Choisir entre l’éolien et le nucléaire?

L'invitéJean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud, dit pourquoi il n'est pas favorable à recourir à l'usage du vent.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’opposition à l’industrialisation destructrice de nos paysages par des centaines d’éoliennes géantes pouvant dépasser 200 mètres de haut n’est pas le seul fait d’une poignée d’irréductibles amoureux de la nature ou d’égoïstes. De nombreux Suisses – d’ailleurs plutôt favorables à une production électrique écologique – s’étant informés sur les réalités de la politique éolienne fédérale et cantonale ont pris conscience de ses conséquences négatives en termes économiques, financiers, sanitaires et environnementaux.

C’est particulièrement le cas dans le canton de Vaud qui à lui seul serait censé supporter à terme plus du quart de l’effort éolien suisse. Grâce à ces opposants, qui se battent avec leur seule conviction et sans moyens financiers, aucune éolienne n’a encore été construite sur sol vaudois.

Ces citoyens sont également et naturellement amenés à s’opposer à la politique énergétique fédérale 2050 dont le vote final est intervenu ce mois d’octobre aux Chambres fédérales. La raison est que, faute de mieux, l’éolien prend actuellement dans la communication qui soutient cette stratégie fédérale une place totalement surdimensionnée.

A croire ce que répètent en boucle les lobbys éoliens et les politiques qui les soutiennent, il s’agirait d’un choix urgent et vital à faire entre l’éolien et le nucléaire. On a même entendu dire par un membre de notre Exécutif: «il faudra choisir entre les éoliennes et les radiations»! Des propos, qui passent complètement à côté de la réalité.

L’éolien est mis en avant par le monde politique au mépris de nos paysages et des habitants, parce que spectaculaire, symbolique et très à la mode

Pour mieux comprendre, il convient de se référer à diverses sources d’informations sérieuses telles que UBS, l’Association des entreprises électriques suisses, Meteotest, le bureau d’ingénieurs conseils Prognos ainsi que quelques personnalités politiques maîtrisant bien le dossier. En 2050, cible calendaire de la politique énergétique fédérale, ces sources affirment que la production éolienne devrait se situer entre environ 1,5% et 7% de l’électricité produite en Suisse. Il est évident que cela ne suffirait jamais à remplacer les quelque 40% produits actuellement par le nucléaire, sans parler de l’intermittence qui pénalise l’éolien et rend indispensable des moyens de production «de rechange» lors d’absence de vent.

L’éolien n’est donc en aucun cas «la solution». Il est pourtant célébré et mis en avant par le monde politique au mépris de nos paysages et des habitants, parce que spectaculaire, symbolique et très à la mode. Les promoteurs sont, eux, motivés par les alléchantes subventions, payées par le consommateur final à qui personne ne demande son avis. (24 heures)

Créé: 13.10.2016, 14h36

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 3

Faut-il opérer les gens qui naissent «intersexes»? Paru le 3 janvier 2017.
(Image: Bénédicte) Plus...