Pour négocier le Brexit avec Bruxelles, Londres se radoucit sur la note à payer

Un an après le reférendum, le Royaume-Uni et l’Union européenne entrent dans le dur des négociations, ce lundi.

«Nous sommes un pays qui honore ses obligations», a affirmé Philip Hammond

«Nous sommes un pays qui honore ses obligations», a affirmé Philip Hammond Image: Reuters

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Plus d’un an après le référendum britannique sur le Brexit, Londres et Bruxelles commencent enfin à négocier ce lundi les conditions matérielles de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les relations entre les deux parties sont tendues.

Ce dimanche, le responsable britannique des finances, Philip Hammond, a tenté de calmer les esprits. «Nous sommes un pays qui honore ses obligations, a-t-il affirmé. S’il y a un montant que nous devons et qu’il est quantifié et vérifié, bien sûr que nous nous en acquitterons.» Il a cependant qualifié de «ridicule et fantaisiste» le montant de 100 milliards qui se murmure à Bruxelles. En février, l’annonce d’un paiement de 40 à 60 milliards d’euros avait déjà fait bondir les responsables britanniques. La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, avait, comme à son habitude, mis les pieds dans le plat, déclarant que les Européens «pourraient toujours courir s’ils pensaient récupérer ces sommes», comparant même la méthode à de «l’extorsion».

Selon de persistantes rumeurs bruxelloises, la Commission européenne réclamerait à Londres une taxe de sortie de plus de 100 milliards d’euros d’engagements financiers pris par le Royaume-Uni en faveur de projets prévus pour la période actuelle. Contrarié et un poil hautain, le négociateur en chef des Européens, le Français Michel Barnier, s’était alors demandé à haute voix: «Comment bâtissez-vous une relation sur le commerce, la sécurité, la défense dans la durée, sur le long terme avec un pays, s’il n’y a pas de confiance?» Il avait estimé que celle-ci «passe par le fait de solder les comptes lors du divorce» et a assuré que l’UE ne demandera pas «au Royaume-Uni un euro, une livre de plus que ses engagements».

De son côté, Philip Hammond a assuré que «presque tout le monde au sein du gouvernement» britannique accepte «l’idée qu’il y aura une forme de transition de plusieurs années» afin d’éviter une rupture brusque entre le Royaume-Uni et l’UE.

Cette déclaration est un tournant dans la stratégie officielle du Royaume-Uni comme dans son processus de négociations du Brexit. Durant les onze mois qui ont suivi le référendum du 23 juin 2016, en effet, les décisions étaient prises par un cercle restreint autour de la première ministre, Theresa May. Depuis les législatives du 8 juin et le pari raté de la cheffe du parti conservateur, qui a perdu sa majorité à la Chambre des Communes, les membres de son gouvernement n’hésitent plus à élever la voix.

Philip Hammond, réputé pour être favorable à une sortie en douceur et harmonieuse de l’UE, s’est révélé être un des grands gagnants de ce chamboulement. Tout comme le ministre en charge de la sortie de l’UE, David Davis. Ce libéral pur et dur, eurosceptique de la première heure, a longtemps exposé sa volonté d’aller à la confrontation avec l’UE. Mais depuis quelque temps, il a changé. «Au contact du milieu des affaires, il semble avoir adouci sa position», explique Tim Focas, directeur des services financiers au sein du think tank Parliament Street. Il se montre aujourd’hui prêt à faire des concessions favorables aux emplois britanniques, même si cela inclut un accès plus ouvert que prévu des frontières.

Dans cette optique, Londres a pris conseil auprès d’un ancien diplomate suisse. Selon le quotidien The Times, Michael Ambühl, 65 ans, a rencontré à plusieurs reprises des fonctionnaires britanniques chargés du Brexit, leur dressant un tableau avantageux du modèle suisse. Aujourd’hui professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il avait fait partie de plusieurs équipes de négociation d’accords bilatéraux entre la Suisse et l’UE depuis les années 90.

(24 heures)

Créé: 17.07.2017, 07h53

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