Incendie en Espagne
Le feu fait rage dans un parc naturel des Canaries
Mis à jour le 06.08.2012 1 Commentaire
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Après avoir déjà dévoré 3'000 hectares sur l'île de La Gomera, les flammes continuaient de menacer lundi le parc de Garajonay, aux Canaries, rare témoin des forêts subtropicales qui poussaient en Méditerranée il y a plusieurs dizaines de millions d'années.
Le paysage raviné et très accidenté de l'île complique la tâche des pompiers qui luttent contre le feu depuis samedi. L'inquiétude persistait lundi face aux ravages que l'incendie risquait de provoquer dans le parc, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco et considéré par le gouvernement comme la seconde zone la plus riche en espèces menacées d'Espagne.
Déjà 9% de la surface du parc, soit 350 hectares, avaient été touchés lundi matin, selon le président de l'île, Casimiro Curbelo. Armés de lances à eau, vêtus de leurs uniformes jaunes, des membres des brigades forestières luttaient notamment sur la zone du ravin d'Erque, l'un des deux points de l'île où les foyers sont les «plus actifs», avec le ravin de La Laja, selon le gouvernement régional.
«Les ravins opèrent comme de véritables cheminées quand le vent souffle et compliquent le contrôle des incendies», a expliqué le président de la région des Canaries, Paulino Rivero, à la radio espagnole. Or, le parc de Garajonay constitue une réserve végétale d'une valeur rare, abritant des forêts d'espèces anciennes à peine dégradées par la présence humaine.
Communications perturbées
450 espèces végétales y ont été recensées, dont 81 endémiques dans l'archipel, 34 dans l'île et huit n'existent plus que dans le parc proprement dit. L'île de la Gomera est également célèbre pour son langage sifflé, inscrit lui aussi au patrimoine immatériel de l'Unesco.
Le feu a détruit certains transmetteurs, ce qui a interrompu les communications par téléphones portables et perturbé les communications entre les équipes de secours, selon une photographe de l'AFP. Plusieurs hameaux se sont également retrouvés sans électricité lundi.
Jusqu'à la mi-journée, lundi, une épaisse brume avait empêché de décoller les deux hydravions envoyés par le gouvernement espagnol pour prêter renfort à cinq hélicoptères. Mais la situation semblait s'améliorer en début d'après-midi: les 600 personnes évacuées de leurs maisons avaient reçu l'autorisation d'y retourner, «même si tous les habitants ne sont pas rentrés chez eux», reconnaissait le gouvernement régional.
La baisse des températures, ainsi que l'augmentation de l'humidité, «facilitaient les travaux d’extinction» de cet incendie, ainsi que de celui déclaré samedi sur l'île voisine de La Palma, se réjouissait-il. Environ 1000 hectares ont brûlé à La Palma, où seul un foyer restait actif lundi.
Une possible origine criminelle
A La Gomera, les autorités pensent que l'incendie a une origine criminelle, «car il a commencé en trois points distincts et il aurait été pratiquement impossible qu'un même accident puisse déclencher l'incendie avec une telle virulence», a affirmé Paulino Rivero.
Le risque d'incendie est très élevé cet été en Espagne, où les sols sont desséchés après un hiver sans pluie, le plus sec depuis environ 70 ans. Le 22 juillet, un incendie très violent avait éclaté dans le nord-est du pays, à la frontière avec la France, et, poussé par un vent très fort, avait dévasté plus de 13'000 hectares de végétation en Catalogne espagnole. Quatre personnes avaient été tuées.
Samedi, un militaire est décédé alors qu'il tentait d'éteindre un autre incendie en Extrémadure, près de la frontière avec le Portugal. Le plus dévastateur de ces incendies avait brûlé 50'000 hectares de végétation début juillet dans la région de Valence, dans l'est de l'Espagne. (afp/Newsnet)
Créé: 06.08.2012, 18h50
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1 Commentaire
Bonjour,c'est dramatique, j'ai vu ces forêts, c'est un joyaux pour la région. Répondre
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