Syrie
Des villageois massacrés à l'arme blanche ou à coups de bâton
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Plus de 220 personnes ont été tuées jeudi par l’armée syrienne dans le village de Tremseh, dans la province de Hama, selon des opposants. Ceux-ci réclament au Conseil de sécurité - toujours paralysé - une résolution contraignante pour mettre fin au bain de sang.
Une opération militaire est en cours dans les environs de Tremseh, localité majoritairement sunnite, où les forces aériennes du régime de Bachar al Assad continuent de viser des zones urbaines, affirment les observateurs de l’ONU en Syrie dans un rapport que Reuters a pu consulter vendredi.
Selon des opposants, Tremseh a été bombardée jeudi par des hélicoptères de combat et des chars puis livrée aux «chabiha», les miliciens affiliés au régime de Damas, issu de la minorité chiite alaouite, qui ont massacré des familles.
La télévision publique a elle signalé la mort de trois membres des forces de l’ordre dans des affrontements à Tremseh et parle d’un massacre commis par des «terroristes armés», sans en fournir le bilan.
Tués à l’arme blanche ou à coups de bâton
Le bilan de 220 morts a été fourni par le conseil révolutionnaire de Hama. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une autre organisation d’opposants basée en Grande-Bretagne, évoque pour sa part un bilan supérieur à 160 morts dans la province de Hama, dont la plupart à Tremseh.
Une centaine auraient été identifiés, dont plusieurs dizaines de combattants insurgés. Une trentaine de cadavres sont complètement carbonisés, a-t-il dit, ajoutant que des dizaines de personnes ont été «sommairement exécutées», certaines à l’arme blanche ou à coups de bâton.
«La situation dans la province de Hama continue d’être très volatile et imprévisible», écrivent les observateurs de l’ONU, qui n’ont pu se rendre à Tremseh, mais ont pu observer plusieurs heures la situation autour de la localité. «Les forces syriennes continuent de viser à grande échelle des zones peuplées au nord de la ville de Hama.»
«La patrouille a reçu plusieurs appels de contacts locaux qui ont affirmé que 50 personnes ont été tuées et 150 autres blessées à l’intérieur de Tremseh», dit le rapport.
Selon ce document, d’autres tentatives ont été faites pour obtenir un cessez-le-feu localement - afin d’évacuer les civils de la localité - notamment auprès du chef de la police du gouvernorat de Hama, mais sans succès.
«Retirez Annan»
La journée de vendredi a été marquée par des manifestations, notamment à Damas et à Alep. Les violences ont causé la mort d’au moins 75 personnes, dont 25 civils, 24 soldats et 26 rebelles.
Les manifestants ont à nouveau réclamé la chute du régime, cette fois-ci sous un slogan visant Kofi Annan: «Retirez Annan, valet d’Assad et de l’Iran».
L’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe s’est déclaré «choqué et horrifié» par les informations concernant Tremseh. Si ces dernières sont exactes, ce qui est impossible à vérifier du fait des restrictions imposées à la presse, il s’agirait du plus important massacre en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime il y a 16 mois.
Pour Kofi Annan, l’inaptitude du Conseil de sécurité à faire pression sur Damas équivaut à «un permis de massacrer». Dans une note à ce Conseil, il l’a exhorté à «envoyer un message fort pour dire qu’il y aura des conséquences» si son plan de paix n’est pas appliqué.
Paralysie à l’ONU
Les Etats-Unis ont évoqué une vision «de cauchemar», les Occidentaux estimant que la situation sur le terrain imposait plus que jamais la nécessité d’une résolution musclée de l’ONU contre Damas.
Les 15 Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont repris vendredi leurs discussions sur un projet de résolution. Avec l’appui de la France, la Grande-Bretagne fait circuler un projet de résolution invoquant le chapitre VII de la charte de l’ONU, qui autorise le recours à la force, pour faire appliquer le plan de paix élaboré par Kofi Annan.
Mais Damas peut compter sur la fidélité de la Russie, qui a réaffirmé qu’elle s’opposerait à tout projet de résolution du Conseil de sécurité invoquant le chapitre VII. Moscou a par ailleurs souhaité que Kofi Annan, qui sera lundi dans la capitale russe, travaille plus activement avec l’opposition syrienne.
Condamnant «fermement» le massacre de Tremseh, la Russie a appelé à une enquête sur ce «crime sanglant», qu’elle impute à «des forces qui cherchent à semer les graines de la haine interconfessionnelle». (ats/Newsnet)
Créé: 13.07.2012, 20h43
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