Dans une vieille ferme de La Sarraz, onze chevaux s’ébattent en toute liberté. Mais les apparences sont trompeuses. Ces Franches-Montagnes reviennent de loin. Il y a encore quelques heures, ces animaux se trouvaient dans le Val-de-Travers (NE), dans un endroit qui était, selon Anouk Thibaud de l’association genevoise Refuge de Darwyn, «fermé, sans lumière et avec 60 cm de fumier». «Certains chevaux, déplore-t-elle, avaient le garrot qui touchait le plafond.»
Alertée par des personnes dénonçant une maltraitance des chevaux, l’association genevoise a porté plainte contre le paysan de La Brévine (NE) propriétaire des Franches-Montagnes. Les inspecteurs du Service vétérinaire cantonal ont mené une enquête ayant débouché sur une décision de séquestre.
Ainsi, mardi soir, après sept heures de «combat» (14 h - 21 h), quinze personnes (dont 13 femmes) de l’association genevoise de défense des chevaux ont réussi à charger les onze Franches-Montagnes dans des remorques pour La Sarraz. «C’était très sport: les chevaux étaient apeurés et le vétérinaire a dû en mettre certains sous sédatif. Il fallait leur passer le licol et on avait des crampons aux chaussures pour ne pas glisser sur 1,5 km de route verglacée et inaccessible en voiture, avant de rejoindre les remorques pour les charger», raconte Anouk Thibaud.
«Pas battues mais délaissées»
Hier matin, Virginie Bernhard Falquet (33 ans), la dresseuse qui a recueilli les chevaux, était formelle: «Ces femelles Franches-Montagnes âgées de 1 à 20 ans ont des comportements sauvages. Je ne pense pas que ces chevaux aient été battus. Par contre, ils étaient délaissés et leur état général ainsi que leurs troubles du comportement montrent qu’elles n’ont jamais été traitées ni soignées», souligne ce bout de femme qui a passé quinze ans dans le milieu du cheval.
Au cours des prochaines semaines, jour après jour, elle aura pour tâche de «sociabiliser, nourrir, soigner et dresser les Franches-Montagnes sur des bases respectueuses du comportement du cheval». Au Refuge Darwyn, le sexe des chevaux suscite un soulagement. «Heureusement, il n’y a pas de mâles. Cela évite de payer pour les castrer.» Mais, petit bémol avec les femelles, Anouk Thibaud et Virginie Bernhard Falquet savent qu’elles ne sont pas à l’abri d’une surprise: «une ou deux femelles pourraient être pleines».
Pour sa part, le propriétaire des chevaux tombe des nues. «Je ne suis au courant de rien. Mes animaux ont disparu et j’ai alerté la police», lance-t-il, interloqué. A-t-il déjà été confronté à des problèmes de maltraitance d’animaux? Pierre-François Gobat, le vétérinaire cantonal de Neuchâtel répond par l’affirmative mais se refuse à en dire plus. «Nous sommes intervenus parce que les conditions de détention des chevaux n’étaient pas conformes à la loi. En attendant l’audition, demain, du propriétaire des animaux, compte tenu de l’importance du cheptel, nous avons pris une décision de séquestre préventif», explique le vétérinaire.
A La Sarraz, depuis deux jours, Perplexe, Curieuse, La Vieille et huit autres chevaux apprennent à vivre une nouvelle vie. Où amour et respect font partie du quotidien.
Après un petit moment d'absence, voici un petit commentaire sur l'actualité. "Roh non!!!" diront...
Et c’est parti. Ce soir vers 19h00 les autorités de la ville de Genève ont donné le coup d’envoi...