Le Sphinx mesure l'air depuis 75 ans à la Jungfraujoch

AnniversaireLa station de recherche du Jungfraujoch, à 3500 mètres d’altitude, est un baromètre unique de l’état de santé de l’Europe et du monde. Son élément central, l’Observatoire du Sphinx, fête cette année ses 3/4 de siècle.

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Depuis plus de 80 ans, des scientifiques bénéficient des avantages de la Jungfraujoch, la plus haute station de recherche d’Europe en fonction, toute l’année. Ils doivent ce site et ses possibilités exceptionnelles au météorologue et explorateur du Groenland Alfred de Quervain.

Après la construction du chemin de fer de la Jungfrau en 1912, celui-ci s’est investi pour la réalisation d’un site de recherche. En 1930, la communauté internationale de promotion de la «Station de recherche de haute montagne du Jungfraujoch» était créée. Et un an plus tard, la station proprement dite était inaugurée.

D’un simple observatoire astronomique et lieu d’étude des maladies de l’altitude, elle est devenue l’un des centres européens les plus connus pour les sciences de l’environnement et joue aussi au niveau mondial un rôle clé dans la recherche en haute montagne.

Environnement et climat

L’Observatoire du Sphinx, emblème du Jungfraujoch, a été inauguré en automne 1937. Cet édifice est aujourd’hui un lieu de recherche internationale de pointe dans le domaine de l’environnement et du climat.

L’Institut Paul Scherrer par exemple y étudie depuis 17 ans le rôle des aérosols. Ces infimes parcelles de matière, suie ou grains de pollen, sont en gros mille fois plus petites que le diamètre d’un cheveu humain, mais constituent un indicateur de la pollution atmosphérique causée par l’homme. Certains sont potentiellement cancérigènes.

Qualité de l’air

Des chercheurs de l’Empa déterminent l’origine des polluants atmosphériques depuis 1973. Le dioxyde de soufre responsable des pluies acides dans les années 1990 a pratiquement disparu grâce aux mesures de protection de l’air, de même que les substances destructrices de la couche d’ozone.

On relève par contre une augmentation des produits issus des systèmes de climatisation des automobiles, a souligné Martin Steinbacher, de l’Empa, lors d’une visite de presse organisée la semaine dernière.

L’équipe de M. Steinbacher a pu notamment reconstituer les mouvements du nuage de cendre du volcan islandais qui avait perturbé le trafic aérien en 2010. L’an dernier également, les chercheurs de l’Empa avaient montré que l’Italie émet des quantités bien plus importantes du gaz à effet de serre trifluorométhane qu’elle n’en déclare.

Ces travaux notamment sont illustrés dans le cadre de l’exposition qui vient de s’ouvrir dans la partie touristique du site. Elle informe sur son histoire ainsi que sur les priorités actuelles de son activité, les aérosols, le rayonnement cosmique et les sources de polluants en particulier.

Ligne de partage

Quant aux mesures effectuées par MétéoSuisse au Jungfraujoch, c’est-à-dire sur la ligne de partage entre le nord et le sud des Alpes, elle sont essentielles pour les prévisions du temps en Suisse. Elles remontent jusqu’en 1922.

Laurent Vuilleumier, de MétéoSuisse a expliqué que depuis 1980, les instruments sont entièrement automatisés. Il a souligné l’importance d’avoir des données sur le long terme, permettant de mettre en évidence les changements météorologiques et climatiques ou encore du rayonnement UV.

Depuis 1931, la température moyenne au Jungfraujoch a augmenté de 1,4 degré et le nombre de jours sans gel a passé de 15 à 25 par année. Cela signifie que le pergélisol fond, avec à la clé des chutes de pierres et des éboulement plus fréquents. Des filets de protection ont d’ailleurs dû être posés pour la sécurité des touristes. Nouveaux matériaux Un autre accent porte sur l’examen de nouveaux matériaux et appareils. Une équipe de la Haute école spécialisée bernoise, à Berthoud, effectue des tests de longue durée d’installations photovoltaïques, soumises ainsi à des conditions extrêmes. L’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) tiendra son prochain congrès annuel les 25 et 26 octobre à Interlaken (BE). Il sera consacré à la recherche dans des sites extrêmes: à hautes latitudes, en altitude, sous un froid mordant. A noter encore que la station est accessible toute l’année par les Chemins de fer de la Jungfrau. (SDA-ATS\/uc/kt/tp) (ats/nxp)

Créé: 07.05.2012, 11h52

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