Trente ans après sa mort
La princesse Grace reste dans le cœur des Monégasques
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Il y a trente ans aujourd'hui, le monde incrédule apprenait le décès inattendu d’une princesse éblouissante de beauté. Ancienne star de Hollywood, l'épouse du prince Rainier avait 52 ans.
Sa mort fut annoncée en fin de soirée, le lendemain de l’accident survenu suite à un virage mal négocié sur la célèbre route de la Turbie, qui mène de Nice à Monaco. Grièvement blessée, la princesse avait été aussitôt admise en salle de réanimation de l’hôpital qui porte son nom et qu'elle avait inauguré cinq ans plus tôt. La princesse Stéphanie, qui accompagnait sa mère lors de cette tragique balade en voiture, se trouvait alors toujours en observation dans le même établissement hospitalier.
Fortement choquée, la princesse Stéphanie resta hospitalisée et ne put assister aux obsèques de sa mère. Les funérailles se déroulèrent en grande pompe, le samedi suivant le drame, en la cathédrale de Monaco, en présence de nombreuses têtes couronnées et d’une foule émue et silencieuse massée devant l’église. Trente ans après la tragédie qui plongea la Principauté dans une profonde tristesse, les Monégasques gardent en mémoire le souvenir d’une ambassadrice qui fit beaucoup pour l’aura de Monaco à travers le monde.
Retour nostalgique sur une époque au charme désuet.
«Y a-t-il au monde un endroit aussi beau que ce coin de paradis!», s'exclame l'actrice Grace Kelly en 1954 en surplombant Monaco au volant d'une décapotable au côté de Cary Grant. La future princesse, qui vient de slalomer sur une route en corniche - là même où elle perdra la vie trente ans plus tard - en est toujours l'une des meilleures ambassadrices.
Une star à la beauté troublante
«La Main au Collet est notre plus grand titre publicitaire de l'histoire», admet Guillaume Rose, directeur du tourisme de la principauté de Monaco, qui entame toutes ses présentations dans le monde en projetant cette scène d'anthologie.
La blonde Grace Kelly - image de la femme parfaite sublimée par Alfred Hitchcock, froide et distinguée mais dissimulant un tempérament de feu - rencontrera son futur époux le prince Rainier l'année suivante en marge du festival de Cannes. Elle se mariera en 1956 et arrêtera sa carrière à 27 ans au sommet de sa gloire.
Trente ans après sa disparition tragique à 52 ans, «l'image de la princesse Grace ne faiblit pas», constate Guillaume Rose, qui perçoit aussi un retour de nostalgie. «Elle incarnait une époque de prospérité absolue, un moment de grâce dans tous les sens du terme».
La légende de la princesse renversante de beauté dans ses robes des années 50 a gardé toute sa magie, maniée discrètement par la principauté.
A l'occasion d'une soirée en juillet à Capri pour attirer à Monaco les hommes d'affaires italiens, le maire avait pavoisé sa ville de photos de la princesse prises en 1959. Une exposition retraçant l'itinéraire de la star hollywoodienne devenue princesse, lancée à Monaco en 2007 pour les 25 ans de sa disparition, a depuis voyagé à Paris, Moscou, Rome, Londres, Sao Paulo et Toronto. Sa dernière halte en Australie a attiré cette année 153'000 visiteurs.
«Une princesse professionnelle»
«Durant sa carrière d'actrice, elle a toujours incarné des personnages magnifiques, symbolisant par exemple la candeur ou le courage. Greta Garbo ne peut pas en dire autant», avance le directeur du tourisme.
Devenue princesse, «Grace va faire venir le monde entier ici», en développant les événements culturels. Car «la princesse symbolise la culture, c'est une saltimbanque qui apporte la vie et va insuffler cette fantaisie à l'extrême réalisme de Rainier», analyse ce Monégasque.
Dans les années 50, la principauté un peu endormie a du mal à remonter la pente de l'après-guerre, époque où l'on hésite à afficher sa richesse. Puis le Rocher connaîtra une rapide expansion.
«La princesse a donné du lustre à Monaco», dès son arrivée en bateau des Etats-Unis, souligne son assistante personnelle durant 19 ans, Louisette Lévy-Soussan Azzoaglio. «Elle avait tourné une page sur sa carrière, mais elle était très fidèle en amitié», recevant régulièrement Frank Sinatra, Cary Grant, Ava Gardner, Liz Taylor, Richard Burton, David Niven ou encore Alfred Hitchcock, se souvient-elle.
«Elle venait d'un autre monde. On l'a qualifiée de froide et de lointaine, mais elle était enthousiaste et très curieuse de cette vie qu'elle découvrait», explique son ancienne secrétaire, louant «son grand sens de l'humour». «Elle avait été une actrice professionnelle, c'était une princesse professionnelle. Elle était dédiée à ce qu'elle pensait être son rôle de mère des Monégasques», créant nombre d'institutions caritatives ou des garderies, insiste-t-elle. «A sa mort, j'ai vu la tristesse envahir Monaco».
Cérémonie du souvenir dans l’intimité
Vendredi, jour de la commémoration de son décès, la famille se réunira dans l'intimité d'une chapelle du palais princier. Son fils, le prince Albert II, assistera néanmoins samedi à la projection de «La Main au Collet», dans une nouvelle version (Blu-Ray remasterisée), destinée à séduire de nouvelles générations. (Newsnet)
Créé: 14.09.2012, 08h00
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