Couleur 3 retrouve sa voix du matin

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D’habitude, on temporise à dessein, on garde pour soi son enthousiasme ou sa désillusion, on s’engueule en privé avec son voisin de table en attendant que la chose prenne son envol, gagne en consistance ou confirme son inconsistance. Là non, avec l’accord de ses chefs – un tandem mixte bien dans son époque – on décide de claironner son plaisir à qui veut l’entendre dès le premier numéro.

Plaisir de quoi? De la nouvelle matinale de Couleur 3, cette tranche radiophonique de l’aube qui nous cueille sur l’oreiller, nous accompagne sous la douche et s’invite au premier café de la journée.

Lundi matin, 9 janvier 2017 à 6 h, elle déboule chez l’auditeur dans son nouveau costume et c’est tout de suite la fête. Comme un acte de réveil à plusieurs où chacun profiterait de la présence de l’autre.

L’autre est d’abord une voix, celle de Benjamin Luis, le nouveau journaliste animateur de ces trois heures de radio essentielles. On veut la même pour réussir sa vie, sentimentale et professionnelle. Un ADN sonore qui la distingue sans esbroufe ni afféterie du tout-venant acoustique.

Compliquée, la voix du matin. Il faut une alchimie particulière, un supplément d’intelligence qui se glisse dans l’oreille endormie sans l’agresser, bref un ton juste.

Il l’est pour dix. Le casting de ce «Réveil à 3» – joli titre de travail pour mettre un peu de jeu dans notre conjugalité – a gagné en masse critique et impertinente. Les chroniqueurs ont de l’écriture, les chroniques qu’ils assurent par tournus une liberté qui n’est pas feinte. En radio comme ailleurs, c’est la fadeur du faux qui donne au vrai sa saveur. Pendant deux ans, dans cette même tranche matinale, on a trop souvent vécu le faux – mélange de cousu de fil blanc et d’insolence astucieuse – pour ne pas se réjouir de cette métamorphose par le haut qui remet du vrai contenu dans le poste.

Benjamin Luis a un ton qui sonne vrai et juste dès l’aube. On veut le même pour réussir sa vie…

Le changement est radical et totalement jouissif. Au point de surprendre celui-là même qui l’assume désormais à l’antenne. Toujours lundi 9 janvier, à 8 h 59, Benjamin Luis lâche en direct un sincère: «Quoi? Il est déjà 9 h», avant de rater l’enchaînement suivant avec les infos. Erreur de revuiste étourdi par sa propre performance. On lui pardonne son oubli comique. Pour donner de l’élan à sa journée, cette matinale s’impose à toutes les autres, programmation musicale comprise.

Quant aux auditeurs qui ne font pas confiance à leur imagination, ils peuvent la suivre sous forme d’extraits filmés sur Facebook. Lumière moche, plans fixes, de l’esthétique de vidéosurveillance. Une voix qui se regarde sans plus s’écouter: la voix d’un beau gosse ordinaire comme on en croise chaque jour. Sans intérêt. Tout le reste est formidable. (24 heures)

Créé: 09.01.2017, 20h12

Thierry Merternat, rubrique locale

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