Elle veut encore croire au grand humour

PortraitNathalie Devantay, humoriste.

Image: PHILIPPE MAEDER

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Nathalie Devantay assure que les sketches émaillant son one-woman-show Le syndrome de Cendrillon ne sont pas issus de ses expériences personnelles. «Je n’ai pas envie d’être moi, de parler de moi, sur un plateau. Je préfère jouer des rôles, si possible dans des scènes où je peux me lâcher, partir en vrille, hurler, aller dans les extrêmes.»

Et pourtant. Cette histoire d’une jeune femme qui cherche son prince charmant, finit par le trouver, lui fait de beaux enfants avant de divorcer et de recommencer le cycle… ressemble furieusement à son parcours personnel. «Plutôt à celui de beaucoup de femmes de notre époque, vous ne trouvez pas?» Précisant qu’elle n’était d’ailleurs pas encore séparée au moment de l’écriture.

Se rire des clichés

«Ce qui m’a intéressée, c’est de m’emparer des clichés de la vie de couple, de tranches de vie, de les grossir, de m’en amuser.» On la croit donc, jusqu’à ce qu’elle précise que «la scène de la journée à skis en famille, ça, par contre, c’est du vécu! J’ai surtout mis beaucoup d’autodérision, de moi, des femmes, dans ce spectacle. Qui fait beaucoup de bien aux hommes, ils y apprennent plein de choses!» Quoi qu’il en soit, le public s’y retrouve. «Vous êtes venue chez moi, ou quoi?» m’a demandé une dame.»

«J’aime titiller, égratigner, mais pas blesser. La vulgarité, ce n’est pas mon registre»

Nathalie Devantay sait bien que les contes de fées, ça ne dure pas. Ce qui n’empêche pas cette bonne vivante de continuer à avoir envie d’y croire, de cultiver un côté idéaliste, fleur bleue. D’ail­leurs, dans ses sketches, elle aime «titil­ler, égratigner, mais pas blesser. La vulgarité, ce n’est pas mon registre.»

«On fait un spectacle?»

Son humour et son goût du spectacle, Nathalie les exerce depuis l’enfance. Fille unique «pourrie gâtée», elle a grandi au Mont-sur-Lausanne, dans un immeuble qui lui a fourni «vingt frères et sœurs», soit les gamins des appartements voisins. «C’était juste fabuleux. On allait jouer chez les uns, chez les autres. Mon truc c’était: «On fait un spectacle?» Et c’était parti.» A l’école, c’est donc option théâtre, puis cours avec Jean-Marc Richard au Théâtre pour enfants de Lausanne, puis à l’Ecole Diggelmann. «J’étais une ado manquant de confiance, superpudique. Mais, sur scène, j’avais l’impression qu’on ne me regardait pas, je devenais une autre.»

La grosse déception de Nathalie, ce sera de n’être pas admise au Conservatoire. «J’étais effondrée. Mais deux jours après une troupe de village m’a engagée comme metteur en scène.» Elle va donc s’éclater dans le théâtre amateur, écrivant des revues, jouant et montant des pièces, consacrant d’innombrables soirées à sa passion.

Primée au Festival du rire de Montreux

Jusqu’à ce jour de 2008 où elle remporte le concours Jeunes Talents du Festival du rire de Montreux avec une première mouture du Syndrome de Cendrillon. «Le spectacle n’était pourtant qu’à un stade embryonnaire. Gagner cette finale, pour moi, cela signifiait qu’un truc était en train de se passer.» Depuis, Le syndrome a beaucoup évolué, a été réécrit progressivement, puis retravaillé avec l’aide de Noël Antonini (un tiers des Peutch).

Nathalie Devantay s’apprête maintenant à en prendre congé, à l’aide d’une dernière représentation, à Renens le 4 décembre. Car le temps est venu de la remise en question, avec l’écriture d’un nouveau spectacle, «plutôt en forme de galerie de personnages». Dans l’appartement de Poliez-Pittet où l’humoriste vit avec «les deux plus beaux enfants du monde», son ordinateur portable ouvert n’est pas disposé à dévoiler ses secrets. Les yeux gris-bleu de la noiraude en pétillent déjà. De plaisir, mais aussi de stress. «On a tous le besoin de rire, et je crois que je peux y répondre. En même temps, je doute. En humour, la sanction est immédiate. Si le public ne rit pas, la remise en question est instantanée. A contrario, faire rire une salle, des gens qui comprennent ce que je veux faire passer, c’est une sensation incroyable, la plus belle chose qui soit.»

Quand adrénaline et peur s'additionnent

Hypersensible – «je pleure devant les dessins animés de Disney, les documentaires animaliers me retournent le bide» –, Nathalie a dû apprendre à dompter le trac qui l’assaille déjà bien avant que les projecteurs soient allumés. «Cette montée d’adrénaline et de peur, c’est comme avant un rendez-vous amoureux.»

Ne le dites à personne, mais à la ville Nathalie Devantay est responsable en ressources humaines dans une grande entreprise romande d’électricité. «Quand je fais un entretien de recrutement, je me glisse dans mon autre rôle, affirme cette hyper­active. Il arrive que des gens me reconnaissent pour m’avoir vue sur scène, mais ça n’a jamais posé de problème. D’ailleurs, j’ai aussi écrit une revue pour mon entreprise.» L’humour, toujours. (24 heures)

Créé: 26.11.2015, 08h59

La voir sur scène

Renens, salle de spectacles
rue de Lausanne 37
Vendredi 4 décembre (20 h)

Billets: renens.ch ou sur place dès 19 h

www.nathaliedevantay.ch

Carte d'identité

Née Zurflüh le 24 février 1973, à Lausanne.

Six dates importantes
1992 Passe six mois en Louisiane, où elle vit le passage de l’ouragan «Andrew», l’un des plus destructeurs qui aient frappé les Etats-Unis.

2002 Naissance de son fils, Simon.

2003 Naissance de sa fille, Marie.

2008 Gagne le concours Jeunes Talents du Festival du rire de Montreux.

2015 Joue «Le syndrome de Cendrillon» sous le chapiteau de Morges-sous-Rire. «La plus belle de toutes les représentations.»

2016 Nouveau spectacle. «Et tournée triomphale!»

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