La médecine affronte en équipe le cancer du sein

SantéLa prise en charge par une équipe de spécialistes réunis en réseau constitue aujourd’hui une nécessité.

Les docteurs Jean-Paul Châtelain, Alessia Pica et Albéric Bressoud (de g. à dr.) du Réseau Lausannois du Sein.

Les docteurs Jean-Paul Châtelain, Alessia Pica et Albéric Bressoud (de g. à dr.) du Réseau Lausannois du Sein. Image: Philippe Maeder

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Médicaments, thérapies, soutien psychologique: tout a drastiquement évolué ces vingt dernières années au niveau des connaissances et des traitements du cancer du sein. La révolution réside dans la manière de prendre en charge ce cancer qui touche près de 5500 femmes chaque année en Suisse: l’approche multidisciplinaire, en équipe, est aujourd’hui devenue le standard et une nécessité.

«Nous savons maintenant que l’examen de chaque cas par l’ensemble des spécialistes concernés améliore la qualité de la prise en charge, et par conséquent les résultats», expliquent les Dr Jean-Paul Châtelain, gynécologue, Albéric Bressoud, oncologue et Alessia Pica, radio-oncologue. Ils expliqueront, lors de la prochaine conférence médicale organisée par Hirslanden et 24 heures*, comment fonctionne ce travail d’équipe au travers du Réseau Lausannois du Sein.

Discussions collectives

L’association fondée en 2011 réunit près de 70% des spécialistes du cancer du sein établis dans la région lausannoise (chirurgiens, oncologues, pathologues, radiologues, radio-oncologues, infirmières spécialisées) qui discutent collectivement tous les cas une fois par semaine.

Le réseau lausannois offre donc à chaque patiente l’assurance que son cas est examiné par cet aréopage d’experts. «C’est rassurant pour la patiente», témoigne le Dr Albéric Bressoud. A noter que cette approche multidisciplinaire se pratique également dans le canton, les médecins collaborant avec les hôpitaux de zone et avec le Centre du sein du CHUV. «Toutes les femmes devraient aujourd’hui avoir accès à ce type de prise en charge. Elles peuvent en parler au médecin s’il ne la propose pas d’emblée».

«Le travail d’équipe se met en place dès que le médecin traitant a posé le diagnostic d’un cancer, suite aux investigations radiologiques et à la biopsie», explique Alessia Pica. Le médecin traitant annonce le cas au réseau. La situation de chaque patiente fait l’objet d’un colloque dit pré-thérapeutique. «Nous incitons les médecins à présenter les cas avant tout début de traitement afin de déterminer au départ la meilleure stratégie», précise le Dr Châtelain, lui-même référent chirurgical du réseau dont il est l’un des fondateurs. Un colloque post-thérapeutique fait par la suite le point sur chaque cas.

Mortalité en baisse

D’une manière générale, la chirurgie (ablation de la tumeur, plus rarement aujourd’hui du sein) constitue le premier traitement. Dans certains cas (tumeur agressive ou de taille élevée), une chimiothérapie précède l’intervention chirurgicale.

Le choix des thérapies complémentaires qui suivent l’opération (traitement hormonal, chimiothérapie, radiothérapie) dépend ensuite d’un très grand nombre de paramètres qu’évaluent l’équipe d’experts: la nature de la tumeur, sa taille, l’âge de la patiente, le risque de récidive. «Ce dernier joue un rôle important. Nous mettons tout en œuvre pour l’éviter», expliquent les médecins. Si la mortalité du cancer du sein a baissé ces dernières années, grâce notamment au dépistage (chaudement recommandé par nos interlocuteurs) et aux progrès des traitements, l’incidence de la maladie, hélas, augmente.

* «Prise en charge du cancer du sein: un travail d’équipe», Dr Pica, Châtelain et Bressoud, mercredi 28 octobre 2015, 20 h, Hôtel Alpha-Palmiers, Lausanne. Entrée libre.

Réseau lausannois du Sein: www.rlds.ch (24 heures)

Créé: 21.10.2015, 09h54

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Accompagner les femmes

L’accompagnement de la patiente depuis le moment où le diagnostic est posé et durant tout son parcours thérapeutique revêt aujourd’hui une grande importance. Infirmière référente au sein du Réseau Lausannois du Sein, Myriam Mimault joue ce rôle de coach. «Je vois les patientes avant l’opération et je leur offre mes services. Je m’assure que les informations données par le médecin ont été comprises. Il y a souvent des interrogations, de l’inquiétude.»

Myriam Mimault rend ensuite visite à la patiente à l’hôpital et poursuit le soutien informatif et psychologique durant les traitements qui suivent l’opération. «Les besoins varient d’une personne à l’autre. Le réseau travaille aussi avec plusieurs psychologues.» A la Clinique Bois-Cerf, l’offre aux patientes comprend l’onco-training (activités physiques une à deux fois par semaine), des massages relaxants ou encore des séances d’hypnose pour les troubles de l’angoisse. «On voit que des angoisses remontent parfois au moment où la personne débute le traitement de radiothérapie», témoigne le Dr Alessia Pica, radio-oncologue à Bois-Cerf.

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