Des spécialistes plaident pour les opérations contre l'obésité

Santé Le bypass fonctionne souvent mieux que le régime. Le Swiss Medical Board veut assouplir les conditions pour son remboursement

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Il faudrait pratiquer davantage de by-pass sur des personnes obèses. C’est l’avis du Swiss Medical Board (SMB), qui a publié en janvier une étude comparant cette intervention chirurgicale avec les traitements dits conservateurs (régime, traitement médical…). Selon le comité d’experts, qui évalue le rapport coût/efficacité des prestations médicales dans notre pays, les conditions pour qu’une telle opération soit remboursée devraient être assouplies.

Depuis 2011, la chirurgie bariatrique, comme on l’appelle, est prise en charge par l’assurance-maladie pour les patients dont l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 35. C’est le cas d’une personne mesurant 1,70 mètre et pesant plus de 102 kilos. Les patients doivent en outre avoir essayé des traitements traditionnels sous surveillance médicale durant deux ans.

Perte de poids de 18%

Selon le SMB, il faudrait envisager la chirurgie dès que l’IMC dépasse 30 si le patient présente d’autres maladies, comme le diabète de type 2. Et s’il est «raisonnable» de tenter d’abord des traitements classiques, il remet en cause la règle des deux ans. «Le risque d’attendre est parfois plus élevé que celui de l’intervention», étaie son président, Peter Suter. Les raisons de ce soutien à la chirurgie? «Il est d’abord lié aux résultats. Les patients perdent davantage de poids et de façon plus durable, les rémissions du diabète sont plus fréquentes et la qualité de vie supérieure.»

La perte de poids moyenne est en effet de 18% dans les deux ou trois premières années après une opération, contre 1% à 7% pour les méthodes traditionnelles. Ces chiffres, ajoute Peter Suter, montrent qu’un changement de régime ne suffit pas toujours: «Les causes de l’obésité ne sont pas uniquement comportementales, mais également métaboliques.»

Risque

Bien sûr, une intervention comporte un risque. A court terme, il peut y avoir des infections ou une suture peut lâcher. A plus long terme, les personnes absorbent mal les vitamines et les oligo-éléments. Certaines devront prendre des compléments alimentaires toute leur existence. Selon Peter Suter, il faut en informer les patients et mener davantage d’études sur le long terme.

Et la question financière? En Suisse, les coûts directs et indirects des maladies liées à l’obésité et au surpoids étaient estimés à 7990 millions de francs en 2012. Le prix d’une intervention, lui, est d’environ 15 000 francs. Ce coût n’est pas forcément compensé par la baisse de la prévalence d’autres maladies. Mais Peter Suter relativise: «Nous manquons de données à long terme et nous pensons que les coûts de ces deux approches ne sont pas fondamentalement différents.»

Le Swiss Medical Board compte proposer à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de réexaminer les indications pour cette chirurgie bariatrique. «Cela traduit une évolution de cette chirurgie, commente Lucie Favre, cheffe de clinique à la consultation de prévention et traitement de l’obésité du CHUV. A l’origine, elle était pensée pour traiter l’obésité. Son impact sur le diabète de type 2 n’a cessé de nous étonner. Nous constatons même des rémissions et ces opérations sont envisagées comme un traitement du diabète.» La perte de poids obtenue entraîne en effet une diminution importante du tissu adipeux intraviscéral, qui augmente le risque de développer cette maladie. L’opération conduit en outre à des changements hormonaux favorables.

Mise en garde

«Gare toutefois à une augmentation subite des coûts!» avertit SantéSuisse. Sans fermer la porte, la faîtière des assureurs estime que ces patients devraient faire l’objet d’une observation à long terme. «Si, grâce à cette opération, on peut éviter des dépenses dues aux maladies liées à l’obésité, alors les recommandations du Swiss Medical Board pourraient être dans l’intérêt des payeurs de primes», conclut son porte-parole Christophe Kaempf. (24 heures)

Créé: 03.02.2017, 06h54

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