Pour une nouvelle statue de Marie à la cathédrale

L'invitéJacques-André Haury estime qu'il serait bon de lancer un concours auprès des artistes contemporains.

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La restauration du portail Montfalcon de la cathédrale de Lausanne fait ressortir une absence: celle de la statue de Marie, au centre, dont le socle demeure vide. C’est une marque de la Réformation qui détruisit assez systématiquement les statues religieuses afin que les croyants cessent de se prosterner devant elles et de les adorer. Si cet objectif religieux demeure parfaitement justifié, l’iconoclasme systématique des protestants constitue une page sombre de leur histoire, tout aussi choquante que la furie destructrice de Daech à Mossoul, Palmyre et ailleurs.

Les Vaudois d’ailleurs, bien que convertis à la Réforme, ont conservé longtemps leur attachement à Marie, au point qu’ils ont continué à célébrer la Fête de la Dame, le 25 mars, jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Il n’est pas question de replacer à l’entrée de notre cathédrale l’antique statue médiévale, disparue depuis longtemps. Mais nous lançons une idée: celle de commander à un artiste contemporain une nouvelle statue de Marie à dresser sur le socle conservé depuis le XVIe siècle. Une statue qui rappellerait à qui a été dédiée, au Moyen Age, «Notre-Dame de Lausanne». Une statue qui affirmerait que la personne de Marie, la femme qui dit oui au projet de Dieu, compte pour tous les chrétiens, protestants y compris. Une statue qui marquerait un geste œcuménique rapprochant les chrétiens de toutes confessions, sans dissimuler l’intervention de la Réforme. M. l’Abbé Christophe Godel, vicaire épiscopal, l’affirmait récemment: «Pour celui qui se dit chrétien, l’œcuménisme fait partie de son identité: il n’est pas une option, mais un devoir.»

Ce serait une façon de manifester que notre cathédrale n’est jamais achevée

Cette œuvre artistique devrait évidemment faire l’objet d’un concours, dans lequel l’Église évangélique réformée vaudoise pourrait jouer un rôle important; aux côtés bien sûr de nos frères catholiques et des milieux spécialisés dans la conservation des monuments historiques. Occasion pour les Réformés de rappeler qu’il existe aussi un art religieux protestant, dont des peintres comme Rembrandt et, chez nous, Robert Rivier ou Eugène Burnand ne sont que quelques exemples.

Au moment où les protestants célèbrent le 500e anniversaire de la Réformation, ce serait symboliquement une façon de manifester que notre cathédrale n’est jamais achevée, à l’image de son engagement au service de Dieu. Qu’ils ne se satisfont pas, un demi-millénaire plus tard, d’une place laissée vide. Et peut-être de mettre un terme à un combat qui a longtemps et dramatiquement divisé les chrétiens.

La cathédrale de Lausanne, parce qu’elle est un édifice religieux médiéval habité et revisité par la Réformation, a une place particulière dans l’histoire de l’Occident chrétien. A nous Vaudoises et Vaudois de démontrer que cette histoire, cette histoire sainte continue!. (24 heures)

Créé: 22.12.2016, 16h27

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