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Scandale alimentaire

Les lasagnes au cheval ont rapporté 300'000 euros

Mis à jour le 09.02.2013 6 Commentaires

L'architecture complexe qui a permis à de la viande de cheval roumaine d'atterrir dans des lasagnes surgelées britanniques au bœuf commence à transparaître.

Les négociations derrières les lasagnes Findus à la viande de cheval roumaine ont passé par Chypre et les Pays-Bas.

Les négociations derrières les lasagnes Findus à la viande de cheval roumaine ont passé par Chypre et les Pays-Bas.
Image: AFP

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La viande de cheval roumaine, dont la présence dans des lasagnes au bœuf révulsent les Britanniques, a été négociée via Chypre et les Pays-Bas pour le compte d'une société française, a annoncé samedi le ministre français à la Consommation, Benoît Hamon.

La société française «a acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie», a précisé le ministre.La société française en question est le groupe Poujol, la holding de la société Spanghero.

Benoît Hamon a dénoncé cette architecture qui «relève avant tout d'une logique financière qui aurait rapporté plus de 300'000 euros».

Il a demandé à l'organisme français de répression des fraudes «de se rapprocher sans délais» de ses homologues néerlandais et roumains «pour déterminer le stade auquel la fraude ou l'erreur de gestion des viandes doit être imputée».

L'enquête continue

Benoît Hamon dévoilait les premiers résultats de l'enquête de la répression des fraudes sur l'introduction de viande de cheval roumaine dans des lasagnes au bœuf notamment vendues sous la marque Findus.

Remontant les maillons de la chaîne agro-alimentaire, le ministre a rappelé que le fournisseur de Findus, le groupe français Comigel, se fournissait lui-même chez un autre groupe français Poujol, le holding de la société Spanghero.

Dès vendredi soir, Comigel avait mis en cause Spanghero dans l'importation de viande roumaine. «L'enquête continue et des sanctions seront prises en conséquence. Les contrevenants encourent une lourde sanction financière pouvant aller jusqu'à la moitié du bénéfice réalisé, en cas de pratique commerciale trompeuses, voire une sanction pénale en cas de délit», a ajouté le ministre de la Consommation.

Interrogés sur la proportion de viande de cheval dans les lots, le ministère a répondu que cela a été variable, allant de l'absence de viande chevaline à 100%.

Le scandale, qui n'entraîne cependant aucun risque pour la santé humaine, a éclaté au Royaume-Uni avec la découverte de viande de cheval dans des lasagnes au bœuf surgelées et commercialisées par Findus au Royaume-Uni.

Le député européen français José Bové, ancien syndicaliste agricole, a demandé samedi l'ouverture d'une enquête européenne sur la fraude à la viande de cheval. Il a estimé qu'elle pouvait s'expliquer par l'effondrement du cours de cette viande en Roumanie.

La Roumanie enquête

Le ministère roumain de l'Agriculture a annoncé samedi mener une enquête sur les livraisons de viande vers la France, après avoir été informé par les autorités françaises que deux abattoirs roumains seraient impliqués dans le scandale des lasagnes au cheval en Grande-Bretagne.

«L'autorité sanitaire vétérinaire roumaine (ANSVSA) a contacté les autorités vétérinaires françaises qui ont confirmé qu'il s'agit de deux sociétés de Roumanie disposant d'une autorisation sanitaire vétérinaire pour l'abattage et le dépeçage du boeuf, du porc, du mouton et du cheval», a indiqué le ministère dans un communiqué.

«S'il s'avère que la viande provenait de Roumanie et que la législation a été violée, les coupables seront sanctionnés», a déclaré le ministère, appelant toutefois à la «prudence» tant que l'origine de la viande n'a pas été déterminée.

Le ministère a souligné «ne disposer pour l'instant d'informations ni sur la date du transport ni sur l'étiquetage de la viande», précisant attendre que les autorités françaises lui fournissent ces données.

Les autorités roumaines vérifient de leur côté la «traçabilité des lots de viande livrés à la France et la manière dont les exigences prévues par la législation vétérinaire ont été respectées». (afp/Newsnet)

Créé: 09.02.2013, 18h32

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6 Commentaires

François Bercher

09.02.2013, 21:17 Heures
Signaler un abus 5 Recommandation 0

Quand on voit le nombre de Commissaires européens qui légifèrent à tour-de-bras sur tout et n'importe quoi, y-compris le rayon de courbure des bananes, et que malgré tout ça une telle fraude peut se passer... Cela laisse planer comme un gros doute sur l'efficacité de toute cette technocratie ! Heureusement que les lois suisses sont plus restrictives et généralement mieux appliquées... Répondre


Gérald Gilliéron

09.02.2013, 20:16 Heures
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Est-ce que les anglophones mangent de l'âne? Répondre



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