Docks, du choc en stock

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Marseille fait rarement les choses comme les autres. Prenez ses docks. Construits sur le très tard par un entrepreneur limougeaud au milieu du XIXe siècle dans ce quartier de Joliette qui doit son nom à César, ils ont d’abord été boudés par les marchands autochtones, puis laissés à l’abandon. Ensuite, dans les années huitante, les étages furent transformés en bureaux. Avant que l’architecte italien Alfonso Femia ne vienne récemment apporter sa touche finale. Transperçant ses 21 650 m2 d’une rue centrale, d’une enfilade d’atriums parés de faïences et de végétations, baignés de lumière; faisant revivre les caves voûtées du sous-sol, comme autant d’entrailles bourdonnantes.

Quand on pense dock et réhabilitation, on n’imagine pourtant pas forcément la Méditerranée. La première reconquête des waterfronts est américaine: San Francisco au début des années 1960. En Europe, c’est Londres qui a suivi, réaffectant quelque 22 km2 de friches portuaires entre 1981 et 1988. L’Albert Dock de Liverpool, qui abrite notamment une antenne de la Tate Gallery, a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2004. Et la Speicherstadt d’Hambourg est le plus grand complexe du genre au monde.

Marseille «dock village», pour se réinventer, a plutôt regardé du côté de Boston.

Marseille «dock village», pour se réinventer, a plutôt regardé du côté de Boston. Dans le livre qu’Hugues Serraf consacre au réaménagement (Editions l’Aube), le promoteur cite l’esprit de Faneuil Hall: de la convivialité piétonnière à proximité immédiate de la mer et du centre-ville. La «Main Street» à l’américaine ou la «rue Gama» fantasmée des Français. Alors oui, les façades portuaires de la ville phocéenne sont une nouvelle cité radieuse. Qui respecte les proportions historiques – voire ésotériques ou franc-maçonniques disent la légende – du bâtiment. Où la pierre blonde de Rognes fricote avec la brique rouge. Aux enseignes mondialisées, on a privilégié des artisans plus exclusifs. Un vrai souk de luxe à l’âme sudiste et patrimoniale. Reste à convaincre les Marseillais.

(24 heures)

Créé: 29.04.2017, 10h51

Claude Ansermoz, rédacteur en chef adjoint.

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