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Projet CleanSpaceOne

«Nettoyer l’espace est une question de responsabilité»

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 15.02.2012 1 Commentaire

Pour Claude Nicollier, si rien n’est fait, les débris orbitaux rendront l’espace inaccessible. L’astronaute et professeur suisse participait, mercredi à l’EPFL, au lever de rideau sur le projet CleanSpaceOne.

«On est dans une situation qui devient intenable», assure l'astronaute suisse.

«On est dans une situation qui devient intenable», assure l'astronaute suisse.

Avec son futur nano-satellite (30 cm sur 10), l’école polytechnique veut contribuer à nettoyer l’espace de ses milliers de débris d’origine humaine.

Dans le cadre du projet, la cible sera un satellite suisse tournant au-dessus de nos têtes. Mais l’ambition de l’EPFL est de montrer que la désorbitation et la destruction des débris orbitaux est faisable.

Quelle expérience personnelle avez-vous des débris orbitaux?

Lors de quatre vols avec la navette spatiale américaine, j’ai constaté la présence de tout petits cratères sur les vitres de celle-ci. Pas grave en soi pour la vie des astronautes à bord. Mais ça affectait un peu la visibilité à travers les vitres.

Egalement une expérience personnelle sur Hubble, que j’ai visité à deux reprises en 93 et 99. Sur Hubble, on a eu un dégât important sur une des antennes dû à l’impact d’un débris, naturel ou d’origine humaine, on ne sait pas. Un trou de trois à quatre centimètres de diamètre sur une antenne de communication avec le sol, permettant de commander le télescope d’une part et de recevoir les données scientifiques.

Quand on s’apprête à partir dans l’espace ou à y envoyer un satellite, les débris orbitaux sont-ils une grosse préoccupation?

Ça ne l’était pas tellement dans le passé, ça l’est maintenant. En 2009, on a eu une collision entre un satellite russe Cosmos et un satellite américain Iridium. Historiquement la première collision entre deux objets de grande dimension dans l’espace. Cette collision a créé des milliers de débris supplémentaires dans l’espace.

Statistiquement, on aura un ordre de grandeur d’une collision de ce type tous les cinq ans dans le futur. Ce qui créera des milliers et des milliers de débris à chaque fois.

On est dans une situation qui devient intenable. Il s’agit d’intervenir de manière à désorbiter les gros débris afin d’éviter des collisions qui créent beaucoup d’autres débris.

Où voyez-vous les principaux défis du projet CleanSpaceOne?

La mise en orbite ne sera pas vraiment un défi, on le fait depuis longtemps. Mais il y aura toute la manœuvre de rencontre avec un satellite qui n’est pas coopératif.

Dans le cas de Hubble, lorsque la navette assurait les rendez-vous entre les deux objets, il y avait toujours collaboration entre le chasseur et la cible. Là, on aura un chasseur qui va intercepter une cible non-coopérative.

Le rendez-vous, les opérations de proximité, l’approche de la cible seront de vrais défis. La saisie de la cible aussi, avec un système encore à concevoir. Une espèce de robot qui permettra d’envelopper le débris non-coopératif.

Ensuite, l’ensemble formé du chasseur et de sa cible devra être géré très précisément du point de vue de son attitude, de manière à le désorbiter avec un petit propulseur de façon contrôlée.

On peut donc parler d’une multiplicité de défis. C’est d’ailleurs ce qui rend le programme extrêmement intéressant. Les étudiants et les chercheurs qui vont plancher sur ce programme devront résoudre une multiplicité de problèmes.

Et vous, qu’est-ce qui vous motive personnellement à vous impliquer dans ce projet?

Le sentiment de responsabilité, constant dans ma vie professionnelle. On a lancé Hubble, un magnifique instrument de découverte. Nous avions la responsabilité de le maintenir en bon état. J’y ai contribué lors de deux missions de la navette.

Nous avons, en tant que nation qui fait du spatial, essentiellement par l’intermédiaire de l’Agence spatiale internationale, la responsabilité de nettoyer l’espace, afin qu’il reste accessible ces prochaines années.

J’ai vraiment ce sentiment de responsabilité. Mon expérience me permettra aussi de contribuer au projet, typiquement dans toutes les manœuvres de rendez-vous, d’identification d’objets – ce sont des domaines sur lesquels j’ai beaucoup travaillé durant mes nombreuses années à la NASA à Houston. (Newsnet)

Créé: 15.02.2012, 16h40

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1 Commentaire

Développement durable

17.02.2012, 21:56 Heures
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Comment a-t-on pu polluer systématiquement cette portion de l'espace?Comment tous ces grands scientifiques cautionnent ils ces méthodes et pourquoi avoir caché la merde au chat.Il est vrai que cette pollution n'est pas directement visible,que nos sens ne la perçoivent pas! On peut se poser alors la question de la pollution cachée sur terre et dans les océans.Le développement durable en sorte! Répondre



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