Chute libre
Le saut de Baumgartner, «un record sportif avant tout»
Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 15.10.2012 2 Commentaires
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Devant leur écran, branchés sur YouTube, environ 8 millions d'internautes ont retenu leur souffle dimanche soir, lorsque Felix Baumgartner s'est élancé tête la première de 39'000 mètres d'altitude.
Mais après 4 minutes 19 de chute effrénée et quelques dangereuses vrilles, l'aventurier autrichien a ouvert son parachute et s'est posé comme une fleur dans le désert du Nouveau-Mexique. Et l'homme qui a sur son avant-bras tatoué «born to fly» («né pour voler») a pu alors se réjouir d'avoir battu trois records: celui du premier homme à avoir franchi le mur du son en chute libre, celui de la plus haute altitude atteinte par un homme en ballon et celui du plus haut saut en chute libre.
Les cinq ans de préparation et les quelque 60,4 millions de francs investis dans la mission Red Bull Stratos n'auront pas été vains. Mais au-delà d'un exploit historique qui a permis de transcender les limites humaines, et d'un formidable coup de pub pour Red Bull, quel est l'intérêt scientifique d'un tel saut? Pour le sponsor de Felix Baumgartner, une telle mission permet notamment de faire avancer la médecine aérospatiale et de développer des nouveaux types de combinaisons pressurisées qui permettront d'offrir aux professionnels de l'espace, comme aux éventuels touristes de l'espace, plus de sécurité.
Dépassement de soi
«Honnêtement, je ne sais pas si cela apporte quelque chose à la science. A mon avis, ce n'était pas le but de ce saut. Il n'y a pas le même objectif scientifique que lorsque Joe Kittinger (ndlr: détenteur du précédent record du saut le plus haut en chute libre) a sauté en 1960, pour prouver qu'un astronaute pouvait s'éjecter de sa fusée en cas de problème. Le saut de Felix Baumgartner est essentiellement un record sportif, admirable, et très bien médiatisé», relève l'aéronaute suisse Bertrand Piccard, qui a effectué cette année le premier vol intercontinental à bord d'un avion solaire.
De son côté, l'ancien spationaute Patrick Baudry, confie à BFMTV que ce record est «un plus pour la science (...), car à chaque fois qu'on réalise quelque chose de nouveau, on fait progresser nos connaissances et la science». Une déclaration qui laisse dans le flou quant aux apports concrets de l'exploit.
Pour l'ancien astronaute de la Nasa, Leroy Chio, dont l'intervention sur CNN a été relayée par plusieurs médias français, les technologies développées pour la combinaison de Felix Baumgartner «seront incorporées dans les futures combinaisons spatiales». L'astronaute a mentionné l'amélioration de la télémétrie, des capteurs, de l'enregistrement et de la communication des données au sol.
Au final, la performance de Felix Baumgartner témoigne surtout de l'engouement des organismes privés à sponsoriser de grands exploits, avec des technologies de pointe. Des exploits qui étaient «auparavant financés par les gouvernements», comme le relève Bertrand Piccard. Et cette évolution rend l'aspect scientifique moins présent.
Mais «ce saut était magnifique. C'est quelqu'un qui a réussi à réaliser son rêve avec beaucoup de travail et d'efficacité. Et c'est un beau message de dépassement de soi», conclut le pilote suisse. (Newsnet)
Créé: 15.10.2012, 19h06
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La rédaction
2 Commentaires
Je l'trouve un peu mauvais joueur, sur ce coup là, Bertrand Piccard.... Répondre
Le nom de Piccard m'incite à rendre hommage à Auguste Piccard - prof. Tournesol !- et à son assistant Kipfer qui, les premiers, courage inouï, montèrent les premiers, en ballon, jusqu'à la stratosphère. C'était en 1931. Il y a 81 ans ! Ils se réjouiraient certainement de l'extraordinaire exploit de Felix Baumgartner. Je suis du reste sûre que le petit-fils d'Auguste Piccard s'en réjouit également. Répondre
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