Honduras
Au moins 357 morts dans l'incendie d'une prison
Mis à jour le 15.02.2012 1 Commentaire
Le plus meurtrier
L’incendie qui a fait au moins 200 morts dans une prison au Honduras, est le plus meurtrier dans le monde depuis une dizaine d’années en milieu carcéral.
En 2004, plus de cent détenus avaient trouvé la mort dans ce pays d’Amérique centrale dans l’incendie d’une prison surpeuplée à San Pedro Sula (nord).
Le drame s'est produit dans la prison de Comayagua, ville située à 75 km au nord-ouest de la capitale Tegucigalpa. «Nous avons deux hypothèses: l'une, c'est qu'un prisonnier aurait mis le feu à un matelas, l'autre, c'est qu'il s'agirait d'un court-circuit électrique», a déclaré le directeur des Centres pénitentiaires du pays, Daniel Orellana.
La gouverneure du département de Comayagua, Paola Castro, ancienne travailleuse sociale dans cette prison, a raconté avoir reçu au cours de la nuit un appel d'un prisonnier qui affirmait qu'un co-détenu avait menacé de mettre le feu à sa cellule.
A 23h10 locales (06h10 en Suisse) «j'ai reçu un appel d'un détenu. Il m'a dit qu'un autre prisonnier lui avait dit: 'Je vais mettre le feu et nous allons tous mourir' Et il a mis le feu et nous brûlons, nous sommes tous en train de mourir», a-t-elle rapporté, citant son correspondant.
«Morts embrasés»
Selon les radios locales, le total des morts et des disparus atteint 402, soit près de la moitié de la population de la prison. «On entendait les gens hurler, on a dû défoncer le toit pour pouvoir sortir», a raconté un détenu.
«Ils sont morts embrasés, ils se jetaient dans les douches et les éviers», a raconté un autre survivant à des médias locaux. Des photos prises sur les lieux montrent des corps carbonisés allongés pêle-mêle dans les couloirs des bâtiments ravagés par les flammes.
Colère des proches
Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), José Miguel Insulza, a demandé à la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) l'envoi d'une délégation au Honduras pour enquêter sur cet incendie.
Au petit matin, le périmètre était cerné par l'armée et la police, mais des proches de détenus, à la recherche d'informations, ont pris à partie les forces de l'ordre, qui ont été la cible de jets de pierres.
Un mouvement de foule, après la lecture par un officiel de la liste des survivants, a conduit un groupe d'environ 300 hommes, femmes et enfants à forcer les grilles de cette ferme pénitentiaire pour y pénétrer. Les forces de l'ordre ont ramené le calme en tirant des coups de feu en l'air et en lançant des gaz lacrymogènes.
«Nous comprenons la douleur des familles, mais nous devons respecter un processus conforme à la loi. Nous appelons au calme. C'est une situation très difficile», a déclaré devant la presse le ministre Bonilla.
Prison surpeuplée
Cet accident «nous surprend parce que c'est une prison modèle. Il y a des programmes de réhabilitation. Les détenus cultivent des haricots, du maïs, il y a une ferme avicole et un élevage de porcs», a affirmé Paola Castro.
L'établissement abritait toutefois plus de 850 détenus, bien au- dessus de sa capacité d'accueil. Cette situation est commune à de nombreux établissements pénitentiaires dans le pays, comme ailleurs en Amérique latine.
Le Honduras a le taux de criminalité le plus élevé au monde, selon les Nations unies. Le pays dispose de 24 centres de détention d'une capacité totale de 8000 places, mais la population carcérale atteint 13'000 personnes pour 7,7 millions d'habitants.
Ces prisons du pays, surpeuplées, sont le théâtre de fréquents affrontements entre bandes rivales. Ces bandes, connues sous le nom de «maras», sont apparues aux Etats-Unis avant de se répandre en Amérique centrale. Reconnaissables à leurs tatouages distinctifs, leurs membres s'adonnent au trafic de drogue, aux vols à main armée et au chantage à la protection.
En mai 2004, un incendie dans la prison de San Pedro Sula, dans le nord-ouest du pays, avait fait 104 morts. (afp/Newsnet)
Créé: 15.02.2012, 13h31
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1 Commentaire
Les prisons sont tous surpeuplés, même en Amérique du Nord. Répondre


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