacrifices requis, en cinquième année de récession et avec un chômage à plus de 20%, qui va se jouer dans les urnes.

Et ce même dans le cas où la ND se plierait finalement à un accord avec les socialistes, en l'état la seule formule garantissant une coalition majoritaire au vu des pronostics des votes. Aux termes de la Constitution, le pays disposera d'une dizaine de jours pour trancher.

"L'issue probable est un gouvernement plus fragile jusqu'à de nouvelles élections", prédisait sombrement, dans un autre maillon faible de l'euro, le quotidien portugais Diario Economico.

Au royaume de la finance, c'est toutefois plutôt la percée prévue du groupe néo-nazi Chryssi Avghi (Aube dorée) qui nourrissait les craintes: "le fascisme surgit du désespoir grec", s'émeuvait le quotidien britannique de centre-gauche The Independant, jugeant que la réponse au dilemme l'euro ou le non se trouvait dans un relâchement de l'austérité au profit de la relance. (afp/Newsnet)

Créé: 05.05.2012, 12h52

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2 Commentaires

Lara Leuse

05.05.2012, 14:40 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

Une éventuelle chute de la Grèce entraînera forcement d'autres pays de la zone Euro dans une crise sans précédent. La France a intérêt à vraiment bien choisir un président prêt à mener le bateau à bon port. L'austérité, même si elle est difficile et impopulaire, est le seul moyen d'en tirer ces pays de la crise. Le dur c'est de faire avaler ça au peuple... bon courage à tous les dirigeants... Répondre


Cabinet Sa

05.05.2012, 15:14 Heures
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La crise conjoncturelle n’a jamais aussi bien porté son nom, de conjoncturelle. La Grèce fait parti de l’Europe, tant qu’elle sera soutenu par les grands pays la crise conjoncturelle Grec ne portera jamais aussi bien son nom, de conjoncturelle ! Et non infrastructurelle. Répondre



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