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Astrophysique

«Nous sommes tous exposés aux pluies de météorites»

Par Sandrine Perroud. Mis à jour le 15.02.2013 2 Commentaires

Les habitants de l'Oural, en Russie, ont subi une pluie de météorites spectaculaire vendredi matin. Les explications de Philippe Gillet, directeur du Laboratoire de sciences de la Terre et des planètes à l’EPFL.

1/12 Le principal morceau de la météorite a été repêché le 16 octobre 2013. Il pèse 570 kg.
Image: Keystone

   

Philippe Gillet est directeur du Laboratoire de sciences de la Terre et des planètes et vice-président pour les affaires académiques de l’EPFL . (Image: EPFL/DR)

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La Russie a été frappée vendredi matin par une pluie de météorites spectaculaire. On dénombre déjà près d'un millier de blessés.

Philippe Gillet est directeur du Laboratoire de sciences de la Terre et des planètes de l’EPFL. Ironie de l'histoire, il a fait paraître hier une étude collective dans la revue Nature sur la simulation numérique des collisions d'astéroïdes.

Pour lui, le phénomène observé en Russie n'a rien d'exceptionnel: «Nous sommes tous exposés aux pluies de météorites, car la Terre en reçoit toute l'année des milliers de tonnes», explique-t-il en préambule.

Une pluie de météorites provient de la désagrégation d'un objet extraterrestre qui pénètre dans l'atmosphère. Sous la chaleur, celui-ci éclate alors en plusieurs morceaux et crée une nuée dans le ciel.

Le phénomène a pourtant surpris tous les observateurs ce matin. Car, en dépit des centaines de satellites d'observation qui gravitent autour de notre planète, il serait encore difficile de prédire certaines collisions lorsque l'objet en question est relativement petit. «A partir d'une certaine taille, les télescopes ne peuvent pas les détecter», précise le professeur.

Lumière et effet de souffle

S'il s'agit bien d'une pluie de météorites, la lumière très brillante observée dans le ciel par les témoins du phénomène est «parfaitement normale», enchaîne l'expert. Les astéroïdes, dont la vitesse se mesure en moyenne à 10km par seconde, fondent en surface après leur frottement avec l'atmosphère. La lumière provient de leur échauffement.

Les destructions répertoriées, notamment sur les bâtiments, proviennent de «l'effet de souffle» de la météorite, «à l'image d'un train qui passe à côté de nous dans une gare», illustre Philippe Gillet.

La taille de l'astéroïde qui a percuté la Terre est encore inconnue. Dans ce genre de scénario, les scientifiques peuvent toutefois reconstituer l'objet après coup. En rassemblant les images enregistrées, «l'ellipse de chute» de la météorite pourra être retrouvée. Celle-ci permettra de récolter au sol les fragments qui n'ont pas fondu en entrant dans l'atmosphère. Une telle procédure a été appliquée à l'Almahata Sitta, tombée sous la forme de pluie de météorites au Soudan le 7 octobre 2008.

Dévier un astéroïde menaçant

Que ferions-nous, si un énorme astéroïde s'apprêtait à percuter une région habitée de la Terre? «Des projets de déviation de météorites ont été élaborés», rassure le professeur. On en trouve une partie sur le site NEOSHIELD. Les simulations numériques de collision d'astéroïdes, telles que le pratique Philippe Gillet lui-même, entrent dans cette catégorie.

«Pour dévier la trajectoire d'une astéroïde, il faut lui donner de l’énergie, une sorte de coup d’épaule», explique l'expert. Pour cela, on pourrait par exemple déposer et faire exploser une charge d’explosif à sa surface ou y déposer une fusée. «Logiquement plus cette impulsion est donnée quand l’astéroïde croiseur est loin de la Terre, moins forte elle devra être».

Vendredi après-midi, un astéroïde de 45 mètres de diamètre et de 135'000 tonnes frôlera la Terre à 15h24. Son passage, à 27'520 km de nous, est jugé sans risque.

Comme les dinosaures

Un scénario catastrophe, à l'image de la météorite à l'origine de l'extinction des dinosaures il y a 65 millions d'années, reste toutefois de mise. «Sa probabilité est non-nulle», rappelle Philippe Gillet.

Des scientifiques ont estimé au début des années 2000 que l'astéroïde Apophis, de près de 300 mètres de diamètre, avait ainsi un risque d'entrer en collision avec la Terre. Certains parlent de 2029, d'autres de 2036.

Apophis serait capable de dégager une énergie équivalente à 25'000 bombardements atomiques d'Hiroshima en heurtant notre planète. La Nasa a toutefois évalué cette probabilité à une chance sur 250'000.

(Newsnet)

Créé: 15.02.2013, 14h33

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2 Commentaires

Yves Masur

15.02.2013, 23:18 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

Une chance sur 250'000... Plutôt une malchance sur 250000 chances!! Répondre


Catherine Pelosi

16.02.2013, 14:38 Heures
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C'est plutôt ainsi que je verrai une fin du monde ou la fin d'une ère sur Terre. Elle viendra du Cosmos et ce n'est pas l'homme qui la prédira Répondre



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