L’ancien facteur n’hésite pas à jouer la sirène

PortraitRoland Guex, rédacteur en chef de La Télé.

Image: PATRICK MARTIN

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Quand on lui demande une date importante de sa vie, Roland Guex fait partie de ceux qui répondent par une autre question: «Celle de mon mariage, par exemple?» La date: le 5 avril 2003. Avec Linda, une Québécoise de Montréal rencontrée en 1998, «sur un chat en noir-blanc, lorsque c’était encore les débuts d’Internet, à l’époque où les modems faisaient encore bip-bip». Si le nouveau rédacteur en chef de la chaîne régionale La Télé – passionné de sport – cite cette date d’emblée, c’est parce que Linda lui apporte «l’équilibre». D’ailleurs, il le répétera plusieurs fois pendant la discussion. L’équilibre entre le boulot et la vie familiale.

La vie familiale pour cet enfant du Chablais, c’est Roche, «où il y a toujours du soleil», après avoir grandi à Villars-sur-Ollon et à Aigle. «Linda ne s’intéresse pas particulièrement au sport ou à l’actualité. Ça m’évite de parler du travail à la maison. Je peux vraiment déconnecter, même si ce n’est pas possible de le faire complètement.»

«A l’école, je jouais au hockey et je hurlais pour commenter. Ça devait être insupportable»

Le boulot, c’est diriger une quinzaine de journalistes, répartis entre Lausanne et Fribourg. En huit ans d’existence, la chaîne a déjà vu passer six personnes au poste de Roland Guex. Et le compte est approximatif, entre les titulaires du poste et les intérimaires. A 43 ans, Roland Guex s’est fait remarquer des téléspectateurs en testant tous les sports possibles et imaginables, parfois dans des accoutrements extravagants pour son émission Va y avoir du sport, qu’il ne présente désormais plus. L’an dernier, ses fidèles l’ont découvert habillé en sirène, pour tester une discipline de nage artistique encore confidentielle, avec une longue queue bleue. Une mise en scène qui colle parfaitement à un homme qui rigole presque continuellement et au côté décontracté qui saute aux yeux.

Sa passion du sport remonte à son enfance. Comme gamin à Villars, impossible de ne pas aimer le hockey. «A l’école, je jouais et je commentais en même temps. Je hurlais, et ça devait être insupportable.» Ce qui l’a mené au journalisme sportif, d’abord à Radio Chablais de 1995 à 1998. «Le premier match que j’ai commenté, c’était une finale de la Coupe valaisanne de hockey, entre Champéry et Val-d’Illiez.»

En 1998, il passe à ICI TV, à Vevey, où il fera tout: du sport et de la politique, ce que beaucoup ont oublié dans la profession. C’est là aussi qu’il a lancé le Téléthon sur une télévision locale suisse. Il en est d’ailleurs toujours le présentateur. «Au début, c’était le côté télévisuel qui primait. Mais, avec le temps, on apprend à connaître les gens, les malades, les médecins, les chercheurs. Cet aspect humain m’interdit de les laisser tomber.»

Ce côté décontracté et pas prétentieux lui vient peut-être des deux vies qu’il a eues, après son apprentissage de facteur en 1989. Il a passé une dizaine d’années à crapahuter dans le Chablais pour distribuer le courrier. «Je n’aimais pas beaucoup l’école et je ne me voyais pas dans un bureau. J’ai toujours aimé être à l’extérieur et rencontrer des gens. Facteur, c’est quelque chose que j’ai adoré. C’est exactement la même chose avec le job de journaliste. Mais le début n’a pas été simple. Quand j’ai fait mon stage, certains disaient que c’était n’importe quoi d’engager un facteur. A cette époque, c’était mal vu. J’en rigole aujourd’hui, car j’ai toujours su que je voulais faire ce métier.»

C’est au moment où il change de vie que Linda y débarque. Après les échanges en ligne, leur relation se développe au téléphone. Puis il va la voir, et enfin elle s’installe en Suisse, avant leur mariage cinq ans plus tard. Elle amène ses deux enfants, nés dans les années 1980. «Je les considère comme les miens.»

Et, là encore, Roland Guex a les yeux qui brillent: «De par sa culture, Linda fait les choses en grand. C’est super. Quand nous fêtons Halloween et Noël, les citrouilles et les décorations doivent être impressionnantes. Et nous organisons une fête à l’extérieur pour tout le quartier. J’adore ce côté américain.» (24 heures)

Créé: 17.01.2017, 15h08

Carte d'identité

Né le 24 juillet 1973 à Aigle.




Cinq dates importantes

1989 Apprentissage de facteur.

1995 Commente son premier match de hockey pour Radio Chablais.

1998 Débarque à ICI TV, à Vevey, et rencontre sa femme, Linda, sur Internet.

2003 Mariage, création du Téléthon.

2016 Rédacteur en chef de La Télé.

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